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Santé
Stupeur des politiques qui ne savaient plus comment concilier
la santé de leurs concitoyens et la santé économique
de leurs agriculteurs. Stupeur des consommateurs à qui
l’on avait soigneusement caché la réalité,
là encore en raison d’intérêts financiers.
Et que leur avait-on dissimulé ? Que l’agriculture
industrielle avait rendu les vaches carnivores.
Alertes
Cela, on le savait depuis 1990. En effet, à cette date,
les premières alertes sont données quant à
la contamination du bétail anglais par l’agent de
l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Comme
il existait des données scientifiques montrant que cette
maladie est très proche de la maladie de Creutzfeldt-Jacob,
et que l’on savait qu’elle pouvait se transmettre
par l’alimentation (notamment grâce aux travaux du
prix Nobel de médecine Stanley Prusiner sur le Kuru), une
première mesure d’embargo est prise par les autres
pays européens. Aussitôt adoptée, aussitôt
abandonnée. Une semaine plus tard, l’interdiction
d’exportation est levée.
Economies
Il aura fallu attendre six ans pour que l’ESB fasse sa première
victime humaine. Six années où l’on s’est
rendu compte que la maladie avait pu se diffuser pour permettre
à l’industrie laitière de faire des économies.
Protéines
Car enfin pourquoi rendre les vaches carnivores ? Pour leur
apporter des protéines qui leur permettront de produire
plus de lait dans les élevages industriels. Car les vaches,
considérées comme des machines à faire du
lait n’ont plus depuis longtemps une alimentation normale.
On leur donne des « compléments »
de farines animales, c'est-à-dire en termes plus crus :
des résidus de l’équarrissage, là où
se retrouvent les cadavres du bétail, mais aussi des animaux
de compagnie.
Température
Pour se prémunir contre d’éventuels risques
d’infections, ces « farines » étaient
portées à haute température. Mais certains
industriels se sont rendus compte qu’ils dépenseraient
moins d’argent à ne pas chauffer si fort. Et c’est
ainsi que tout est parti.
« Rassurer »
Durant les semaines qui ont suivi l’annonce du premier mort
humain, le gouvernement français s’est empressé
de vouloir « rassurer » le consommateur.
Il n’y avait plus de rencontre avec la presse sans que tel
ou tel ministre ne se sente obligé d’avaler force
entrecôtes.
Cependant le consommateur apprenait que dans les préparations
à base de viande pouvaient se trouver des résidus
de cervelle (notamment dans le cas de viandes séparées
mécaniquement qui ont été proscrites en janvier
1997), cervelle potentiellement contaminante.
Interdiction
Il a fallu attendre 2000 pour que les farines animales soient
interdites pour tous les animaux.
Le consommateur que l’on voulait tant « rassurer »
était bercé pendant ce temps par les douces illusions
entretenues par la filière bovine. Ainsi avec l’interdiction
de nourrir les vaches avec ces fameuses farines prise en juillet
1996, il ne devait plus y avoir d’animaux contaminés.
Or, en janvier 2001 est dépisté le premier cas d’animal
né après l’interdiction de ces fameuses farines.
Transfusion
De même, afin de ne pas détourner les acheteurs de
la viande, il leur a été expliqué qu’en
aucun cas le sang ne pouvait être porteur de la maladie,
donc que l’on pouvait manger du muscle, que cela ne risquait
rien. Aux premiers jours de 2004, un cas d’ESB humaine transmis
par transfusion sanguine était suspecté en Angleterre.
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