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Conditionnement
A cela vient s’ajouter un conditionnement, dit « clicker
training », directement inspiré des travaux menés
par Pavlov avec les chiens. Il est à noter que les dresseurs
canins qui emploient cette méthode soulignent qu’elle
a été employée avec succès sur les dauphins.
Poisson et sifflet
Concrètement, le dresseur dispose de deux accessoires :
un poisson mort et un sifflet. Lorsque le dauphin effectue correctement
son numéro, il doit être aussitôt récompensé.
Or, il est difficile de lancer le poisson avec précision.
C’est alors que l’animal va associer la récompense
a la dernière action qu’il a effectué.
Cerceau
Si, par exemple, le dresseur veut que le dauphin saute dans un cerceau,
il ne doit pas attendre que le dauphin ait replongé pour
lui donner le poisson. Auquel cas le dauphin penserait qu’il
obtiendrait du poisson à chaque fois qu’il va sous
l’eau, ce qui nuirait au spectacle.
Ventre vide
Donc au moment même ou le dauphin s’inscrit à
l’intérieur du cerceau, le dresseur siffle. Cela signifie
au dauphin « tu as réussi », le cétacé
s’attend donc à recevoir un poisson, le dresseur lui
lance alors la nourriture. Cela signifie, a contrario, que si l’animal
n’effectue pas ce que l’on attend de lui, il demeure
le ventre vide.
« Renforcement positif »
Il est à noter que cette méthode dite de « renforcement
positif » est revendiquée par certains delphinariums
en France. Certes, il n’est pas explicitement indiqué
« nous tenons nos dauphins par la faim »,
ce qui ne serait pas un bon argument publicitaire, mais il y est
décrit précisément comment chaque action est
récompensée, ou non, par de la nourriture.
Illusion
Toutefois pour que le public n’ait pas le sentiment de voir
des affamés prêts à faire n’importe quoi
pour un bout de poisson, les delphinariums emploient des trucs efficaces
pour entretenir l’illusion que le dresseur et l’animal
s’entendent à merveille. Ainsi quand l’animal
« embrasse » le dresseur ou bien « applaudit »
ou bien encore hoche la tête aux questions, toutes attitudes
basées sur l’anthropomorphisme, les spectateurs sont
persuadés que le dauphin le fait avec joie.
L’armée aussi
Il n’y a pas que les delphinariums qui dressent les dauphins.
L’armée aussi, et de longue date. Sans remonter jusqu’à
l’Antiquité, le rôle de dauphins poseurs de mines
a été décrit au cours de la Seconde guerre
mondiale. Il se poursuit encore.
Ainsi, un document de la Cites, consacré au dauphins souffleur
de la mer Noire indique : « L’Ukraine, alors
qu’elle faisait partie de l’URSS, a capturé et
dressé 70 dauphins souffleurs de la mer Noire pour les "Forces
spéciales". À la fin de la guerre froide, les
animaux dressés n’ayant plus d'utilité, les
militaires ont tenté de persuader les compagnies pétrolières
qu'après un dressage complémentaire, les dauphins
pourraient leur rendre des services .»
« En 1994, poursuit le document, un grand nombre de dauphins
souffleurs de la mer Noire originaires des forces armées
étaient gardés dans des conditions déplorables
en Ukraine (anon., 1994). Le sort de ces animaux n’est pas
connu, bien que trois ans plus tard, une vingtaine de dauphins souffleurs
aient été intégrés dans des programmes
thérapeutiques (Specter, 1997). » |