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Automne 2004 : Le cauchemar continue à Taiji
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Au lendemain de leur arrivée pour leur nouvelle mission,  Ric et Helene O’Barry, les envoyés de One Voice, ont vu le le 27 octobre, les pêcheurs revenir dans le lagon, accompagnés d’environ une vingtaine d’hommes revêtus de blousons dont certains portaient la marque du "Taiji Whale Museum", du "World Dolphin Resort" et de la "Dolphin Base". Ces trois établissements sont situés à Taiji. Il s’agissait, à l’évidence, de dresseurs de dauphins. Ils étaient là pour sélectionner les animaux ayant le meilleur profil pour être exploités dans des spectacles ou des centres de natation en compagnie de dauphins.
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Cent mammifères marins tués

Ric et Helene O’Barry ont assisté, les 29 octobre et 5 novembre 2004, à la destruction de groupes entiers de dauphins de Risso, des mammifères marins que l’on rencontre dans toutes les mers chaudes de la planète, comme en Méditerranée, par exemple. Au total, plus de 100 de ces mammifères marins ont été tués.

Des témoins gênants

La présence de deux représentants de One Voice gêne considérablement l’activité des pêcheurs. En témoignent leurs tentatives d’empêcher Helene et Ric de travailler correctement. Ils ont ainsi ceinturés de fil de fer barbelé les arbres sur lesquels nos envoyés avaient pris l’habitude de grimper pour observer les massacres.

Travail en commun

Cependant, par leur patient travail de terrain, par leurs descriptions des massacres, Helene et Ric sont en passe de faire cesser les tueries de dauphins au Japon. Un travail qui n’aurait pas été aussi abouti sans l’aide de l’Earth Island Institute (EII), une association américaine et l’Elsa Nature Conservancy, une organisation japonaise courageuse et efficace. C’est d’ailleurs la première fois qu’une association japonaise accepte d’œuvrer conjointement avec des homologues occidentaux. En effet, au Japon, les actions « coup d’éclat » sont extrêmement mal vues. Il s’agissait donc de les assurer que notre mission n’avait pas pour but de faire parler de nous, mais d’agir pour que les massacres disparaissent définitivement.

Crimes contre la nature

Et cela porte ses fruits. Les pêcheurs se sentent maintenant menacés. Un reportage diffusé récemment sur la BBC, qui reprenait nos images, a une fois de plus montré dans le reste du monde ce qui se passe dans les ports japonais. L’indignation est telle face à ces crimes contre la nature, que les autorités japonaises ne pourront plus guère longtemps continuer de cautionner la chasse aux dauphins. Les pêcheurs le savent si bien, que la rage au cœur, ils en sont à envisager une reconversion. 

Crainte des reportages

Preuve que les chasseurs se sentent observés, selon notre partenaire, l’association japonaise Elsa Nature Conservancy, le 11 novembre,.en raison de la présence de plusieurs équipes de reporters locaux, les pêcheurs ont voulu faire preuve d’humanité. Ils ont décidé de relâcher les 80 dauphins restants. Cependant, cette magnanimité doit être relativisée : la plupart des animaux étaient blessés ou en état de choc. Bien peu survivront effectivement.

Pression de l’opinion publique

Il n’en reste pas moins que c’est la première fois que les pêcheurs se montrent sensibles aux campagnes des défenseurs des animaux. Non pas qu’ils aient été convaincus par nos arguments (ils ont vu dans la reprise de la chasse, au bout de cinq années d’interdiction, une occasion de former de nouveaux pêcheurs), mais parce qu’ils comprennent que leurs activités sont réprouvées partout ailleurs dans le monde. Ils redoutent plus que tout que le gouvernement japonais ne soit contraint, sous la pression de l’opinion publique internationale, d’interdire la chasse aux dauphins.


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