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Le grande singe, à l’avant garde de la libération animale
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Il y a péril en la demeure des grands singes. Les forêts équatoriales se meurent, leurs hôtes majestueux aussi. Destruction systématique de leur habitat, braconnage, guerre, les pires cauchemars deviennent réalité sous la main de l’homme.

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D’ici dix ans, nos pairs les grands singes disparaîtront totalement de la vie sauvage. Plus qu’un grand pas, l’urgence impose un saut évolutif capable de franchir la «barrière d’espèce» derrière laquelle les humains oppriment impunément des milliards d’animaux chaque jour: obtenir le statut juridique et moral de «personnes» non humaines bénéficiant des droits élémentaires, pour les chimpanzés, bonobos, gorilles et orangs-outans.

Les grands singes anthropoïdes regroupent les humains (Homo sapiens sapiens), les chimpanzés (Pan Troglodytes), les bonobos (Pan Paniscus), les gorilles (Gorilla Gorilla) et les orangs-outans (Pongo Pigmaeus). Nous avons un ancêtre commun qui possédait un bon nombre de chromosomes, encore présents à notre époque, sans modifications apparentes, des millions d’années après. Que nous le voulions ou pas, nous sommes aussi des grands singes anthropoïdes. Et ce sont ceux avec lesquels nous partageons 97 à 99% du patrimoine génétique que nous exterminons. Le «petit pourcentage» restant nous donne le droit de commettre consciemment et impunément ce qui pourrait devenir un des plus grands crimes du xxie siècle. Un crime contre l’identité propre à ce peuple. Un crime contre le patrimoine vivant de la planète. Un crime contre la connaissance de l’histoire de notre origine. Mieux connaître cette histoire pourrait donner plus de sens à notre fin qui n’est certainement pas la domination absolue sur tout le vivant. Il est temps d’opérer un virage à 180°. Nous pouvons encore choisir de modifier ou non le destin tragique de nos plus proches parents. Nous pouvons encore faire en sorte qu’il ne soit pas écrit dans les annales de l’Histoire qu’au XXIème siècle, les grands singes humains anthropoïdes ont exterminé les grands singes non humains.

Un désastre moral

Pourtant, les grands singes non humains sont classés parmi «les espèces en danger». Pourtant de nombreuses personnes et associations dans le monde se mobilisent pour sauver, protéger, réhabiliter les chimpanzés, les bonobos, les gorilles en Afrique et les orangs-outans en Indonésie. Malgré tout cela, les «années sanglantes» dans l’histoire de ce peuple n’en finissent pas d’endeuiller des familles entières de grands singes. On les retrouve encore et encore, à tous les stades de ce «cycle infernal» créé depuis des siècles par l’homme, et recréé chaque jour sur toute la planète. Le cycle qui transforme des êtres vivants, des animaux nés pour être libres, en objets, en chair vivante ou morte à exploiter sans limites, jusqu’au stade ultime pour certains: l’extinction. C’est bien le cas pour les grands singes. Ils sont objets de consommation, vendus comme «viande de brousse» sur la plupart des marchés africains. Ils sont objets de «loisir et culture» dressés, exhibés, captifs à vie dans les cirques et les zoos. Ils sont objets narcissiques, petits orphelins vendus comme animaux de compagnie, pouvant finir, s’ils survivent, enchaînés jusqu’à leur mort. Ils sont encore matériels de recherche, détenus souvent isolés toute leur vie dans les laboratoires. Et pour clore, nous détruisons leurs territoires, nous les exterminons. À n’en pas douter, le grand singe non humain est le symbole encore vivant de la détresse entière du monde animal. Puisse-t-il devenir, grâce à notre engagement sur les années à venir pour les sauver, le symbole vivant de la libération de tous les animaux.

