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Novembre 2007


Les zoos en Chine

La souffrance à l'échelle olympique

Rapport d'une enquête spéciale de One Voice

Zoos visités
Des prisons pour animaux
Nulle part où se réfugier
Un spectacle sans fin
Dévorés vivants
Moqués et humiliés
Quand la Chine envisage des mesures de protection des animaux
Il est temps d'agir
Citations
Des tortues qui n'ont vraiment pas de chance

Le 8 août 2008, à Beijing, une étincelante cérémonie de trois heures et demie ouvrira les XXIXè Jeux Olympiques d’été. Les autorités chinoises comptent en mettre plein la vue aux milliards de télé­spectateurs en leur montrant « une fête splendide » au cours de laquelle seront projetées les photos de 10 000 sourires d’enfants, prises dans le monde entier, pour illustrer le thème des Jeux qui est « Un monde, un rêve ». Avec Steven Spielberg et le concepteur français de shows multimédia Yves Pépin comme conseillers artistiques, cette cérémonie promet d’être plus spectaculaire que toutes celles qui l’ont précédée.

Or, pendant que le monde entier admirera les drapeaux, les feux d’artifice et la chorégraphie aux couleurs vives du stade national de Beijing, des animaux sauvages maintenus en captivité continueront de souffrir en silence dans toute la Chine : des animaux qui souffrent sept jours sur sept et toute l’année dans les zoos les plus horribles de toute la planète.

One Voice a envoyé une équipe de spécialistes enquêter dans huit de ces zoos. Bien qu’il s’agisse de professionnels expérimentés, ce qu’ils y ont vu et filmé les a mis en larmes.

Les zoos chinois sont les vestiges des sinistres ménageries d’une période depuis longtemps révolue où des animaux sauvages étaient accablés, malmenés et traités avec cruauté pour divertir le public. Ces installations souvent anciennes et délabrées sont de véritables prisons dans lesquel­les des animaux pitoyables, à force d’être enfermés, se comportent de façon psychotique. Il est effrayant de voir de quelle façon les familles qui visitent certains de ces endroits se moquent méchamment de ces animaux déjà traumatisés et les raillent. Dans certains de ces zoos, on entretient le goût du sang à la manière des arènes des anciens Romains : des animaux de ferme sont jetés vivants aux grands félins qui les déchiquettent sous les yeux des visiteurs ravis.

En Chine, les animaux des zoos, de même que n’importe quel animal domestique ou de compagnie, ne bénéficient d’absolument aucune protection légale, et cependant, c’est ce pays qui décide de se servir de ses Jeux Olympiques pour se présenter comme le grand leader économique novateur duXXIesiècle. Comme l’illustre ce rapport, en matière de zoos, la Chine en est encore au Moyen Âge.

Un jeu cruel
Au Bedaling
Safari Park, les visiteurs
titillent les grands félins
avec des poulets vivants
attachés à des perches :
celui-ci a subi cinq minutes
de terreur avant d’être attrapé
et dévoré vivant.

© One Voice / Eco Storm


Zoos visités

Bedaling : Ce safari park se trouve à une heure au nord de Beijing et à quelques centaines de mètres de la partie la plus visitée de la Grande muraille de Chine. C’est un haut lieu de la souffrance animale, où le repas des fauves est une grotesque « attraction ».

Beijing : Le zoo de Beijing, qui exhibe fièrement ses pandas et s’orne de symboles olympiques, est situé sur une route bruyante et saturée de trafic au-dessus de laquelle surgiront bientôt des aérotrains nouvellement construits. Le modernisme de ces quartiers périphériques fait contraste avec les conditions de vie moyenâgeuses des animaux à l’intérieur du zoo.

Chonqqing : Bien que ce safari park s’étende sur une vaste superficie dans les plaines de la Chine centrale, la plupart de ses animaux sont enfermés dans les cages les plus étroites que l’on puisse imaginer.

Datong : Situé au centre d’une ville minière de la province de Shanxi, le zoo de Datong, dans un coin exigu du parc, permet à ses visiteurs d’oublier un moment les fumées industrielles qui empoisonnent l’air de la région. Quant aux animaux, confinés dans des conditions affolantes, ils ne connaissent aucun instant de répit.

