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Progression
« Chaque fois que la corrida avance, c'est l'humanité
qui recule» écrit le chanteur sur son site Internet.
Que l’on ne vienne pas dire qu’il s’agit là
de la critique d’un artiste qui n’aime pas le Sud-Ouest
! C’est justement parce qu’il défend sa région
qu’il ne veut plus la voir défigurée par des
arènes. Malheureusement chaque année, de nouvelles
villes accueillent des corridas, en dépit des actions en
justice que mènent One Voice et d’autres associations.
Souffrance
La corrida, quoi qu’en pensent les aficionados, est avant
tout une souffrance pour l’animal. L’action se déroule
en trois temps. Le premier tercio est consacré à
l’utilisation de piques. Les blessures sont profondes car
le picador peut enfoncer la pique plusieurs fois dans la plaie.
Si l’arme est appliquée avec force, c’est toute
la croisette d’arrêt – plus de 10 cm de large
– qui pénètre dans la plaie et fait effet
de levier, pouvant aller jusqu’à casser une côte.
Banderilles
Le deuxième tercio voit la mise en œuvre de banderilles.
Les plaies sont moins profondes (de l’ordre de 7cm) mais
les mouvements de l’animal les font bouger les six harpons
dans la chair. Le sang coule en abondance, ce qui affaiblit l’animal
par hémorragies multiples.
Estocade
Puis le tercio de muerte, l’estocade où l’épée
de 85 cm, ne pénètre rarement qu’une seule
fois : le tueur (matador) s’y reprend souvent à plus
de trois ou quatre fois. Le record : 32 coups d’épée
!
Enfin, l'animal est achevé au poignard, la puntilla, servant
à sectionner le bulbe rachidien. Ici, le pire est de 34
coups. Mais les bouchers voient parfois des animaux leur arriver
encore vivants…
Tricheries
Pour faire oublier le sadisme, on le pare d'habits de lumière
sur fond musical. Mais le match est truqué. « Les
tricheries consistent à combattre un animal plus jeune
qu’il ne l’a été annoncé (en
dépit du marquage au fer rouge de l’année
de naissance et de certificats de naissances, souvent falsifiés
par les éleveurs), à le droguer pour le rendre plus
docile, à scier ses cornes (afeitade).» explique
Mireille Didrit, universitaire qui a consacré un des ses
travaux à la tauromachie.
Etourdissement
« D’autres pratiques existent comme la purgation,
l’étourdissement du taureau en le mettant dans une
cage montée sur un axe qu’on tourne, lui jeter des
sacs de sable sur la colonne vertébrale pour la lui écraser
quelques heures avant la corrida, etc. » indique encore
l’auteur.
Faiblesse
« Tout ceci ne fait pas partie des conditions naturelles
de vie des taureaux; c’est éthiquement condamnable
et cela fausse le jeu en mettant le taureau en position de faiblesse,
souligne-t-elle encore. Les illégalités volontairement
pratiquées en combat consistent par exemple à piquer
le museau avec la pointe de la muleta, à planter les banderilles
dans la blessure de la pique; le temps légal pour l’estocade
est très souvent dépassé, il peut atteindre
30 minutes. »
Tendons
On l’a vu, d’autres techniques sont systématiquement
employées - au grand jour - pour rendre le taureau beaucoup
moins dangereux qu’il n’y paraît : les coups
de pique et les banderilles pour l’affaiblir. Perte de sang
et destruction d’une partie des tendons du cou, qui lui
permettent de relever la tête : l’animal est sans
défense.
Maladies
De plus, fréquemment, les taureaux tombent ; ces chutes
ont de nombreuses raisons dont l’alimentation inadaptée
et les maladies. Même la Fédération des sociétés
taurines de France que l’on ne saurait suspecter d’être
le fer de lance de la lutte contre les corridas et qui ne cesse
de brocarder les associations de défense des animaux, est
bien obligée de reconnaître qu’il y a des irrégularités.
Ainsi, elle note : « Afin d'éviter de graves problèmes,
il est aussi impératif aujourd'hui de prévoir un
contrôle vétérinaire très strict afin
de ne pas amener de bétail malade dans les arènes
». Dans les tracts qu’elle distribue au public des
arènes, elle invite les spectateurs à vérifier
l’état des cornes : « des cornes visiblement
raccourcies, qui éclatent en pinceau ou qui saignent imposent
une expertise » souligne-t-elle. Autrement dit, même
les partisans des corridas reconnaissent qu’il existe des
tricheries.
Les
arguments des aficionados
Mourir dans l’arène est le plus beau sort que puisse
connaître le taureau
Le taureau souffre lors de sa mort lente dans l’arène.
Les sentiments de prétendue noblesse et d’orgueil
lui sont étrangers.
Le torero est l‘égal de l’animal devant
la mort
Statistiquement faux : un torero tué pour 33000 taureaux.
Dire comme on l’entend parfois « le taureau à
ses chances » est une absurdité. Il n’a aucune
chance. Le torero prend juste le risque très mesuré
d’un pour 33000 de se faire tuer. Par comparaison le risque
de ne pas se réveiller d’une anesthésie générale
est de un pour 8000.
De surcroît, à la différence du taureau qui
découvre l’arène et ses bruits pour la première
fois, l’homme a l’habitude et s’est maintes
fois entraîné.
Les taureaux sont faits pour le combat. Ils l’aiment
et le recherchent
Ils sont sélectionnés pour leur allure. Mais leur
combativité prétendue est en fait un réflexe
de peur.
Ce
que vous pouvez faire
Bien
sûr, ne pas vous rendre dans une corrida ! En outre,
comme toute une économie tourne autour de la corrida,
n’allez pas dans les villes organisatrices, préférez
ces jolies villes du Sud qui refusent d’offrir la
cruauté en spectacle.
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