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Des chiffres inquiétants
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La situation des grands singes est catastrophique. Menacés par la déforestation, les maladies comme Ebola et la consommation croissante de viande de brousse, ils pourraient être rapidement rayés de la carte. Si la situation des orangs-outans est la plus préoccupante, les scientifiques estimant généralement qu’ils pourraient être éteints d’ici à 2010, voire même avant. Les bonobos sont eux aussi en sursis. Quant aux gorilles et aux chimpanzés, vivant le plus souvent dans des zones de conflits, ils payent, comme les hommes, de lourds tributs à des guerres qui tirent le plus souvent leur origine dans des luttes économiques qui les dépassent.

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Des causes multiples d’extinction

Guerre, déforestation sont quelques unes des atteintes qui menacent les grands singes, ainsi que l’a décrit la revue Nature, le 10 avril 2003, dans une étude consacrée aux gorilles et aux chimpanzés.
Les forêts du Gabon et de la République démocratique du Congo abritent 80% de la population mondiale de ces animaux. Entre 1983 et 2000, plus de la moitié d’entre eux a disparu.
Pour expliquer cette situation, Nature avance en première cause la chasse, pratiquée à la faveur de la déforestation de la forêt primaire. Il ne resterait plus que 40% de forêt primaire au Congo et 20% au Gabon. Les braconniers empruntent les routes forestières pour aller chasser les singes.
La deuxième raison de la disparition des singes est le virus Ebola. Cette terrible maladie, qui frappe également l’homme, déclenche des fièvres hémorragiques qui conduisent généralement le malade à la mort. Cette affection est terriblement contagieuse.
Selon Nature, si rien n’est fait la population de gorilles et de chimpanzés devrait chuter de 80% au cours des trente prochaines années.

Bonobos en sursis


Les bonobos payent un lourd tribut à la situation politique explosive qui frappe la république démocratique du Congo. Selon le fonds mondial pour la nature, et en l’absence de données fiables, le nombre de ces singes oscillerait entre 5.400 et 20.000. En 1990, ils étaient 100.000 et 200.000. Ces singes vivent essentiellement dans le bassin du fleuve Congo en République démocratique du Congo, mais leurs espaces naturels sont de plus en plus réduits. Une situation d’autant plus préoccupante que ces singes ne font qu’un seul petit tous les 5 à 6 ans. Une faible démographie qui laisse présager le pire.

Chimpanzés, la peau de chagrin


Encore assez présents en nombre, les chimpanzés voient leurs effectifs fondre cependant comme neige au soleil. C’est ce qui ressort d’études entreprises ou collectées à l’initiative de l’ONU. L’Organisation des Nations Unies, face à la détérioration de la situation des grands singes a créé le Grasp (Great Ape Survival Project) qui vise à tenter de sauver les primates.
Comme pour la plupart des statistiques en la matière, il n’y a pas à proprement parler de recensement. Il s’agit plutôt d’extrapolations, calculées à partir d’observation menées sur le terrain. « Selon deux estimations de ce type réalisées à la fin des années 80, souligne le Grasp, le nombre total des effectifs du chimpanzé commun, P. troglodytes, s'établissait alors entre 145.000 et 230.000 individus. Des études plus récentes font état de moins de 12.000 membres de la sous-espèce occidentale (la population la plus nombreuse est en Côte d'Ivoire), de 80.000 de la sous-espèce centrale et de 13.000 représentants de la sous-espèce orientale. Au total, la population de l'espèce s'établirait à quelque 105.000 individus (à l'exclusion de la sous-espèce du Nigéria-Cameroun, dont l'aire d'habitat est réduite et les effectifs probablement peu nombreux).»
Les chimpanzés se répartissent en Afrique centrale, notamment au Gabon, en République démocratique du Congo et au Cameroun. Ils sont aussi présents, mais en moindre nombre et aussi plus menacés au Ghana, en Guinée-Bissau, au Nigeria, au Burundi et au Rwanda. Enfin, il en subsiste de rares groupes au Sénégal, au Mali, en Guinée équatoriale et au Soudan. Ils ont totalement disparus de la Gambie, du Burkina Faso, du Togo et du Bénin.

Gorilles, le grand flou


Les estimations du nombre de gorilles sont extrêmement floues, en raison de la difficulté de repérer ces groupes et d’extrapoler sur leur nombre. Il en ressort toutefois selon une étude menée en 2001 qu’il n’y aurait plus que 2000 à 3000 individus entre la République démocratique du Congo et le Gabon. Ils étaient encore, semble-t-il entre 9.000 et 17.000 dans les années 1990 et dans les 100.000 au début des années 80. C’est leur consommation comme viande de brousse qui les condamne à l’extermination.
Le Grasp souligne encore que « durant les années 80, on pensait que les gorilles de la région Nigéria-Cameroun (rivière Cross) étaient environ au nombre de 1 500, mais selon une estimation récente, il n'en resterait que 150 à 200. »
Concernant spécifiquement les gorilles des montagnes, une étude publiée au début du mois de janvier 2004 se montre, prudemment, rassurante pour ces animaux qui vivent dans les monts Virunga, en Afrique centrale, une région à cheval sur le Rwanda, l’Ouganda et la République démocratique du Congo.
Menée à l’initiative des équipes de conservateurs du Rwanda, du Congo, de l'Ouganda et du Fonds international Dian Fossey pour la conservation des gorilles, elle fait état de la présence de 380 individus. Un chiffre certes dérisoire pour assurer la pérennité de l’espèce, mais qui montre une progression de 17% en comparaison avec le précédent recensement menée en 1989. Mais il faut savoir que les données précédentes, réalisées avant 1989, donc, montraient une population de plus de 800 membres.

D’ici à 2010, les orangs-outans pourraient disparaître


Au début des années 80, le chiffre estimé des orangs-outans était de 180 000 individus. En 1990, le groupe des spécialistes des primates de la Commission de la sauvegarde des espèces de l'IUCN a estimé qu'il restait encore de 30 000 à 50 000 orangs-outans à l'état sauvage. Ces chiffres sont en diminution constante.
Ainsi, le Grasp fait mention de chiffres indiquant qu’à Sumatra, en 1993, il était mentionné la présence de 9.200 primates, en l’an 2000, il n’y en avait plus que 6.000. A Bornéo, ces singes vivent essentiellement dans le Parc national de Tanjung Puting et le Parc national de Kutai. « Depuis quelques années, des activités forestières illégales y sont menées. Selon des estimations récentes, la population de Tanjung Puting pourrait être tombée à 500 individus, contre 2 000 en 1994. » souligne encore le Grasp.
Les graves incendies de forêt qui ont touché Bornéo au cours des années 90 seraient une des principales causes du déclin de la présence des orangs-outans dont la population a chuté de moitié depuis cette date. Mais ce n’est pas la seule explication.
« En dépit des lois indonésiennes et malaisiennes de protection de l'orang-outang, il est menacé d'extinction car l'agriculture et de l'exploitation forestière détruisent son habitat, souligne le Grasp. Les forêts autour des secteurs protégés sont également de plus en plus dégradées et l'orang-outang est repoussé dans des secteurs trop petits pour supporter des populations viables. Les braconniers chassent également les jeunes, pour le commerce d'animaux vivants alors que la mère est généralement tuée.»
Alors que 80% de son habitat a été détruit, les chercheurs de la "Wild life conservation society" (Société de préservation de la faune) estiment que la majeure partie de la population d'orangs-outangs sauvages mondiale sera éteinte d'ici à moins de dix ans.

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