Qingdao : Le zoo de Qingdao avait déménagé dans les jardins botaniques de la ville en 1977 ; les grilles des enclos qui rouillent depuis 30 ans et les mouvements des animaux rendus fous forment
un net contraste avec la tranquillité qui règne dans le reste du parc.
Zibo : Ce zoo est situé dans la province de Shandong, à l’Est de la Chine. Il y a deux ans, il a déménagé
à la périphérie de cette zone urbaine irrémédiablement polluée où la visibilité est généralement
inférieure à 200 m. Malgré ce déplacement, les conditions de détention des animaux y restent
très primitives et sont parmi les pires que notre enquête nous ait permis de constater.

© One Voice / Eco Storm
Pas d’ombre et aucun espoir : Enchaîné par le cou et enfermé dans une cage roulante sans une seule goutte d’eau à boire, ce singe du zoo de Datong se recroqueville dans un coin pour tenter, en vain, de se protéger d'un soleil ardent.


Des prisons pour animaux

Les conditions que la plupart des animaux doivent supporter dans ces zoos sont affligeantes. Ils sont pratiquement toujours enfermés dans des enclos de dimensions réduites ou dans des cages dont le sol est en béton nu et parsemé de fèces et de résidus alimentaires. Certains animaux n’avaient pas d’eau à boire au moment de notre visite. Le plus effarant est encore la taille inadéquate de ces prisons pour animaux.

Des grands félins dans des enclos de quatre mètres de large ; un hippopotame de deux mètres dans un enclos nu de deux fois sa longueur seulement ; un jeune léopard dans un enclos pas plus grand que sa couche ; un singe enchaîné par le cou dans une cage à roues de deux mètres sur un mètre seulement, recroquevillé faute de pouvoir trouver de l’ombre pour se protéger d’un soleil brûlant… À chaque pas, une nouvelle horreur à découvrir. Pire, les animaux sont souvent enfermés seuls, privés même du réconfort de leurs propres congénères pour atténuer les privations qui sont le lot permanent de leur existence.

Une ronde sans fin
dans un ennui sans fin :

Comme de nombreux
autres grands félins
des zoos chinois, ce lion
du zoo de Beijing marche
en rond pour tenter
d’atténuer la monotonie
de son existence dans
un enclos nu et exigu.


© One Voice / Eco Storm

Le zoo de Beijing, qui héberge ses animaux en dépit du bon sens, est l’exemple même de l’absence de préoccupation d’assurer aux animaux des conditions de vie adaptées à leurs besoins. Nous y avons vu des ours d’Asie et des ours à collier dans une fosse délabrée, obligés de subir le vacarme ininterrompu des travaux de construction d’une ligne de métro qui, de façon stupéfiante, passe directement par-dessus leur enceinte.

En captivité, des animaux logés dans des espaces inadéquats ou dépourvus de stimulation adoptent parfois des comportements répétitifs, apparemment absurdes pour tenter de s’abrutir jusqu’à oublier la situation dans laquelle ils se trouvent. De ces « stéréotypies », qui constituent un indicateur fondamental des mauvaises conditions de vie, les zoos chinois sont un véritable catalogue.

Une proportion alarmante des animaux des zoos que nous avons visités présentaient des stéréotypies, souvent à un degré extrême. Toutes sortes d’animaux, des grands félins aux singes en passant par les ours, faisaient continuellement les cent pas, certains léchaient les murs de façon répétée,
d’autres secouaient la tête comme des déments. Chaque animal devant lequel nous passions passait ainsi son temps à tourner en rond de façon psychotique.

Au zoo de Zibo, nous avons vu une vingtaine d’écureuils qui n’arrêtaient pas de se sauter les uns sur les autres dans une frénésie sans fin : leur cage ne mesurait pas plus de deux mètres sur un mètre. À proximité, dans les plus mauvaises conditions qu’il nous ait été donné de voir dans un zoo pour des félins, des panthères, des léopards et des jaguars ne cessaient de marcher en rond dans des enclos de trois mètres sur quatre seulement. Ils souffraient non seulement d’un manque d’espace, mais aussi de la cacophonie incessante de musique électronique et d’explosions de pétards provenant d’une aire de jeux d’enfants voisine.

