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Janvier/ Février 2004 : première rencontre avec les représentants de la pêche
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C’est dans le village de pêcheurs de Taiji, situé au sud du Japon, à la pointe de la péninsule qui s’étend dans l’océan Pacifique, que notre équipe a décidé de mener ses investigations. Le lieu ne doit rien au hasard, c’est ici que voici 400 ans a commencé la chasse aux dauphins dans ce pays. Le nombre total de cétacés tués chaque année au Japon est estimé à 22 000. Au cours des vingt années passées, plus de 400 000 mammifères marins ont été tués par les chasseurs japonais.

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Mur de bruit

Pour traquer les dauphins, les chasseurs se rendent sur leurs lieux de migrations. Lorsqu’ils repèrent un bande de dauphins, ils les suivent, leurs bateaux les uns derrière les autres. Puis ils plongent l’extrémité de perches d’acier dans l’eau, de chaque côté de leurs embarcations et frappent dessus avec un marteau. Ces perches servent en quelque sorte de caisses de résonance sous-marines. Elles amplifient le son fait par les coups répétés. Cela finit par créer un mur de bruit, qui provoque la panique chez les dauphins. Pour tenter d’échapper à ces sonorités qui les effraient, ils rebroussent chemin. Les chasseurs n’ont plus qu’à les diriger vers un lagon, comme un troupeau de moutons. Là, une fois la bande de dauphins passée, ils condamnent l’entrée de la baie avec des filets. Piégés dans des eaux peu profondes, les animaux ne peuvent éviter les crochets et les couteaux de leurs assaillants, qui les saignent à mort.

Bâches bleues

Lorsque notre équipe a parcouru le lagon qui sert à piéger les dauphins, elle a remarqué de grandes bâches bleues sont empilées sur la plage. Elles devaient servir à recouvrir les eaux du lagon quand les dauphins étaient tués pour que nous ne puissions pas filmer la scène.

« Viande qui nage »

En dépit de cela, Helene et Ric O’Barry décident de rencontrer les autorités locales et les chasseurs. Une rencontre jusque là inédite entre défenseurs des animaux et défenseurs du massacre. M. Surimori, le représentant des pêcheurs, précise qu’ils ne veulent pas que les images de l’abattage des dauphins soient vues dans le reste du monde, tout en ironisant : «Vous autres, Occidentaux, trouvez les dauphins mignons. Nous, non. Nous les voyons comme de la viande qui nage. »

Entreprise de divertissement

Constamment gênés dans leur travail et menacés, Helene et Ric ont tout de même pu constater qu’au lendemain des massacres, il y avait une vingtaine de camions dans le lagon et que l’un d’eux portait le logo « World Dolphin Resort ». Il s’agit d’une entreprise de divertissement, qui propose des spectacles mettant en scène des cétacés, mais aussi un programme de nage avec les dauphins. Cette société travaille avec une compagnie nommée « Dolphin Base », domiciliée à Taiji. Il s’agit d’un courtier qui propose des dauphins, capturés lors des chasses, à des delphinariums au Japon et à l’étranger.


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