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Loup : le Conseil d’Etat valide le second arrêté du gouvernement
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Le combat pour la préservation du loup en France se déroule, à présent, sur le terrain judiciaire. Plusieurs associations dont l’ASPAS, Association pour la protection des animaux sauvages, ont saisi le Conseil d’Etat sur la validité du nouvel arrêté du ministère de l’Ecologie prévoyant la destruction de quatre loups. Elles ont perdu. Mais la bataille devrait se poursuivre sur le front européen.


Estimations fluctuantes

Le nouvel arrêté ministériel, pris le 12 août, après que le précédent ait été rejeté par les tribunaux administratifs, était examiné en référé le 20 août par le Conseil d’Etat. Il devait se prononcer contre un gel de l’application de ce texte, dans l’attente d’un jugement sur le fond.
Pour les associations, il s’agit avant tout de préserver les maigres effectifs du loup en France. En effet, les estimations varient entre 36 et 55 individus. En tout état de cause, une population en nombre encore insuffisant pour espérer la pérennisation de l’espèce sur le territoire français. A titre de comparaison, il y aurait 2000 loups en Espagne et 700 en Italie. Pays où, par parenthèse, ne surviennent pas de vives tensions avec les éleveurs.

Conventions internationales

En France, où le loup a été éradiqué au début du XXème siècle, la situation est différente. Les bergers, habitués à mener des troupeaux toujours plus importants vers des altitudes toujours plus élevées, rechignent à revenir à des méthodes plus traditionnelles de garde des brebis. De surcroît, la France a signé plusieurs conventions qui prévoient de protéger les loups, en interdisant de les tuer.

Espèce menacée

C’est d’ailleurs au nom du respect de ces engagements internationaux que l’ASPAS et les autres associations ont décidé de poursuivre le bras de fer judiciaire engagé avec l’Etat. Elles déposent plainte devant la Commission européenne pour violation d'une directive (loi européenne) de 1992. "Le loup est classé « espèce menacée » car il en reste moins de 10.000 en Europe. Il est donc extrêmement choquant de voir le gouvernement français, qui fait la morale aux pays pauvres d'Afrique pour qu'ils protègent l'éléphant, prendre la décision d'abattre des loups", explique l'ASPAS.

Pendant la procédure, la chasse continue

En attendant que la justice française examine une nouvelle fois ce dossier, le ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier, a demandé aux préfets concernés "de poursuivre activement la mise en oeuvre locale de cette autorisation de tirs de prélèvement par les agents assermentés de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage".

Syndicats agricoles en renfort

Si les associations de protection animale demeurent mobilisées, les syndicats agricoles le sont aussi. Pour des raisons diamétralement opposées. Si seule une minorité de bergers milite pour l’éradication totale des loups, elle sait diablement se faire entendre et trouve des relais. C’est ainsi que les plus acharnés à vouloir tuer les loups ont menacé de faire justice eux même et de massacrer les loups partout où ils les trouveraient.
Cette prise de position, parfaitement illégale, a cependant trouvé un écho favorable auprès de la FDSEA, qui a déclaré : "L'Etat laissant les éleveurs face à leur désarroi, les organisations agricoles assumeront leurs responsabilités dans la défense des biens des éleveurs afin qu'ils puissent continuer leur activité." Autrement dit, l’organisation agricole soutient les porteurs de fusils les plus radicaux.

Dossier sensible

Dossier particulièrement sensible, le retour du loup dans les Alpes exacerbe les passions. Il va de soi que dans ce contexte, la décision du gouvernement ne pouvait que susciter des mécontentements. D’une part ceux des bergers extrémistes pour qui tuer quatre ou dix ou vingt loups ne résoudra jamais le problème, puisqu’ils veulent les voir tous morts. D’autre part ceux des protecteurs de l’environnement qui en appellent au respect des engagements internationaux de la France. Il serait, en effet, trop facile pour notre pays, de signer des conventions protégeant le loup, tant qu’il n’y en avait pas sur son territoire pour ne plus les respecter ensuite, une fois que le loup y est.


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