« Nous n’avions pas passé 10 minutes à filmer ces pauvres félins que le bruit nous rendait déjà fous », a déclaré un membre de l’équipe. « On ne peut qu’imaginer l’enfer que ces animaux doivent subir chaque jour de leur misérable existence. »

Enfermé et seul :
Ce chimpanzé du zoo de Datong, enfermé dans la solitude permanente d’un enclos vide, est le plus malheureux des prisonniers.

© One Voice / Eco Storm


Nulle part où se réfugier

Au XVIIIe et au XIXe siècles, les animaux des zoos étaient la plupart du temps enfermés dans des espaces vides de tout décor, pour que les visiteurs puissent mieux les admirer. Dans un certain nombre de pays, les zoos ont évolué, mais en Chine, un certain nombre de zoos n’ont pas changé du tout. Les animaux n’y sont rien d’autre qu’une distraction pour le public.

Pour être sûrs que les visiteurs auront de quoi se distraire, les zoos font en sorte que les animaux n’aient nulle part où se cacher et restent ainsi en permanence tout à fait visibles. Dans les zoos qu’ils ont visité, nos enquêteurs ont remarqué que souvent, l’accès des terriers ou des couchages était bloqué durant les heures de visite, les animaux n’ayant plus d’autre choix que de faire les cent pas de façon ininterrompue ou bien, dans le cas des grands singes, de s’étreindre mutuellement ou de se balancer.

Au zoo de Qingdao, l’horreur était à son comble. Notre équipe a filmé une femelle jaguar en train d’allaiter ses nouveau-nés sur un sol en béton couvert de fèces. « Il n’y avait même pas de la paille pour qu’elle puisse se coucher », raconte un membre de l’équipe. « Nous nous sommes sentis mal, nous avions l’impression d’être des intrus en train d’épier cette malheureuse famille. »


© One Voice / Eco Storm


Un spectacle sans fin

Souvent, dans les zoos chinois, on n’exige pas simplement que les animaux soient toujours visibles : de nombreux animaux sont dressés à exécuter des numéros dans le cadre de mini-spectacles à l’intérieur même des zoos. Cette pratique rappelle une époque d’humiliation des animaux qui, dans les autres pays se considérant à l’instar de la Chine comme des puissances économiques, appartient au passé. Le Chonqing Safari Park est connu pour ce genre d’attraction sinistre.

Ses « Jeux Olympiques animaux » sont une triste parodie des vrais Jeux, et les 1 000 visiteurs qui assistent à chaque représentation n’ont pas de quoi être fiers. Ce spectacle anachronique sur fond de musique techno tonitruante est une sorte de parade autour d’un faux champ de courses avec des chimpanzés habillés, des ours qu’on oblige à marcher sur les pattes arrières, et une oie qui tire un chariot contenant des bébés tigres.

Ces numéros étaient suivis d’une « boxe des ours », un numéro au cours duquel on obligeait répétitivement deux ours à collier en gants de boxe à se battre, dans le vacarme des éclats de rire du public. Les dresseurs d’ours se tenaient à proximité des animaux avec des piques métalliques à portée de main pour pouvoir, en cas de besoin, les « encourager » à se donner des coups.

Dans un autre numéro, dit « le numéro des fauves », on obligeait des jeunes tigres à courir en cercle, à sauter les uns sur les autres, à grimper sur des tabourets et à sauter à travers des cerceaux enflammés. Ces animaux déféquaient de peur de façon intempestive, terrorisés par les piques et les fouets des dresseurs. Il en était de même pour le loup solitaire et affreusement triste dont le numéro suivait celui des jeunes tigres.

© One Voice / Eco Storm


Au zoo de Chonqing, les visiteurs peuvent aussi payer pour se faire photographier avec des lions, des tigres, des pandas roux ou des ours enchaînés à de fausses souches d’arbres. Le dernier souvenir qui s’est gravé dans la mémoire de nos enquêteurs a été celui de la terrifiante lassitude des animaux à proximité desquels des familles posaient en riant devant le photographe.


