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Poulets : quand l'animal n'est plus qu'un produit
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En France, 125 millions de poulets de chair sont élevés chaque année. L'immense majorité d'entre eux provient d'installations "hors-sol", c'est à dire où l'animal n'a jamais de contact avec l'extérieur. Les "éleveurs" n'en parlent même pas comme de volaille, mais comme de lots ou de produits. C'est tout dire.

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Surpopulation

Les poussins sont élevés dans des hangars. Les bâtiments contiennent plusieurs milliers, parfois même plusieurs dizaines de milliers d'animaux. Lorsqu'ils arrivent, ils sont installés sur une couche de sciure. Encore petits, ils ont de la place pour bouger, mais ce très relatif confort ne dure pas.

Prise de poids accélérée

Le but de l'élevage intensif est de produire un animal le plus gros possible en un minimum de temps. La prise de poids, accélérée par les produits chimiques et les antibiotiques contenus dans leur alimentation, provoque diverses maladies chez ces poulets Ils développent des affections cardiaques, ont un foie et des intestins trop gras. Leurs squelettes ne suivent pas ce développement hors-normes. Les pattes notamment souffrent de déformations.

Bagarres


À cinq semaines, entassés les uns sur les autres, ils se battent pour tenter d'arriver aux points de nourrissage et d'abreuvement. Beaucoup ne survivent pas à cette compétition et aux conditions de vie : chaleur, stress, déshydratation, maladies, sous-nutrition (ils ne peuvent pas toujours atteindre les mangeoires). Chaque année, des millions d'oiseaux meurent et se décomposent dans les hangars avant l'abattage.

Litière ammoniaquée


Les hangars ne sont pas nettoyés pendant la durée de l'élevage. Les déjections transforment la litière en une masse solide, humide et remplie de micro-organismes. Vers la fin de leur courte vie, dans une quasi obscurité, incapables de véritablement marcher à cause de la masse des autres, voire de rester debout sur des membres inadaptés, ces poulets gisent sur une litière pleine d'ammoniaque. Il en résulte des "brûlures" à la poitrine et des ulcérations aux pattes.

Capture brutale


Après quelques semaines, ces poulets sont capturés. Des "ramasseurs" saisissent les oiseaux par les pattes et les emportent jusqu'à une cage où ils sont entassés sans ménagement. L'opération se fait à toute vitesse. Les couvercles sont rabattus violemment sur les pattes, les ailes et les cous qui dépassent. De ces manipulations brutales, il résulte de nombreuses fractures et déboîtements d'articulations. Les camions sont surchargés. Des millions de poulets meurent pendant le dernier transport vers l'abattoir. Chocs, stress, chaleur ou froid, suffocation et blessures ont raison d'eux.

A l'abattoir


À l'abattoir, les poulets sont arrachés de leurs cages et leurs pattes positionnées dans des boucles métalliques sur une chaîne automatique, la tête en bas. Ils pendent ainsi quelques minutes, avant d'être étourdis électriquement par une machine pas toujours efficace pour les rendre inconscients. La technique courante consiste à abaisser l'animal pour que sa tête trempe dans un bain d'eau électrifiée. Mais cette méthode n'est pas fiable. Beaucoup d'oiseaux relèvent la tête et ne sont pas étourdis. Et pour éviter des problèmes de coagulation sanguine dans la viande, le courant est souvent trop faible. Beaucoup se réveillent donc au moment où on leur tranche le cou. De surcroît, les couteaux automatiques qui tranchent la gorge sont réglés sur une taille moyenne : les poulets les plus petits les reçoivent dans la tête, les plus gros dans la poitrine. Les morts comme les vivants sont ensuite plumés au moyen d'eau bouillante.

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Ce que vous pouvez faire

N'achetez pas de poulet industriel, ni de sandwiches ou plats préparés au poulet.


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