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Quand les vaches deviennent carnivores
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Lorsque le 20 mars 1996 le ministre anglais de la Santé a reconnu devant le Parlement qu’une personne était morte de la forme humaine de la maladie de la vache folle, il venait de plonger le monde dans la stupeur.

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Santé

Stupeur des politiques qui ne savaient plus comment concilier la santé de leurs concitoyens et la santé économique de leurs agriculteurs. Stupeur des consommateurs à qui l’on avait soigneusement caché la réalité, là encore en raison d’intérêts financiers. Et que leur avait-on dissimulé ? Que l’agriculture industrielle avait rendu les vaches carnivores.

Alertes


Cela, on le savait depuis 1990. En effet, à cette date, les premières alertes sont données quant à la contamination du bétail anglais par l’agent de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Comme il existait des données scientifiques montrant que cette maladie est très proche de la maladie de Creutzfeldt-Jacob, et que l’on savait qu’elle pouvait se transmettre par l’alimentation (notamment grâce aux travaux du prix Nobel de médecine Stanley Prusiner sur le Kuru), une première mesure d’embargo est prise par les autres pays européens. Aussitôt adoptée, aussitôt abandonnée. Une semaine plus tard, l’interdiction d’exportation est levée.

Economies


Il aura fallu attendre six ans pour que l’ESB fasse sa première victime humaine. Six années où l’on s’est rendu compte que la maladie avait pu se diffuser pour permettre à l’industrie laitière de faire des économies.

Protéines


Car enfin pourquoi rendre les vaches carnivores ? Pour leur apporter des protéines qui leur permettront de produire plus de lait dans les élevages industriels. Car les vaches, considérées comme des machines à faire du lait n’ont plus depuis longtemps une alimentation normale. On leur donne des « compléments » de farines animales, c'est-à-dire en termes plus crus : des résidus de l’équarrissage, là où se retrouvent les cadavres du bétail, mais aussi des animaux de compagnie.

Température


Pour se prémunir contre d’éventuels risques d’infections, ces « farines » étaient portées à haute température. Mais certains industriels se sont rendus compte qu’ils dépenseraient moins d’argent à ne pas chauffer si fort. Et c’est ainsi que tout est parti.

« Rassurer »


Durant les semaines qui ont suivi l’annonce du premier mort humain, le gouvernement français s’est empressé de vouloir « rassurer » le consommateur. Il n’y avait plus de rencontre avec la presse sans que tel ou tel ministre ne se sente obligé d’avaler force entrecôtes.

Cependant le consommateur apprenait que dans les préparations à base de viande pouvaient se trouver des résidus de cervelle (notamment dans le cas de viandes séparées mécaniquement qui ont été proscrites en janvier 1997), cervelle potentiellement contaminante.

Interdiction


Il a fallu attendre 2000 pour que les farines animales soient interdites pour tous les animaux.
Le consommateur que l’on voulait tant « rassurer » était bercé pendant ce temps par les douces illusions entretenues par la filière bovine. Ainsi avec l’interdiction de nourrir les vaches avec ces fameuses farines prise en juillet 1996, il ne devait plus y avoir d’animaux contaminés. Or, en janvier 2001 est dépisté le premier cas d’animal né après l’interdiction de ces fameuses farines.

Transfusion


De même, afin de ne pas détourner les acheteurs de la viande, il leur a été expliqué qu’en aucun cas le sang ne pouvait être porteur de la maladie, donc que l’on pouvait manger du muscle, que cela ne risquait rien. Aux premiers jours de 2004, un cas d’ESB humaine transmis par transfusion sanguine était suspecté en Angleterre.


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