Dévorés vivants

En Chine, certains zoos proposent une monstrueuse spécialité : le spectacle d’animaux vivants jetés en pâture aux grands félins, soit par les employés moyennant une gratification, soit par les visiteurs eux-mêmes. Il s’agit souvent de poulets, mais dans certains zoos, ce sont même des chèvres et autres animaux de ferme qui sont ainsi mis à mort pour distraire le public.

© One Voice / Eco Storm
Le Safari Park de Badaling, à proximité de la Grande muraille de Chine et à une heure au nord de Beijing, est une destination touristique prisée. Au mois d’août prochain, au moment même où le monde entier regardera les athlètes concourir sur le stade olympique, Badaling continuera d’accueillir des visiteurs qui paieront pour pouvoir jeter des poulets vivants aux grands félins à travers des trappes spécialement aménagées, tout en longeant les enclos dans des véhicules.

Un poulet coûte environ 30 yuans (3 euros) et pour 300 yuans (30 euros) le visiteur peut acheter une chèvre vivante afin de la donner à manger aux lions.


Moqués et humiliés

Le plus grand scandale de ces ménageries chinoises est sans doute l’attitude qu’adopte un si grand nombre de visiteurs devant ces malheureux animaux.
Pour beaucoup d’entre eux, notamment des familles avec des enfants, les animaux ne sont rien d’autre que des objets de risée. Apparemment inconscients
de la misère de ces créatures, ils poussent des cris, hurlent, sifflent, grattent et frappent les barreaux pour provoquer des réactions, rient et se moquent
des animaux.

Un calvaire pour un ours :
Au Safari Park de Chonqing, on oblige des ours à collier à se boxer mutuellement dans le cadre de «Jeux Olympiques animaux », une cruelle et désolante parodie des vrais Jeux.

© One Voice / Eco Storm

Au zoo de Zibo, nos enquêteurs ont été écoeurés de voir des visiteurs cracher sur des loups qui étaient enfermés dans d’étroites cellules sans même de l’eau
à boire. Ils ont aussi vu une famille qui, tout en riant, provoquait deux chiens pékinois névrotiques en frappant les barreaux de leur enclos vide de tout
décor pour les inciter à mordre leurs chaussures.

Ce qui les attendait au Safari Park de Bedaling était pire encore. Là, les visiteurs pouvaient acheter des poulets vivants non seulement pour les jeter aux grands félins, mais aussi pour les attacher par les pattes à des perches en bambou afin de les suspendre au-dessus d’une fosse aux lions. Nos enquêteurs ont vu des visiteurs molester les félins jusqu’à ce que ces derniers attrapent les volatiles terrifiés et les mangent vivants – sous le regard d’une foule d’adultes et
d’enfants qui gloussaient et riaient.


Quand la Chine envisage des mesures de protection des animaux

En matière de protection des espèces sauvages, il existe en Chine une législation draconienne pour la protection des pandas géants : un symbole culturel lucratif dont la chasse illégale est punie de mort. Cependant, aucune loi ne protège les autres espèces animales.

En 2004, Beijing a publiquement proposé une législation de protection des animaux dans laquelle il était stipulé que « personne ne doit harceler, maltraiter ni blesser les animaux » et qui, entre autres exigences humaines, aurait interdit les combats d’animaux et les combats entre humains et animaux, que ce soit dans le cadre de jeux, de distractions ou d’autres activités commerciales. Ce projet
de législation a cependant été abandonné peu de temps après avoir été lancé pour la première fois, le gouvernement ayant semble-t-il considéré que la population n’était pas prête à l’accepter.

Ce projet de loi a fait l’objet d’un débat animé dans les médias chinois. Qiao Xinsheng, spécialiste en droit de l’Université Zhongnan Zhengfa de Wuhan, qui y était opposé, a déclaré qu’il était irréaliste de demander à la Chine de s’aligner sur les normes occidentales en matière de détention d’animaux : « Dès qu’on parle de droits des animaux, on parle d’argent (…) La Chine a tout simplement
quitté le plateau quand les gens se sont demandé d’où ils allaient tirer leur prochain repas. Ils ne peuvent pas encore penser aux animaux. »

Dans le camp adverse, Song Wei, avocat et professeur de droit à l’Université chinoise des Sciences et Technologies, a écrit : « La Chine, pays ancien et civilisé, possède une culture bouddhiste profonde qui proscrit le fait de tuer et qui promeut l’égalité de toutes les créatures vivantes, ce qui signifie que toute vie devrait être traitée avec humanité. À ce jour, la plupart des pays ont promulgué des lois et des réglementations en la matière. La Chine a commencé assez tard, mais nous ne pouvons pas échapper à ce courant en faveur d’un amour universel ni y rester étrangers. » Il a rappelé que la Chine faisait désormais partie de l’Organisation Mondiale du Commerce et a ajouté qu’il fallait que son système légal et son degré de civilisation aillent de pair avec son progrès économique pour être au même niveau que ceux des autres pays développés.


