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Quelques semaines après la sortie du « Monde de Nemo
», certains responsables de l’archipel de Vanuatu
ont tiré la sonnette d’alarme. En raison du succès
du long métrage d’animation, des centaines de milliers
de jeunes américains, puis de jeunes européens,
ont réclamé un poisson-clown pour Noël. Résultat
: les prélèvements ont été tellement
massifs qu’il a fallu que les autorités locales prennent
des mesures pour préserver ce qui restait de ces poissons.
Cet épisode, caricatural, ne doit pas faire oublier que
l’essentiel des captures des poissons exotiques a lieu aux
Philippines.
Le Centre de recherches pour le développement international
(CRDI), une société d'État créée
par le Parlement du Canada en 1970, afin de venir en aide aux
pays les moins industrialisés, indique qu’environ
70% des poissons d’aquarium viennent des Philippines.
Le problème est que les pêcheurs emploient du cyanure
pour prendre leurs proies. Résultat, souligne le CRDI,
« 80 % des prises meurent, et les récifs sont contaminés.
»
Pour tenter de résoudre ce problème, des programmes
de sensibilisation ont été mis en œuvre. Si
une part des pêcheurs a accepté de renoncer au cyanure,
pour le remplacer par des filets, les autres ont préféré
conserver cette méthode, certes expéditive, mais
plus efficace.
Lors du symposium international de l’eau, qui s’est
tenu à Cannes en 2003, les scientifiques ont abordé
ce sujet. Il en ressort que l’emploi du cyanure de sodium
remonte aux années 60. Le principe est que ce poison paralyse
les poissons qu’il ne tue pas. Il n’y a alors plus
qu’à ramasser les proies.
Des proies fort lucratives. Selon ces travaux, le kilo de Napoléon
vaut entre 90 et 175 dollars (à peu près l’équivalent
en euros). Le problème est qu’outre les dommages
que cela cause aux poissons, cet emploi massif de toxiques a des
répercussions néfastes sur les fonds sous-marins,
notamment sur les récifs coraliens.
« Non seulement le cyanure érode la structure du
récif, mais algues et polypes, que les
poissons auraient mangé s’ils n’avaient pas
été capturés, attaquent à présent
les colonies de coraux. » Selon le biologiste Sam Mamauag,
de l'Alliance pour la Vie Marine des Philippines, cité
lors de la rencontre de Cannes, « chaque poisson pêché
représente 1m2 de récif détruit”. Selon
le WWF (fonds mondial pour la nature), plus de 1000 tonnes de
cyanure auraient été déversées dans
les récifs coralliens depuis 1962.
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