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« Terre d’asile » au secours des makis de Mayotte
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Ils sont apparus sur Terre, voici des millions d’années. Survivants de l’évolution, les lémuriens vont-ils résister à la cohabitation avec l’homme ? Pour les makis, descendants des lémuriens de Madagascar qui vivent à Mayotte, une association s’est montée, due à la ténacité de Brigitte Gandon, « Terre d’asile ». Dans l’îlot Bouzi, elle a créé un refuge sanctuaire.

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Arboricoles

Les lémuriens ou prosimiens sont les ancêtres des singes et des hommes. Il y a environ 40 millions d’années, ils ont trouvé sur l’île de Madagascar un sanctuaire idéal. Dans la forêt tropicale humide, les lémuriens, essentiellement arboricoles, ont connu une biodiversité considérable, allant du microcèbe, de la taille d’un pouce, à l’indri, le plus grand (70 cm).

Braconnage


Mais, avec la destruction de leur habitat et le braconnage, certaines espèces ont déjà disparu de la planète. C’est ce qui menace les makis, arrivés avec les hommes, il y a environ 600 ans, sur l’île de Mayotte.

Société matriarcale


Sur cette nouvelle île, les lémuriens sont devenus Lémur Fulvus Mayottensis, une espèce endémique à Mayotte. Les makis forment une société matriarcale, organisée en clans plus ou moins importants. Actifs le jour, mais aussi la nuit, leur vie se déploie dans les arbres : ils cueillent des fruits et des feuilles, jouent, font des séances de toilettage, intimident les clans adverses. Mais leurs conditions de vie se dégradent. Bien que protégés par la Convention de Washington depuis 1975, date à laquelle on comptait 50 000 individus, ils ne sont plus que 10 000.

Déforestation

La démographie humaine a des conséquences destructrices sur l’habitat des animaux. Urbanisation croissante, déforestation, culture sur brûlis mettent en péril la vie sauvage. Les braconniers sévissent aussi. Ils tuent les adultes, qui sont parfois mangés, et s’emparent des petits pour les vendre comme animaux de compagnie, vite maltraités. C’est un traumatisme pour les petits qui ont besoin de rester accrochés pendant trois mois à leur mère et de vivre en groupe pour faire des apprentissages.
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Souffre-douleur

Résultat : la population des makis se fractionne. Chassés de leur territoire, perdus sans leur clan et leur milieu nourricier, des individus errent dans les décharges des villes et des villages. Là, ils deviennent les souffre-douleur des enfants dont le jeu consiste à faire tournoyer les animaux jusqu’à les fracasser contre un arbre. Il n’est pas rare de rencontrer des makis aux doigts ou à la queue sectionnée par des gamins désoeuvrés. Par ailleurs considérés comme des nuisibles, ces animaux sont éliminés.

Espace adapté


Une femme se bat pour les makis. Depuis 1997, avec peu de moyens, sans l’aide de l’État, Brigitte Gandon et ses collaborateurs tentent de sauver les lémuriens. Pour eux, il fallait un espace adapté, loin des habitations. Après plusieurs négociations avec les pouvoirs publics, les premiers lémuriens ont été introduits sur l’îlot Bouzi.
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Education

Brigitte réalise des sauvetages de makis captifs ou accidentés et réussit à les réadapter à la vie sauvage. Terre d’Asile mène des campagnes pour la prévention du braconnage, des actions d’éducation dans les établissements scolaires ainsi que d’information auprès des médias, de la population et des touristes.


Colonie


L’îlot Bouzi, d’une superficie de 84 hectares, est un des derniers endroits préservés à l’état naturel. Terre d’Asile, qui héberge actuellement 350 makis, a fait de cet îlot le sanctuaire des lémuriens. Une centaine d’individus ont été relâchés dans la nature, en groupe, car ils ne survivent pas sans la présence des leurs. Grâce à la vigilance d’un gardien et de Brigitte, 24 h sur 24, les makis ont formé petit à petit une colonie. Avec le soutien de certains scientifiques, cet îlot sera bientôt classé « refuge ». Mais rien n’est gagné. Les braconniers rôdent toujours.

Comportement atypique

Une situation d’autant plus préoccupante que les makis ont beaucoup à nous apprendre sur le comportement des primates. Chez les makis, les conflits de clan ne sont jamais meurtriers. Les femelles pratiquent la limitation des naissances pendant les périodes de saison sèche trop longues. Quand survient la mort d’un des leurs, notamment des dominants, les mâles préparent une place pour déposer le corps et le recouvrent de feuilles. Tout le groupe est là. S’élève alors un cri, bien particulier.

Fruits


Brigitte Gandon a organisé un réseau pour récupérer ou acheter des fruits et les ramener quotidiennement dans l’îlot, qui n’est pas assez nourricier pour les makis. Chaque année, la saison sèche est un problème préoccupant pour elle car les fruits se font rares et chers.

Aides


D’après Brigitte, cette année, les makis seraient morts de faim sans l’aide de One Voice. Notre don de 10 000 euros a permis à Terre d’Asile d’acheter des fruits. Et un don d’urgence (1000 euros) a participé à sauver Yvan, un maki qui avait besoin d’être opéré.
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Association TERRE D’ASILE
BP 1058
Place du Commandant-Passot
97600 Mamoudzou,
Île de Mayotte

Site Internet


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