L’ombre du grand prédateur

«Regarder les grands singes mourir à petit feu, c’est assister à notre futur sur une planète qui devient inhospitalière en s’asphyxiant progressivement.» (Biruté Galdikas, Souvenirs d’Eden) Les corps de familles entières de grands singes abattus, mutilés, découpés, dépecés par les mains de l’homme jonchent le sol d’Afrique – le continent mythique où est apparu justement, il y a des millions d’années, le grand singe humain aux côtés de ses frères non humains. Car si les grands singes ne sont pas des humains, les humains sont des grands singes anthropoïdes. Pourquoi l’homme menace-t-il ses plus proches parents? Se sent-il menacé? ou plutôt, craint-il pour sa place arbitraire au centre de la nature? La connaissance de plus en plus fine des grands singes depuis les années 60 lance un défi à la grande muraille dressée entre l’homme et l’animal, entre la culture et la nature. Le processus d’humanisation, pensait-on, s’accomplissait en coupant l’homme de la nature, lui-même devenant ainsi le seul être de culture, et les animaux, des êtres de nature. C’est sur ce gouffre entre «nous» et «eux» que se fonde la suprématie envahissante et destructrice du grand prédateur humain sur le règne animal.

Les trois anges de Leakey

Avec l’apparition des «trois anges», comme elles furent appelées, Jane Goodall, Dian Fossey, Biruté Galdikas, la communauté scientifique a subi un grand séisme. C’est en effet une science de respect, et non de domination que ces femmes, missionnées dans les années 60-70 par Louis Leakey (paléo-anthropologue), ont initié et que bien d’autres chercheurs suivent encore fort heureusement. Louis Leakey, qui a sillonné l’Afrique à la recherche du «chaînon manquant», pensait qu’étudier les grands anthropoïdes dans leur milieu naturel donnerait une idée plus juste de la façon dont nos ancêtres vivaient. Il proposa à Jane Goodall un projet sur les chimpanzés dans la réserve du fleuve Gombe. En une année, Jane gagna la confiance des chimpanzés vivant en liberté. Bousculant les règles scientifiques, elle identifia chaque individu, leur donna un nom au lieu d’un numéro comme il était de coutume. Jane put ainsi définir plus exactement les différentes personnalités des chimpanzés avec lesquelles elle tissait une relation, et tracer leurs biographies. Certaines certitudes sur l’humanité furent ébranlées. Une brume se leva sur les «signes distinctifs» de l’homme. Non seulement les chimpanzés fabriquaient et utilisaient des outils, mais les mères apprenaient à leurs petits à s’en servir. Il existait donc une culture chez les êtres chimpanzés. Le gouffre entre «nous» et «eux» se réduisait. Dian Fossey, qui paya de sa vie pour sauver les gorilles des montagnes sur les monts Virunga en Afrique, et Biruté Galdikas, qui lutte sans relâche pour les orangs-outans en Indonésie, ont considérablement enrichi la connaissance des grands singes, et suscité ainsi plus d’amour et de respect à leur égard.

Le grand singe dérange

Le résultat de nombreuses études menées sur nos plus proches parents, dont celles du grand primatologie, Franz de Waal, permettent de dire maintenant que la technique, la culture, les traditions, l’enseignement, la planification, la coopération, l’altruisme et les rituels de réconciliation font partie de la structure sociale des grands singes. Ils ont conscience d’eux-mêmes, reconnaissent leur image dans un miroir, anticipent le futur, assimilent des structures de langage élaborées, plaisantent et… mentent! Le gouffre est sur le point d’être franchi mais l’opposition sera à la taille du progrès moral que cela constituerait dans la relation de l’Homme à l’Animal. Le spécisme, profondément enraciné dans les mentalités humaines, et des intérêts puissants sont en jeu. Nous avons besoin de toutes nos forces vives, de toutes celles et ceux qui sont capables de passer au-dessus des préjugés et de leurs propres intérêts pour que les êtres chimpanzés, bonobos, gorilles et orangs-outans ne soient plus traités comme des choses ou des instruments au service de l’immoralité humaine, mais comme des personnes dotées de leurs propres destins. Le cours de leurs vies est entre nos mains.

