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Vietnam : Plus de 200 élevages pour la seule ville d’Hanoï
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L’exploitation des ours pour recueillir leur bile est aussi pratiquée au Vietnam. . Plus de 200 « élevages » privés ont fleuri dans la seule ville d’Hanoi. Il y en aurait même sur des bases militaires.

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Croyance

Comme en Chine, la bile d’ours est censée posséder des vertus curatives. Ces croyances fausses, mais bien enracinées, laissent entendre qu’elle guérirait plus d’une dizaine de maladies ou bien encore que, consommée régulièrement, elle accroîtrait les performances sexuelles des hommes.

Forte d’une telle renommée, la bile d’ours est devenu un produit de luxe en vogue. Pour satisfaire cet engouement, plus de 700 ours sont détenus en captivité dans la capitale, 5000 dans tout le Vietnam. Les éleveurs ne sont pas prêts d’arrêter ces pratiques qui infligent de grandes souffrances aux ours et accélèrent leur disparition.

Extinction

En effet, les ours proviennent de deux races endémiques au Vietnam, Ursus Thibetanus et Ursus Malayanus. Ils ne se reproduisent pas en captivité. Tous deux figurent en annexe 1 sur la liste des animaux menacés d’extinction de la Convention internationale sur le commerce des espèces en danger. Les éleveurs les achètent à des braconniers qui tuent souvent les mères pour capturer les oursons.

Illégalité


En septembre 2002, le gouvernement vietnamien a réagi au déclin des ours en renforçant la loi contre le braconnage et toute exploitation des ours. Malgré ces mesures, les élevages privés sont en expansion et les restaurants servent ouvertement de la bile d’ours. On trouve même des publicités dans les journaux. Ce commerce est très lucratif (une fiole de 2 ml se vend 4 à 8 dollars) et bien protégé. Notre enquêteur a reçu à son hôtel la visite des militaires : photographier les ours est interdit au Vietnam.

Mort lente


Les ours sont confinés dans des cages de 8 m2, le plus souvent dans des bâtiments au fond des jardins. Un élevage comprend 5 à 14 ours. Les procédés d’extraction de la bile sont plus ou moins archaïques, mais tous provoquent des souffrances et une mort lente. La dernière technique en date, avec sa sonde et sa pompe médicinale, est « ultramoderne ».

Pompe

Le prélèvement de la bile peut commencer dès l’âge d’un an. Elle est « pompée » quatre fois par an à l’aide d’une aiguille de 20 cm enfoncée dans la vésicule biliaire. Le vétérinaire qui pratique l’opération sur l’animal drogué, partiellement endormi, perce l’abdomen à plusieurs reprises, sans stérilisation ni désinfection. Les ours ne survivent pas longtemps aux effets dévastateurs de la captivité et de l’extraction de leur bile. Le taux de mortalité est élevé. Les animaux meurent au bout du quatrième prélèvement et partent pour la boucherie. Ce n’est pas perdu pour les éleveurs puisque la viande d’ours rapporte encore plus d’argent que la bile.

Enquête


One Voice va poursuivre son travail d’enquête au Vietnam. Notre objectif est d’abord d’informer, de sensibiliser et de mobiliser l’opinion publique pour encourager le gouvernement vietnamien à faire appliquer la législation existante, et à empêcher la capture des oursons dans la nature.


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