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« Vivre simplement pour que chacun puisse simplement vivre ! ». Gandhi avait déjà tout compris, tout dit dans ces quelques mots rappelés par Marité Morales, vice-présidente de OV et à l’initiative de ce vaste projet, lors de son intervention devant les 400 personnes qui ont répondu à l’appel « Pour des forêts debout ». Réunis sous un grand chapiteau installé dans la ville de Locronan, les enfants des deux écoles de la commune, privée et publique, ont donné le coup d’envoi de cette manifestation en lisant un poème de leur composition. « Quand on ravage au napalm d’énormes superficies - Il n’y a plus de faune ni de flore, plus de vie…» En strophe de deux vers, ils ont égrené la longue liste des dommages causés par l’homme aux forêts de la planète, notamment celles d’Asie et d’Amérique latine.
Plantation d’un arbre, « le chêne du Névet »
En écho aux paroles, justes et percutantes des enfants, il a été procédé à la plantation d’un arbre issu de la forêt sacrée de Névet, un chêne, symbole de la renaissance des forêts. Au son de la harpe celtique du musicien Salomon et des chants d’Albertina Nanchijam Tuwits, Indienne de la communauté Auguarunas d’Amérique du Sud, les enfants ont déposé chacun une pierre au pied de l’arbre constituant le début du cairn sur lequel habitants et touristes, qui visitent la région tout au long de l’année, pourront eux aussi venir déposer, symboliquement, leur engagement en faveur du maintien des forêts debout.

Faire entendre toutes les voix maltraitées de la forêt
Car, comme l’a rappelé Albertina Nanchijam Tuwits, venue témoignée et faire entendre « toutes les voix maltraitées de la forêt », lorsque l’homme détruit la forêt, ce ne sont pas seulement les arbres qui souffrent mais c’est tout l’écosystème qui est mis à mal, y compris les peuples qui y vivaient en harmonie jusqu’à l’arrivée de colons assoiffés par l’argent. Elle a laissé cette supplique à tous ceux qui l’ont écoutée avec attention et intérêt « N'achetez pas nos bois tropicaux, volés sur nos territoires. N'achetez pas les animaux, chassés dans nos forêts, ni leurs vies, ni leur viande, ni leurs peaux. Aidez le commerce solidaire des peuples indigènes d'Amazonie pour qu'ils puissent vivre de la forêt sans la détruire, comme ils l'ont toujours fait. » Les images du peuple des Orangs rimbas diffusées sont venues appuyer son témoignage. Très émouvantes, elles montraient ce peuple chassé, tué par les compagnies forestières qui prennent leurs terres pour les déboiser.
Changement de comportement
Seul un changement de comportement permettra d’enrayer le désastre qui se profile sous nos yeux. Cela passe par l’adoption d’un mode de vie qui aide à la préservation des forêts. «S’interroger à chaque instant dans nos comportements de vie et de consommation, les remettre sainement en question, oser changer face à notre entourage social, s’indigner face à l’insupportable, scruter les étiquettes, les provenances, raisonner nos besoins de consommation…» comme l’a précisé Brigitte Mercier, directrice de One Voice.

De gauche à droite, Chanee (Kalaweit), Hélène Collongues (Ikamaperu),
Albertina Tuwits (Porte-parole des Aguarunas), Sylvain Angerand (Les Amis de la Terre),
Emmanuelle Grundmann (Primatologue), Brigit Mercier (One Voice)
Éducation des générations futures
C’est aussi par l’éducation les générations futures au respect de la planète dans sa globalité que nous pourrons « Tel l’arbre, nous tenir debout face à notre responsabilité devant les enfants... mais avant tout, devenons les modèles solides dont ils ont besoin. Ce n’est pas le discours qui éduque mais le modèle d’être… » a encore souligné Brigitte Mercier. Très attentif, le public était aussi très réceptif et prêt à s’impliquer plus avant en faveur des forêts.
L’avenir… dépend de chacun de nous
Ce qui est plutôt encourageant car l’avenir des forêts dépend aujourd’hui de chacun de nous selon Silas Kpanan’Ayoung Siakor, Lauréat du Prix Goldman pour l’environnement (Afrique, 2006) et directeur du Sustainable Development Institute (Liberia). Présent spirituellement, il a appuyé cette idée dans le message qu’il a fait parvenir « Il est devenu pour moi tout à fait évident que si nous voulons sauver notre planète, les gens ordinaires comme vous et moi doivent prendre le commandement dans la lutte du genre humain contre le changement climatique. C’est à nous qu’il revient de faire la promotion de petits gestes comme le fait de planter des arbres ou de lutter contre l’exploitation illégale du bois : c’est le seul moyen de sauver la planète.»

De gauche à droite, Muriel Arnal (One Voice), Marcel Ferec (Maire de Locronan),
Manuela Sévère (One Voice), Donatien Laurent (Ethnologue), Marité Morales (One Voice)
Nous remercions vivement Monsieur Marcel Ferec, maire de Locronan,
et le conseil municipal d’avoir participé activement au projet.
Un vrai succès
Cette opération, relayée dans neuf autres villes par les équipes de One Voice et des Amis de la Terre, a remporté un vrai succès et à susciter partout un véritable intérêt. Gageons, comme l’ont si bien exprimé les mots de Silas Kpanan’Ayoung, que cette « oeuvre collective serve d’exemple, et qu’elle soit source d’inspiration pour le reste du genre humain! » Un humain réconcilié avec la nature et, à l’instar des Celtes, conscient de la nécessité de préserver l’équilibre fragile de l’interdépendance des choses et des êtres.
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