Des orphelins en état de choc, dans une nature dévastée

De tous les grands singes, les orangs-outans sont les plus menacés car ils vivent uniquement dans les forêts primaires humides, en limite de Bornéo et Sumatra. Or, plus de 80% de cet habitat naturel a été détruit. L’action des grandes compagnies qui remplacent la végétation naturelle par des essences commerciales (palmiers, caoutchouc), les feux allumés par les paysans pour des cultures détruisent l’habitat des orangs-outans et leurs principales ressources. Affamés, assoiffés, déshydratés, ils s’aventurent près des habitations humaines. Les paysans les frappent jusqu’à la mort. Les bébés traumatisés sont capturés et vendus. Corruption, exploitation massive des arbres, braconnage rendu facile par les «grandes saignées» creusées jusqu’au cœur des forêts ont décimé la population des orangs-outans. Il ne reste plus qu’environ 20 000 survivants. En Indonésie, en Amazonie, comme en Afrique, la musique des cathédrales végétales est remplacée par les bruits terrifiants des tronçonneuses, des bulldozers, de la dynamite et des armes. Au sang de nos frères se mêle la sève des arbres millénaires, ces arbres d’Afrique et d’Asie qui échouent dans les ports européens (Nantes principalement) devenus des cimetières de centaines d’espèces végétales et animales pour finir en meubles, portes, fenêtres ou en papier toilette. Nous sommes directement responsables du sort des familles de grands singes massacrés, du sort des bébés survivants capturés et vendus, comme viande de luxe ou animaux de zoo. Les bébés grands singes non humains arrachés à leurs mères, assassinées devant leurs yeux, subissent des traumatismes graves. Comme les bébés humains, ils sont très fragiles et ont besoin de l’attention et de la tendresse de leur mère pendant toute leur enfance. De plus, l’enseignement joue un rôle important dans l’acquisition du comportement de l’adulte. Peu d’entre eux survivent à une séparation précoce, à la maltraitance ou à la malnutrition et ils demeurent en état de choc, avec à jamais le feu, le sang et l’ombre terrifiante de l’homme au fond de leurs yeux.

Le même arbre de famille que Washoe

Les grands singes non humains sont conscients d’eux-mêmes. «Ils pensent, donc ils sont» de la même famille que les humains. Une des preuves les plus flagrantes est qu’ils peuvent communiquer avec nous en utilisant un langage humain. Allen et Béatrice Gardner ont appris le langage des signes à une jeune chimpanzé nommée Washoe. Ce fut un succès. Ils ont communiqué avec Washoe qui a appris plus de 350 signes différents et qui peut les assembler sous forme de phrases simples. Quand on lui montre son visage dans un miroir en lui demandant «qui est-ce?» elle répond «moi, Washoe». Plus tard, confiée à Roger et Deborah Fouts, Washoe a non seulement adopté un bébé chimpanzé, mais lui a enseigné le langage qu’elle avait appris. Les gorilles eux aussi peuvent apprendre le langage des signes. Francine Petterson a communiqué avec Koko, un gorille de plaine. Il a un vocabulaire dépassant les 500 signes. Devant un miroir, Koko fait des grimaces ou examine ses dents. Si on lui demande «qu’est-ce qu’un gorille intelligent?», Koko répond «moi». Quand on lui dit «Koko est un idiot», il répond «non, gorille». Chantek, l’orang-outan a lui aussi appris le langage des signes avec Lynn Miles. Lorsqu’on lui donne la photographie d’un gorille montrant son nez, Chantek imite le gorille. Il a donc une image de son propre corps et peut transférer cette image d’un plan à un autre.