Il est temps d'agir

Des sondages d’opinion montrent que la sensibilité au sort des animaux progresse au sein de la population chinoise et que le bien-être animal est loin d’être une fantaisie exclusivement occidentale. En 2004, One Voice a cofinancé un sondage effectué en Asie par Market & Opinion Research International (MORI) relatif à l’attitude des gens vis-à-vis des animaux. Ce sondage a montré qu’en Chine, 90% des gens pensent que « nous avons l’obligation morale de minimiser la souffrance des animaux », un chiffre encourageant, et que 77% des gens approuvent l’idée que la loi devrait exiger qu’on limite autant que possible la souffrance animale.
Au demeurant, malgré l’attitude dont font souvent preuve les visiteurs des zoos
envers les animaux captifs, nos enquêteurs ont rencontré un certain nombre de
Chinois qui avaient honte et qui étaient bouleversés par cette façon horrible de
traiter les animaux. Il semblerait aussi que depuis quelque temps, on voie apparaître des associations de défense des animaux un peu partout en Chine.

Il est temps aujourd’hui que la Chine institue une législation protégeant les animaux. Afin d’inciter les autorités chinoises à le faire, One Voice a lancé une pétition internationale en ligne sur le site www.onevoice-ear.org et espère qu’en Chine et dans le monde entier, les gens la signeront. One Voice demande à toute personne se rendant en Chine, en particulier lors des Jeux Olympiques, de rester à l’écart de ces zoos et de toute autre attraction dans laquelle les animaux sont si cruellement exploités pour distraire le public et de faire savoir à l’ambassade de Chine de son pays les raisons pour lesquelles elle refuse de les visiter.

Si une nation est capable d’accueillir les Jeux Olympiques, elle doit aussi être capable de protéger ses habitants non humains.


Citations

Jeffrey Moussaieff Masson, ancien psychanalyste connu pour ses ouvrages sur les animaux, qualifie d’effrayante la situation dont nous avons été les témoins dans ces zoos.
«Croire que l’on peut apprendre quoi que ce soit du comportement naturel des animaux dans des lieux aussi artificiels est une illusion typiquement humaine», nous dit l’auteur de Quand les éléphants pleurent. « Le seul enseignement qu’il soit possible de tirer de ce genre d’endroit, c’est de voir à quel point nous pouvons être cruels envers les autres créatures sensibles. »

Pour Erin Pizzey, connue dans le monde pour son action humanitaire et fondatrice de refuges pour femmes et enfants battus, le genre de cruauté que l’on peut observer dans ces zoos chinois ne nuit pas seulement aux animaux, mais aussi à la société humaine. «Un jeune enfant qui assiste à des actes cruels en restera marqué, parfois pour la vie », déclare Erin, elle-même née en Chine. « Cet enfant risque, en grandissant, de commettre des actes cruels et de devenir violent. C’est une chose que j’ai moi-même observée chez les familles avec lesquelles j’ai travaillé. »


Des tortues qui n'ont vraiment pas de chance

© One Voice / Eco Storm

CES TORTUES DU ZOO DE QINGDAO SERVENT DE CIBLES : DANS LEUR
BASSIN DÉJÀ SATURÉ DE PIÈCES, LES VISITEURS LANCENT DES PIÈCES
DE MONNAIE EN ESSAYANT D’ATTEINDRE LA TÊTE DE CES ANIMAUX, CE QUI EST CENSÉ LEUR PORTER CHANCE. LES BANDES ÉLASTIQUES AUTOUR DE
LEUR COU SERVENT À LES EMPÊCHER DE RENTRER LA TÊTE.

© One Voice



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