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Touristes
Ce sont des touristes, frappés de voir des poneys maigres
et souffrants, qui ont alerté One Voice. Un enquêteur
a été dépêché sur le terrain.
Son constat est sans appel : effectivement, les animaux sont
maltraités.
Oreilles coupées
Afin de différencier les troupeaux qui déambulent
librement dans les montagnes et peuvent se mélanger, on
coupe ou découpe les oreilles avec des entailles de formes
diverses, avec un couteau ou des ciseaux, à vif. Or, les
oreilles d’un cheval sont particulièrement sensibles.
Entraves
Les massifs ne sont pas tous clôturés. Les poneys
vont sur les petites routes, pas toujours munies de passages canadiens
et débouchant sur de plus grands axes de circulation. Comme
"solution", une technique locale est employée,
l’entrave. Il s’agit d’une grosse pièce
de bois qui enserre une jambe, juste au dessus du pied. Elle est
utilisée depuis des siècles pour que les chevaux
restent à peu près au même endroit et soient
faciles à repérer.
Heurts
Les pottoks avancent donc comme ils peuvent, trébuchant
fréquemment quand le bout de bois, décentré
et donc déséquilibré, pivote et se plante
en terre. Ou alors il revient cogner contre l’autre jambe.
Blessures
Certains modèles sont relativement petits, d’autres
plus longs et plus épais sont très lourds, le poil
de la cheville est rapidement usé et la peau à vif.
Parfois le sang coule. Mais ces blessures ne sont pas soignées.
Sur l’herbe, l’entrave est pénible à
supporter, c’est pire encore dans les buissons bas ou les
cailloux.
Sabots déformés
Certains éleveurs ne les posent que quelques semaines par
an, d’autres les laissent douze mois de suite. One Voice
a d’ailleurs porté plainte à ce sujet contre
trois éleveurs. Avec l’entrave, au lieu de faire
4 à 6 km par jour, l’animal ne parcourt plus que
200 à 400 mètres au maximum. Résultat : le
sabot (qui continue à pousser constamment comme les ongles)
ne s’use plus comme il faut et peut même croître
démesurément - le bout pouvant même décoller
du sol en se recourbant "en babouche".
Estropié à vie
C’est un peu comme si, au lieu de poser la main sur une
table, vous ne pouviez appuyer que le poignet. Il en résulte
une déformation de l’ossature. Estropié à
vie, l’animal ne pourra plus jamais marcher normalement.
Même quand l’entrave est retirée, les sabots
trop longs ne permettent plus de galoper, voire de trotter.
Malnutrition
Les chevaux présentent de gros ventres, pouvant laisser
penser que ces animaux mangent à leur faim. Une impression
trompeuse, en fait ils souffrent de malnutrition. L’herbe
est peu nourrissante, souvent très rase dans des lieux
très paturés, il faut bouger beaucoup pour s’en
remplir le ventre. Et ça ne suffit pas toujours. Rares
sont les animaux aux muscles fermes et rebondis, au beau poil
luisant. Il y a parfois des compléments de foin fournis
par les bons éleveurs, mais c’est exceptionnel.
Primes européennes
Comment en est-on arrivé là ? Par des primes
européennes. Une affaire qui prouve que souvent l’Enfer
est pavé de bonnes intentions. Le Pottok est une race menacée.
Pour la préserver, l’Europe a décidé
d’aider les élevages. Malheureusement, certains ont
détourné ces subventions en créant de « vrais-faux »
Pottoks, destinés à la boucherie
Face à cette situation, One Voice a porté plainte,
lancé une pétition contre les entraves et les mutilations
et réclamé la pose de « passages canadiens »
qui rendent les routes inaccessibles aux chevaux.
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