La leçon de Vieil Homme

Les grands singes sont capables d’apprendre différents composants du système de communication humain. Ils ont la compréhension d’un vocabulaire étendu de signes, de symboles, de l’anglais parlé. Non seulement ils reproduisent des phrases, mais inventent leurs propres mots. Sans aucun doute, ils sont doués du langage et peuvent donc formuler leurs pensées, leurs émotions, sentiments et besoins, et se référer à des événements passés ou futurs. Jane Goodall et Franz de Waal ont pu observer pendant plusieurs années chez des chimpanzés vivants dans des conditions semi-naturelles le sens de la coopération, de la planification, des comportements volontairement trompeurs qui démontrent la conscience de soi et la conscience de la conscience de l’autre. Ils sont rattachés par des liens sociaux et familiaux très forts qu’ils entretiennent tout au long de leur vie. Ils partagent, s’entraident, apaisent les conflits et sont capables d’altruisme pour d’autres espèces. Jane Goodall raconte l’histoire de «Vieil Homme», un chimpanzé maltraité qui a sauvé la vie à son ami humain, attaqué par des mères chimpanzées qui croyaient leurs bébés en danger. Sans aucun doute, la même sève circule dans les cinq branches du même arbre de famille.

L’arbre ancêtre en danger

• L’humain. De plus en plus nombreux, les humains envahissent les territoires des non-humains, saccagent les sanctuaires naturels comme les forêts et les mers.
• Le chimpanzé, en voie d’extinction. Ils occupent surtout les zones des forêts pluviales, certains sont parvenus à s’adapter à la savane et zones boisées. D’ici dix ans, il risque de disparaître de la vie sauvage. Partageant 99% du patrimoine génétique avec l’homme, il est l’éprouvette vivante privilégiée dans les laboratoires.
• Le bonobo ou chimpanzé nain, en voie d’extinction. Les bonobos occupaient autrefois un vaste territoire en Afrique équatoriale. Ils ne se rencontrent plus que dans une forêt pluviale du Zaïre. Le troisième chimpanzé serait l’homme, d’après Jared Diamond, physiologiste à l’université de Los Angeles.
• Le gorille, en voie d’extinction. Le gorille de montagne, au nombre de 600 individus, survit sur les pentes des volcans du Virunga, et le gorille des plaines, environ 30000 individus dans le monde, survit au Zaïre, Cameroun, Congo, Gabon et Angola.
• L’orang-outan, en voie d’extinction. D’ici 2005 à Sumatra et 2010 à Bornéo, les orangs-outans auront disparu de la vie sauvage.
Avant 1998, les cinq groupes étaient considérés comme une superfamille «Hominoïdea» composée d’une part par la famille Hominidea, réservée aux humains, et Pongidea réservée aux quatre autres grands singes. Aucun critère génétique ne justifiant cette séparation, désormais les cinq groupes font partie de la seule et même famille Hominidea. L’arbre des cinq familles, cet arbre des millions d’années qui plonge ses racines dans les plus grands mystères de la terre, cet «arbre ancêtre» va-t-il, comme ces arbres millénaires, être abattu sauvagement? Des cinq familles, une seule casse l’unité dans la chaîne des vivants et altère la diversité de la biosphère, facteur essentiel de l’évolution. Aurons-nous le courage de devenir des citoyens de la planète, coacteurs de la vie sur cet îlot bleu dans l’univers?

