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Un élevage particulièrement cruel
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Les vaches laitières sont parmi les bovins les plus maltraités par l'élevage industriel. Pourtant, cet animal est, de l'avis même de Michel Fortier, ingénieur, conseiller en génie rural au ministère de l'Agriculture Québec : "Un animal «intelligent» et sensible qui nécessite attention et douceur. Elle est capable de reconnaître les couleurs, les odeurs, et se souvient des bons ou mauvais traitements qui lui ont été prodigués et ce, même jeune".

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"Longévité réduite"

Pour cet ingénieur agronome, "elle nécessite douze à quatorze heures de repos par jour (quatre à six heures de sommeil par jour) et dix à douze heures pour manger, boire, bouger, etc. Si ces besoins ne sont pas comblés, il y a baisse de productivité, accroissement des maladies, des blessures et des problèmes aux membres et aux pieds. La longévité de l'animal est aussi réduite". Or, dans les élevages industriels, les vaches laitières ne sont pas bien traitées, obligées de se tenir debout des heures durant dans des espaces confinés, se voyant retirer leurs veaux dès la mise bas, ce qui constitue un stress très important pour elles.

Hésitations à se lever


Et ces mauvaises conditions ont des répercussions sur la santé de l'animal. Michel Fortier en décrit quelques unes : "Les hésitations à se lever et à se coucher, les blessures, des séjours debout trop longs, des déplacements hésitants sont autant d'indices d'inconfort. Les principales sources d'inconfort sont donc liées à l'ambiance (éclairage, ventilation, bruit, etc.), aux attitudes (douceur, brusqueries, etc.) et au logement (stalles ou logettes de mauvaises dimensions, etc.)".

Pavé de béton


Les vaches n'ont généralement que du béton en guise de couche. Pour Michel Fortier, ce n'est pas une bonne chose : "Selon diverses études, si l'animal a le choix du type de couchette, il choisira invariablement l'endroit le plus confortable. Ainsi, la vache préférera une couchette moelleuse (par exemple, 5 centimètres de litière ou un matelas) aux tapis de caoutchouc et au plancher de béton. Dans une stalle ou une logette confortable, la vache passera environ quatorze heures par jour en position couchée, tandis qu'elle ne se couchera que sept heures sur un pavé de béton".

Meilleur logement, meilleur rendement

Le logement est donc fondamental, aussi bien pour le bien-être de l'animal, que pour la trésorerie de l'éleveur. "À titre d'exemple, indique Michel Fortier, mentionnons des augmentations moyennes de production laitière de 1500 kilogrammes/vache en un an, à la suite du transfert des vaches dans une étable plus adéquate. Mentionnons aussi cet autre producteur qui, du seul fait d'avoir transféré des vaches dans des stalles plus confortables, a vu sa moyenne de production s'accroître de 4 kilogrammes/vache/jour".

Comportement humain


Les vaches, considérées exclusivement comme des usines à lait, ne sont pourtant l'objet que de peu de considérations de la part de certains éleveurs. Là encore pour Michel Fortier, c'est une erreur. "Le comportement humain à l'égard des animaux est aussi primordial: un comportement humain inadéquat pourrait faire baisser la production laitière de 15 à 20%".

Abattoir


Une fois que la vache, épuisée, amaigrie, ne donne plus assez de lait, ce qui arrive entre l'âge de 5 et 8 ans, elle est soit dirigée vers des centres d'engraissage, où elle fait un peu de chair avant d'être abattue pour sa viande, soit abattue directement. Une vache allaitante, elle, peut espérer vivre jusqu'à 15 ans. Il y a 4 133 000 vaches laitières en France, contre 4 084 000 vaches allaitantes, selon les statistiques établies au 31 novembre 2002.

Plus de 90% des cas d'ESB

Peu de consommateurs savaient qu'ils achetaient de la vache laitière en prenant leurs steaks à l'hypermarché. Cette pratique a été mise en lumière avec la crise de la vache folle. Selon le ministère français de l'Agriculture, l'alimentation de ces vaches est "constituée d'une proportion importante d'aliments concentrés, de l'ordre de 30 à 50% de la matière sèche de la ration pour les hautes productrices".

Jusqu'à ce qu'interviennent l'interdiction des farines carnées, ces vaches en consommaient beaucoup. Résultat : 92,3 % des cas d'ESB détectés en France l'ont été sur des vaches laitières.

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