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"Gros élevages"
Selon le ministère : "le cheptel, constitué
en 2000 de près de 15 millions de têtes, est concentré
à 99 % dans 19 000 exploitations d'après le recensement
agricole. Ces élevages qui détiennent au moins 20
porcins étaient encore 33 000 en 1988. Leur taille moyenne
passe de 360 à 770 porcins en douze ans, accentuant encore
un peu plus le poids des gros élevages."
En progression
Cette progression de la production s'est accompagnée de
la création d'unités extrêmement importantes.
"Les exploitations de plus de 1 000 porcins sont les seules
à être plus nombreuses aujourd'hui qu'en 1988, souligne
la note. Elles détiennent désormais près
des deux tiers du cheptel. Elles en élevaient moins d'un
tiers en 1988."
Chiffres tronqués
En outre, le ministère reconnaît que ces chiffres
ne reflètent que partiellement la réalité
: "le poids des gros élevages est d'ailleurs plus
fort que ne le montrent les cheptels présents dans les
exploitations. Un grand nombre ont développé la
mise en pension d'animaux chez de petits producteurs de porcs.
Près de 900 000 animaux appartenant à de gros élevages
étaient en pension chez de petits agriculteurs d'après
l'enquête sur les cheptels porcins de 1999."
Contraintes contournées
Pourquoi ? Parce que, explique le ministère de l'Agriculture,
"cette pratique permet aux éleveurs d'utiliser des
bâtiments qui ne leur appartiennent pas. Dans l'impossibilité
d'augmenter les superficies, les règles d'épandage
des déjections constituant une contrainte forte, elle est
pour nombre d'exploitations le seul moyen de s'inscrire dans la
logique d'accroissement de la taille de leur élevage."

L'Ouest en tête
La production industrielle de porcs est concentrée dans
l'Ouest de la France. "En 2000, les élevages bretons
abritent 55 % du cheptel, et ceux des Pays de la Loire près
de 12 %. Avec les exploitations de Basse-Normandie et de Poitou-Charentes,
ils cumulent près des trois quarts des porcins. Les cheptels
des élevages costarmoricains et finistériens, supérieurs
à 2,7 millions de porcs, sont les plus importants. Ils
dépassent les 100 000 têtes dans 20 cantons des deux
départements et les 50 000 animaux dans 21 cantons. Ils
sont aussi ceux qui comptent le plus grand nombre d'animaux par
hectare de superficie."
Nitrates en masse
Or, cette concentration d'élevages intensifs a de nombreuses
répercussions sur l'environnement. La concentration en
nitrate des sols se retrouve dans les nappes phréatiques
et partant dans l'eau de boisson. Les mêmes nitrates favorisent
l'apparition d'algues vertes malodorantes et dangereuses pour
l'environnement sur le littoral. La culture massive du maïs,
destiné à la nourriture des porcs est extrêmement
consommatrice d'eau.
Le bio ultra-minoritaire
Face à cette situation, l'élevage normal de porcs
est réduit à la portion congrue. Selon les estimations,
il ne représente plus qu'1% de la filière. Le ministère
de l'Agriculture avance, pour sa part, que "la production
biologique de porcs est encore balbutiante et n'est pratiquée
que par 160 exploitations disposant d'au moins 20 animaux. Ces
élevages diffèrent sensiblement des autres. Ils
disposent en moyenne d'un cheptel quatre fois plus faible que
dans les autres élevages, et de surfaces agricoles importantes.
On compte en moyenne 3 animaux par hectare chez un producteur
bio contre 13 chez les autres producteurs". Pour toutes ces
raisons, One Voice se bat contre l'ouverture ou l'extension d'élevages
industriels et porte plainte pour non-respect de la législation
sur les installations classées.
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