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Euthanasie
Il s'est penché sur la façon dont ces animaux sont
sacrifiés. Sur ce point, le dossier est d'une clarté
absolue : les procédés employés sont cruels.
«L'euthanasie devrait être menée uniquement
avec des méthodes humainement acceptables», soulignent
les chercheurs. Façon de dire que ce n'est absolument pas
le cas à présent. En effet, les animaux finissent
le plus souvent gazés ou électrocutés. Et
leur mort n'est pas rapide.
Ulcères
Avant de connaître cette triste fin, les animaux doivent
subir des conditions de détention dégradantes. Les
visons, par exemple, souffrent d'ulcères à l'estomac,
tant ils sont stressés. Les comportements aberrants sont
légion. Leurs manifestations varient et peuvent aller jusqu'à
l'automutilation. Pourquoi ? Tout simplement parce que leurs cages
ne sont pas adaptées. Elles sont trop petites. En outre,
« les visons d'élevage apprécient de pouvoir
nager », souligne le rapport. Mais ils n'ont pratiquement
jamais la possibilité de le faire.
Les « éleveurs » ne s'en préoccupent
bien sûr pas et pourtant cela se retourne contre eux. En
effet, les visons connaissent de grandes difficultés de
reproduction. « La mortalité infantile peut atteindre
jusqu'à 30%», note le Comité scientifique
qui estime de 2% à 5%, la mortalité des adultes.
Automutilations
Les renards ne sont pas mieux traités. Eux aussi souffrent
de la privation de toute possibilité d'exercice physique.
Dans leurs cages étroites, point de tunnels dont ils raffolent.
Alors eux aussi s'automutilent. Et surtout, ils manifestent une
peur panique des humains. Là encore, une surmortalité
des petits est constatée. Quant aux chinchillas, entreposés
dans des cages inadaptées, ils se blessent à chaque
fois qu'ils sursautent.
Mesures
Face à cette situation, le Comité scientifique préconise
toute une série de mesures. Si elles étaient appliquées,
concrètement, il n'y aurait plus de ces usines de souffrances.
Ainsi, il est indiqué que « les éleveurs ne
devraient être autorisés à détenir
des animaux que s'ils disposent d'un diplôme sanctionnant
leurs connaissances en matière de gestion de l'espèce,
de bien-être et de biologie». Ils devraient également
tenir à jour un registre mentionnant les maladies rencontrées
dans l'élevage ainsi que la mortalité. Et leurs
installations « devraient être inspectées au
moins une fois par an ».
Le
rapport souligne également que les cages devraient être
entièrement revues afin d'apporter le confort nécessaire
aux animaux. Les scientifiques se sentent aussi obligés
de prodiguer des conseils tels que de soigner les animaux blessés.
Car pour les éleveurs, cela ne va visiblement pas de soi.
Enfin, il est demandé que les animaux ne soient plus prélevés
dans la nature.
Marie SIGAUD |