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Sept ans de prison
Les oursons, âgés de trois à cinq semaines
ont été enlevés dans les régions forestières
qui entourent Hubli. Les trafiquants projetaient de les vendre
afin qu’ils deviennent des « ours qui dansent ».
Après leur audition de dimanche, les prévenus ont
été accusés d’infraction à la
loi sur la protection des animaux sauvages. Ils encourent une
peine maximale de sept ans de prison. Les cinq oursons, une femelle
et quatre mâles ont été confiés aux
autorités forestières de Karnataka, qui les ont
remis à leur tour à One Voice et Wildlife SOS afin
qu’ils rejoignent le refuge d’Agra, dans le nord de
l’Inde.
Incisives arrachées
Les ours lippus vivent un peu partout en Inde et bien qu’aucun
recensement officiel n’ait été pratiqué,
One Voice estime leur population entre 5000 à 6000 individus.
A ceux là il faut ajouter le millier d’ours captifs
détenus par les membres de la tribu Kalandar, des nomades
qui les présentent dans les rues. Ces « ours qui
dansent » sont éduqués dès le plus
jeune âge à être obéissants. Leurs incisives
sont arrachées, leurs griffes coupées et une chaîne
ou une corde est passée à travers leur museau afin
de les garder soumis.
Mères tuées
De précédentes enquêtes de Wilflife SOS et
de One Voice ont montré que tous ces ours captifs ont été
prélevés illégalement dans la nature, alors
qu’ils n’étaient âgés que de quelques
semaines. Les chasseurs, qui agissent dans des zones tribales
reculées, localisent les tanières des mères
et attrapent les petits lorsqu’elles partent chercher de
la nourriture. Si d’aventure, elles surprennent les voleurs
et défendent leurs petits, elles sont tuées.
« Vie de misère »
« C’est la seconde année d’affilée
que nous avons infiltré des gangs qui capturent et vendent
des oursons, explique Kartick Satyanarayan qui dirige Wildlife
SOS. Année après année nous tentons de mettre
un terme à un trafic qui a décimé les ours
lippus et conduit ces animaux à une vie de misère.
»
Gros comme un chiot
Un des oursons rescapés, âgé environ de trois
semaines, est à peine plus gros qu’un chiot et suce
constamment les doigts du docteur Kajal Jadav. « Nous n’en
avions jamais vu de si petit auparavant. Il a dû être
capturé seulement quelques jours avant l’intervention
de la police », souligne le docteur Jadav.
Régime adapté
Les nouveaux arrivants ont rejoint les 70 ours déjà
présents dans le sanctuaire des ours d’Agra. La plupart
sont des ours adultes qui ont été rendus par des
Kalandars en échange d’une reconversion professionnelle.
Sept oursons, qui avaient été saisis lors d’opération
de police en janvier 2004 sont maintenant âgés d’un
an et sont aussi forts qu’un homme adulte. Au cours des
quatre prochains mois, les cinq nouveaux arrivants seront nourris
avec un régime à base de lait pour chat, aliment
qui se rapproche le plus du lait d’ourse.
« Mission cruciale »
Les oursons passeront probablement toute leur vie dans le centre,
partageant les enclos avec d’autres ours. Le projet prévoit,
dans les futures années, de les relâcher dans la
nature, dans des parcs protégés. Ces enquêtes
anti-braconnage sont menées dans cinq états de l’Inde.
Elles mobilisent un réseau d’agents qui infiltrent
le milieu des trafiquants. One Voice finance l’ensemble
de ces opérations. « Cette unité anti-braconnage
est en première ligne sur le front de la protection des
animaux sauvages, c’est pourquoi nous la soutenons, indique
Muriel Arnal, sa présidente. Sa mission est cruciale pour
préserver les ours en Inde. » |