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L'ASSOCIATION ONE VOICE CONTRE LA REPRISE DE L'ABATTAGE DES ELEPHANTS EN AFRIQUE DU SUD

« Le gouvernement sud-africain a annoncé lundi qu'il allait autoriser à nouveau l'abattage des éléphants en raison d'un fort accroissement de leur population, mettant un terme à un moratoire décrété il y a 13 ans. », annonçait hier l'AFP.

Les spécialistes s'accordent à dire qu'une fois les massacres engagés, il faut les continuer indéfiniment si on veut obtenir la population souhaitée. Ils reconnaissent que les conséquences psychologiques sur les éléphants survivants sont très sérieuses, sans compter l'impact sur le tourisme.

Les conflits opposant hommes et éléphants se font de plus en plus intenses tant en Afrique qu'en Asie et résultent de la pression humaine parallèle à l'explosion démographique, sur l'habitat des éléphants se réduisant comme une peau de chagrin ainsi que sur leurs ressources en nourriture.

Cependant, ce conflit dépasse le simple besoin alimentaire de chacun. Aujourd'hui, on observe ce qui a été décrit par les chercheurs comme une recrudescence de la délinquance chez les éléphants. Ils ne se contentent pas de piller les cultures, mais attaquent les villages et les hommes. Des attaques qui sont devenues anormales tant par leur fréquence que par leur nature. En effet expliquent les spécialistes, les éléphants souffrent d'un traumatisme imputé à des décennies de braconnage, d'abattage sélectif et de destruction de leur habitat. Le réseau familial, très complexe chez les éléphants, en a été bouleversé, créant divers symptômes typiques du syndrome post traumatique, à savoir hyperactivité, comportements asociaux, imprévisibilité, hyper agressivité…

D'autres chercheurs vont encore plus loin et voient là un parallèle avec ce qui peut être observé suite à des guerres au cours desquelles massacres et recrutement d'enfants soldats étaient pratiqués. Les jeunes, ayant perdu leurs repères forment des bandes errantes avec pour seule loi, la violence.

One Voice craint que ces massacres amplifient la violence des animaux et préconise à long terme une réelle réflexion sur la cohabitation des hommes, des animaux et de la nature et éventuellement à court terme la translocation, et/ou la contraception et l'agrandissement des espaces protégés.

L'Afrique du Sud a annoncé qu'aucun éléphant ne serait envoyé dans un zoo ou un cirque suite aux massacres, comme ce fut le cas par le passé. Car il faut rappeler que tous les éléphants des cirques français sont des éléphanteaux capturés lors des massacres de troupeaux.

Quelques mots de Muriel Arnal, présidente de l'association One Voice :
« La décision de l'Afrique du Sud est inacceptable. Il faut trouver des solutions à long terme qui respectent les éléphants. La pression démographique humaine va continuer. Un jour, la solution de massacrer des éléphants ne suffira plus. Il s'agit d'un problème global. Sans animaux, sans forêts, dans quel monde vivront bientôt nos enfants? La problématique à laquelle doit faire face l'Afrique du Sud va bien au-delà des éléphants qui seraient trop nombreux dans le parc du Kruger. C'est une problématique identique qui se pose en Asie où les éléphants sont en passe de disparaître, mais aussi les tigres dont le tout dernier recensement (daté février 2008) est dramatique: il n'en resterait plus que 1500 dans la nature en Inde, pays dont l'animal est l'emblème. »
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