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Rendus volontairement malades
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Développer un foie "gras" par gavage est en soi une maladie. Elle est appelée techniquement une stéatose hépatique nutritionnelle, processus pathologique donnant une hépatomégalie (c'est-à-dire un foie énorme) et se transformant en hépatonécrose, mortelle. Les animaux doivent donc être tués avant d'atteindre le stade où la maladie les emporte, stade où le foie peut aussi devenir "friable". Perdant ainsi ses qualités et n'étant alors plus commercialisable, il détermine les dates d'abattage où l'éleveur a le plus de chance d'obtenir une taille optimale avant la mort de l'animal.

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Autres affections

Cette maladie est entourée d'un cortège d'autres, auxquelles il faudrait encore ajouter les maladies aviaires habituelles se développant fréquemment dans les élevages. Les affections hépatiques proprement dites, en plus de l'hépatomégalie, comprennent : les périhépatites (lésions liées à des phénomènes inflammatoires) ; les nécroses (d'origines diverses : infectieuse, toxique et circulatoire) ; des troubles circulatoires associés à une forte hypertension (insuffisance cardiaque ou rénale) ; l'encéphalohépatie (mouvements de cerclage, crises épileptiformes, augmentation de la pression intracrânienne débouchant sur migraines, stupeur, coma et mort) ; l'insuffisance hépatique (troubles fonctionnels divers, associés ou non : anémie, métaboliques, de la circulation, sécrétoires donnant des gastro-entérites, des ictères…). Il s'agit de lésions de stéatonécrose arrivant en fin d'évolution, généralement irréversibles et condamnant l'animal.« Tout ceci prouve qu'il ne s'agit pas là d'un processus normal mais d'un processus pathologique » souligne le docteur vétérinaire Yvan Beck.

Lésions diverses

En plus des atteintes faites au foie lui-même, il y en a beaucoup d'autres, souvent mortelles : lésions provoquées par la pratique du gavage : mal de cou (vers le haut, par introduction trop brutale de l'embuc), mal de jabot (plus bas, perforation de l'œsophage lors du passage de l'embuc, brûlures à cause du maïs trop chaud), asphyxie quand le maïs passe accidentellement dans la trachée, nécroses de fin de gavage, accès de convulsion et mort rapide à la suite de crises d'hypoglycémie (souvent à la suite d'interruption d'alimentation en cours de gavage, le dimanche par exemple !), morts subites par hémorragie hépatique sous l'effet de stress ou de bousculades. Il existe aussi des accidents dus aux mauvaises conditions de détention : blessures aux pattes sur caillebotis.

Infections secondaires


Il existe aussi d'autres maladies induites directement par le gavage, car les modifications du mode et du type d'alimentation constituent un stress énorme pour l'organisme. Les infections secondaires, appelées "germes de sortie", sont donc le tribut à payer pour pousser la productivité : les parasites (verminoses intestinales) ; les champignons ; les infections bactériennes (entérites, maladies respiratoires, choléra). Ces maladies sont traitées par divers médicaments qui, donnés peu de temps avant l'abattage, laissent des résidus chimiques.
Au terme du gavage, les animaux ont presque doublé de poids, leurs muqueuses et leur peau ont pâli, leur plumage est collé par un enduit gras, leur démarche est difficile, leur abdomen est très lourd et leur respiration haletante car les sacs aériens sont compressés, les oiseaux n'ayant pas de diaphragme. Si le gavage continue, les animaux se couchent à bout de force, asphyxiés, pour mourir." thèse du docteur vétérinaire Castets.

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