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Au coeur d'une ferme de renards

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Un militant de l'association américaine de défense des droits des animaux PETA s'est fait discrètement embaucher pendant quatre mois dans un élevage situé dans l'état américain de l'Illinois. Y vivaient des animaux à fourrure, notamment 1500 renards, et il a profité de cet "emploi" pour réaliser une vidéo montrant leur détresse et leur trépas.
La créatrice de mode Stella McCartney avait d'ailleurs soutenu cette action.

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Sans soins

Dans les discours des fourreurs et éleveurs spécialisés, les fermes sont modernes, les cages sont grandes et propres, leurs animaux ne souffrent pas, ne sont ni malades ni blessés, et la mort est douce. Ce n'est pas ce qu'a vu l'enquêteur de PETA. Il a filmé des renards blessés à la patte, à l'oeil infecté ou à l'oreille parasitée qui n'ont pas été soignés jusqu'à leur abattage. Cela parce que leurs maladies n'avaient pas de conséquences sur la qualité de leur pelage.

Cages sales


Il a également été le témoin que les animaux n'étaient pas correctement abreuvés, ce pendant des semaines, les conduisant à s'entre-dévorer pour trouver du liquide. Les ratons-laveurs en étaient réduits à se blottir les uns contre les autres pour tenter de se réchauffer, car ils étaient laissés dans des parcs à l'extérieur en dépit de la neige. D'autres renards étaient devenus fous à force de captivité et étaient agités de mouvements stéréotypiques. Leurs cages étaient d'une saleté repoussante.

Electrocution


L'enquêteur de PETA a aussi filmé la mort des renards par électrocution. Pendant qu'un de ses employés prend l'animal par le cou avec une sorte de perche lasso métallique, l'éleveur lui enfonce une électrode dans l'anus et une autre dans la gueule. Puis il envoie l'électricité : 240 volts. "La plupart du temps, les yeux du renard se ferment tandis que le corps devient rigide. Puis il y a comme un craquement. Parfois des dents cassent et tombent. Souvent l'électrode anale ressort. Quand cela arrive, le renard a des convulsions, se débat et hurle fréquemment" a raconté le cameraman. La mort n'est pas rapide car l'électricité ne passe pas par le cerveau. Il n'y a même pas d'étourdissement et l'animal meurt en fait d'une terrible crise cardiaque progressive.

Douleur


Pour Tom Amlung, docteur vétérinaire : "les animaux ne perdent pas conscience pendant une ou deux minutes. Ce temps semble durer une éternité, et on ne peut qu'imaginer ce que l'animal doit ressentir en expérimentant cette douleur pendant ce temps ; l'électricité parcourt son corps d'un bout à l'autre pendant que la chaleur s'élève à l'endroit des électrodes."

Une fois la mise à mort accomplie, les peaux sont mises d'un côté, les carcasses de l'autre. Elles seront broyées pour être données à manger aux animaux encore captifs.

Poulets de laboratoire


A propos de l'alimentation de ces animaux, l'enquête de PETA a démontré que les poulets destinés à leur consommation ne venaient pas d'élevages traditionnels, mais... d'un laboratoire pharmaceutique. Ils étaient déjà passé par les mains des expérimentateurs. Ces volailles étaient entassées dans des cartons sans espace ni eau. L'investigateur de PETA a vu le fermier mettre les cartons à l'envers sous une bâche dans un coin de la grange, pour qu'ils étouffent petit à petit.

Pendant des heures, ils les a entendu se débattre. Quand le fermier a ouvert les boîtes, tous les poulets n'avaient pas succombé. "Il a forcé les survivants dans le broyeur avec les autres, les pattes en premier, alors qu'ils étaient encore conscients et se débattaient. On pouvait entendre leurs cris par dessus le bruit de la machine. Il souriait parfois quand les protestations finales s'arrêtaient brusquement."

Les MOTS pour le dire

Ce lexique est directement inspiré d'un travail qui a été réalisé, il y a quelques années, par une célèbre militante suisse, Jeanne Marchig, présidente de la Fédération Européenne pour la Nature et les Animaux.

Animaux à fourrure
: prélevés dans la nature, il s'agit de lynx, coyotes, martres, visons sauvages, renards, renards polaires, loups, hermines, opossums, loutres, rats musqués, ragondins, écureuils et de bien d'autres encore. Quand ils proviennent d'élevages, ce sont surtout des renards et des visons.

Piège à collet
: il attrape l'animal par le cou avec un lacet métallique pour l'étrangler, le soulevant parfois du sol en même temps. La mort est rarement immédiate : l'animal peut mettre plusieurs heures ou plusieurs jours à mourir.

Piège noyeur
: il est placé au fond de l'eau pour attraper loutres, castors et rats musqués. La mort n'intervient qu'au bout d'un délai lié à la réserve d'air de l'animal : par exemple un castor peut mettre 20 minutes avant de mourir noyé.

Déchet ou "trash"
: mot utilisé par les trappeurs pour désigner l'animal indésirable. Pour un animal dont la peau est utilisable, deux autres se prennent accidentellement dans le piège. Ce sont des oiseaux, porcs-épics, animaux domestiques, lièvres, etc.

Piège à mâchoires
: le préféré des trappeurs. Dissimulé dans la neige ou sous un peu de terre ou de feuilles mortes, ses deux mâchoires d'acier se referment sur la patte, le museau ou l'abdomen de l'animal qui se débat et agonise pendant des heures, voire des jours. Que les mâchoires soient avec de vraies dents ou caoutchoutées ne change pas énormément de choses à la douleur ou à la panique de l'animal prisonnier.

Amputation ou "Wring off"
: l'animal s'ampute la patte prisonnière pour s'échapper, et tente encore plus de le faire si c'est une femelle qui a des jeunes à nourrir. Des études précises sur plusieurs espèces ont montré que c'est en moyenne le cas pour un sur quatre ! Souvent, on a observé aussi des morceaux de dents aux alentours ou dans l'estomac de l'animal car elles éclatent contre l'acier quand il tente de se libérer.

Élevage en batterie
: les animaux d'origine sauvage sont confinés dans de minuscules cages en fil de fer grillagé.

Électrocution
: introduction d'électrodes dans la gueule et l'anus de l'animal. Souvent effectuée par des "amateurs", elle provoque la paralysie et une extrême douleur car le cœur est placé entre les deux électrodes, mais pas le cerveau.

Gazage
: principalement au moyen de monoxide ou de dioxide de carbone, il provoque de terribles souffrances avant que l'animal ne suffoque.

Nombre d'animaux par manteau
:12 à 15 lynx / 10 à 15 loups ou coyotes / 15 à 20 renards / 60 à 80 visons / 27 à 30 ragondins / 10 à 15 castors / 60 à 100 écureuils.

Indigènes
: On dit parfois qu'il faut laisser subsister le piégeage pour ne pas faire disparaître certaines communautés amérindiennes ou Inuit. Mais en fait, très peu de trappeurs sont indigènes. Ces derniers ne fournissent que 1% des fourrures vendues sur le marché de l'Amérique du Nord.

Extinction
: plusieurs espèces ont déjà été menées au bord de l'extinction par le commerce de la fourrure, notamment les grands félins tachetés (à noter qu'ils sont théoriquement tous protégés désormais). Mais d'autres sont menacées à brève échéance.

Cols et garnitures diverses
: Cinq millions d'animaux (2,3 millions de visons et 2,7 millions de renards, essentiellement d'élevage) se retrouvent dispersés sur des rebords de capuches ou de gants.

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