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Un rapport donne l’alerte
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Le Premarin est un médicament qui traite les conséquences de la ménopause. Il est à base d’hormones recueilli dans les urines des juments. Il est largement prescrit aux Etats-Unis. Mais ce que ne disait pas son fabricant, le laboratoire Wyeth, étaient les conditions de traitement des juments. La réponse en a été donnée en 1996, lorsque la WSPA (confédération mondiale des associations de protection animale) a révélé que les animaux y étaient maltraités. Les enquêteurs ont visité 32 fermes (contenant 13043 chevaux), un abattoir et deux parcs d’engraissement de poulains. Voici ce qu’ils ont vu.

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Eau rationnée

L’eau est sévèrement rationnée. Les juments n’ont que la moitié de ce dont elles ont besoin. Lors des distributions d’eau, elles se battent pour en obtenir quelques gouttes. Pourquoi ? Parce que si les juments buvaient à leur soif, l’urine collectée serait beaucoup plus importante en quantité et les coûts de transport vers les usines de fabrication du médicament augmenteraient. Ce rationnement en eau affecte énormément les juments psychologiquement mais aussi physiquement, avec des conséquences sur leur santé.

Manque de soins vétérinaires


Des chevaux qui auraient besoin de soins vétérinaires pour des infections de la peau, des plaies et des problèmes respiratoires n’en reçoivent pas. Dans une ferme du Manitoba, un fermier qui avait repéré deux juments malades les a « jetées dehors pour la nuit » a t-il dit. Il gelait fort. Une jument est morte, l’autre était extrêmement malade. L’enquêteur a obligé le fermier à appeler un vétérinaire.

Conditions de vie déplorables


La plupart des juments sont craintives et nerveuses à cause de l’enfermement, de la soif, de l’immobilité et des plaies. Leur manipulation est difficile, elles ne peuvent jamais être sorties, ni donc soignées. De plus, les juments ne sont pas brossées et ne peuvent pas se gratter. Elles sont souvent couvertes de parasites, de plaies et de blessures diverses.

Immobilisation forcée


Les juments ne sortent de leur box que pour mettre bas. Elles y retournent, seules, au bout de trois mois seulement. Ces juments, par dizaines de milliers, ne peuvent donc pas se mouvoir pendant la majeure partie de l’année. Le système de collecte de l’urine ne le permet pas. Ce n’est pas dans la nature d’un cheval de rester ainsi immobilisé.

Collecte de l’urine


De nombreux fermiers ne tiennent pas compte des recommandations d’utilisation d’un système « approprié » et utilisent des systèmes qui blessent profondément les juments à l’entrejambe.

Code sans portée


Les employés sont insuffisamment qualifiés. Et le code de protection des chevaux existant, fourni par le laboratoire, n’est qu’optionnel. Ce domaine est laissé à la discrétion des éleveurs qui décident des conditions dans lesquelles ils garderont les chevaux.

Lettre morte


A la suite de ce rapport, le laboratoire Wyeth a décidé d’apporter des améliorations mais a refusé la présence des enquêteurs pour contrôler leur application. Wyeth a créé plusieurs comités, mais a aussi demandé aux éleveurs de rénover leurs étables sans spécifier les changements à faire. Il ajouté deux inspecteurs de plus à l’équipe d’inspecteurs payés par le laboratoire. Ils sont maintenant huit en tout, pour visiter plus de 450 fermes et surveiller 75000 chevaux. Le laboratoire a refusé de ne plus rationner l’eau des juments.

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