L’ultime passerelle

«L’erreur de toute éthique passée est qu’elle est limitée au comportement de l’homme vis-à-vis de l’homme, mais en réalité la question est de savoir comment il se comporte vis-à-vis du monde et de toute vie qu’il rencontre sur son chemin» (A. Schweitzer, Anthropologie, 1947). Au XVie siècle, l’œuvre de Copernic et de Galilée a provoqué un séisme dans la pensée occidentale de l’époque. La Terre jusque-là au centre de l’univers et créée pour les besoins de l’homme, s’est mise à tourner autour d’un centre plus grand, le soleil. Le géocentrisme enraciné depuis 4000 ans s’est écroulé. Mais ce qui l’accompagnait, à savoir l’anthropocentrisme, est toujours vivace au xxie siècle. L’homme est toujours le centre tout-puissant, autour duquel tournent toutes les autres créatures qu’il exploite à sa guise. La reconnaissance du statut de personnes pour les grands singes peut provoquer une révolution semblable à celle du XVIIIème siècle, ou celle provoquée par la théorie sur l’évolution des espèces de Darwin. Un séisme salutaire capable de déconstruire «l’homocentrisme» responsable du spécisme, pour laisser émerger un centre plus grand, celui de la vie de la biosphère. Les grands singes sont les candidats les plus appropriés à l’obtention de ce statut de «personnes» ayant les mêmes droits fondamentaux que les humains. D’une part, parce qu’il est démontré qu’ils ont conscience d’eux-mêmes. Or, la conscience de soi définit une personne qui est le contraire d’une chose. D’autre part, parce qu’ils sont dans une situation de crise. À ce titre, ils peuvent être l’ultime passerelle vers la reconnaissance de la «personne animale» tant pour les animaux familiers que pour les animaux sauvages. Les animaux ont des droits en fonction de ce qui est permis ou non à l’homme de faire. Mais l’animal n’est toujours pas reconnu dans sa valeur intrinsèque et n’est donc pas sujet de droit. La défense des droits des grands singes donne le souffle nécessaire pour franchir la barrière d’espèce et fonder plus vite l’égalité envers tous les animaux.

LA DéCLARATION SUR LES GRANDS SINGES ANTHROPOIDES

Elle est le fondement du Projet Grands Singes (Great Ape Project) créé par Peter Singer (philosophe, auteur de La Libération animale) et Paola Cavalieri (journaliste). L’idée du projet est d’élargir la communauté éthique de l’homme aux grands singes non humains. Dans la Déclaration, il est demandé d’inclure dans la «Communauté des Égaux» (dont fait déjà partie l’humain) le chimpanzé, le bonobo, le gorille et l’orang-outan, afin qu’ils bénéficient des droits fondamentaux connus, comme : le droit de vivre, la protection de la liberté individuelle et la prohibition de la torture. Le but est de recueillir le maximum de signatures dans le monde afin de les présenter aux Nations unies et d’obtenir une déclaration des Nations unies sur les droits des grands singes. One Voice, avec la campagne des droits des grands singes, contribue à sa diffusion en France. À long terme, avec l’association Great Ape Project, nous travaillerons à établir une législation sur ces trois droits fondamentaux, sans demander d’obligation en retour, comme on le fait déjà pour les enfants. Des protecteurs humains pourraient être nommés, des représentants légaux pour défendre leurs droits dès qu’un acte ou une décision porterait atteinte aux intérêts des grands singes. Enfin, il faudra continuer à travailler pour mettre en place les premiers territoires indépendants des animaux non humains, protégés par un groupe international, afin qu’ils puissent vivre en liberté. Ainsi, tuer un grand singe serait un assassinat, l’expérimenter, une torture. Tous ceux qui sont captifs dans les cirques, les zoos, les laboratoires ou chez des particuliers devraient être libérés et recueillis dans des sanctuaires, soit définitivement, soit provisoirement s’ils peuvent encore être réhabilités à leur milieu naturel. C’est aux côtés des grands singes non humains que l’homme a conquis sa verticalité physique. C’est à leurs côtés, en leur donnant la main, qu’il peut conquérir sa verticalité morale, celle qui remplace en paroles et en actes la domination par l’alliance. Nous avons détruit leur monde. Nous devons le reconstruire. Les sanctuaires sont les premières pierres sur lesquelles nous pouvons continuer de bâtir. La Déclaration sur les grands singes en est le ciment. Signez-la, diffusez-la, faites alliance avec les personnes grands singes.

Marité Moralès

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