-
Manifestation violente
Le vote a été obtenu dans une atmosphère
de tension peu commune. Non seulement une manifestation de «
pro-chasse » réunissant environ 8000 personnes devant
le Parlement a rapidement dégénéré,
mais cinq chasseurs, dont Ottis Ferry, le fils du leader de Roxy
Music, Bryan Ferry, ont réussi à pénétrer
à l’intérieur de l’assemblée.
Gouvernement déterminé
En dépit de ce tapage, la chasse à cour au renard
a été mise aux oubliettes de l’histoire par
356 voix en faveur de son abrogation contre 166 pour son maintien.
Par trois fois dans le passé, le même texte a été
repoussé par la chambre des Lords, alors qu’il avait
été adopté par le Parlement. Mais cette fois-ci,
le gouvernement anglais a décidé de mettre tout
son poids dans la balance. Il est prêt à user d’une
procédure dite « Parliament Act » qui permet
de passer outre la décision des Lords. Une procédure
rarissime puisqu’elle n’a été employée
que trois fois depuis 1949.
Conservateurs embarrassés
Mais il n’est pas certain qu’il soit obligé
d’aller jusqu’à cette extrémité.
En effet, le texte prévoit l’entrée en vigueur
de l’interdiction à compter de juillet 2006. Si les
Lords votent contre et que le « Parliament Act » est
imposé, l’arrêt de la chasse débuterait
à compter du mois de novembre 2004. Les Conservateurs,
majoritaires dans la Chambre haute sont donc confrontés
à un délicat dilemme : mécontenter leur électorat
en adoptant le texte, ce qui conduit à laisser un répit
aux chasseur tout de même ou bien afficher leur hostilité
mais précipiter la suppression de la chasse.
Large majorité
En dépit des protestations des partisans de la chasse à
courre, qui défendent cette pratique d’un autre âge
(elle a été importée vers 1660, par imitation
de la cour du roi de France) au nom de la tradition et de la ruralité,
les Anglais y sont largement hostiles. Les sondages montre que
près de 80% des britanniques ne veulent plus voir les renards
massacrés.
« Désobéissance civile »
Les chasseurs ne comptent cependant pas demeurer l’arme
au pied. Les plus radicaux en appellent déjà à
la « désobéissance civile » tandis que
la « Countryside Alliance », l’association de
défense de la chasse parle déjà d’intenter
un recours auprès de la Cour européenne des droits
de l'homme.
|