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Des enfants dans l’arène
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Tout s’apprend, tuer les taureaux aussi. Il existe donc des écoles spécialisées dans la plupart des pays taurins, la France y compris. Il existe au moins cinq écoles dans notre pays.

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Dès 10 ans

L’école taurine d’Arles, par exemple y admet les enfants dès 10 ans. A l’âge de 16 ans les apprentis tuent leur premier taureau. Un autre centre de formation près de Nîmes n’hésite pas à investir les établissements scolaires, comme le rapporte le Midi Libre du 19 avril 1997.

Classe pratique


"Si tu ne vas pas au Centre français de tauromachie, le CFT ira à toi. Telle est la logique de l’école de Rodilhan qui a constaté combien les passionnés de corridas étaient curieux de découvrir les jeunes talents de demain comme les méthodes d’enseignement de la tauromachie » indique le journal. « Et si les arènes de Rodilhan font portes ouvertes tous les après-midi, le CFT, pour toucher encore plus d’aficionados, se propose d’organiser, dans chaque commune du Gard ou de l’Hérault qui le désirerait, une classe pratique. »

Emplois dangereux


En France, la loi interdit aux adolescents de moins de 16 ans de se produire dans des corridas. Ce au titre du code du travail qui dans son article L.211-11 précise qu’il est interdit « A toute personne de faire exécuter par des enfants de moins de seize ans des tours de force périlleux ou des exercices de dislocation, ou de leur confier des emplois dangereux pour leur vie, leur santé ou leur moralité. »

Interdit


Mais certains tentent de braver l’interdit. Ainsi le cas d’Andy Cartagena dont on ne sait s’il est né le 31 janvier 1980 ou 1981. Or, cela a son importance étant donné qu’il participait à des corridas en France en 1996. Alors 15 an sou 16 ans.

Lutte juridique


Claire Starozinski, présidente de l’Alliance pour la Suppression des Corridas explique : « Après 18 mois de lutte juridique, nous avons enfin vu nos démarches aboutir in extremis. En premier lieu, l’information judiciaire demandée à plusieurs reprises afin de vérifier l’âge du jeune torero Andy Cartagena fut ouverte à Nîmes par le parquet, avant la féria 1996. Le procureur exigea des organisateurs les documents attestant de l’âge de l’enfant. À la dernière minute, le procureur décida de lui interdire l’entrée des arènes ».

Emoi


Malgré cela, il a participé à d’autres corridas au cours de cet été, même si en raison de l’émoi que suscitait la présence de cet adolescent, quatre de ses apparitions ont finalement été déprogrammées.

Experts


Dans le «Que sais-je ?» n°518, consacré à la corrida, sont cités deux experts qui s’insurgent contre la pratique de la corrida par les plus jeunes, mais aussi le fait d’emmener des enfants assister à la mise à mort des taureaux. Les enfants ont, en effet, du mal à juguler leur violence, c’est d’ailleurs ce en quoi sert l’éducation : à canaliser ces pulsions. “Comment, dès lors, accepter, voire favoriser, tout ce qui exalte cette violence, cette lutte sanguinaire ?” s’interroge le professeur Duché, neuropsychiatre.

Compassion


« Dans une collectivité humaine digne de ce nom, nous parents, devons tout mettre en œuvre afin de permettre à nos enfants d’accéder à leur pleine maturité affective, intellectuelle et morale. Un aspect fondamental de cette visée éthique, c’est la compassion envers tout être vivant qui souffre” souligne pour sa part le professeur Karli, biologiste, spécialiste de la violence. Pour l’instant, dans les arènes, on en est encore loin.

 

Les Européens sont contre

Les Européens ne veulent pas des corridas. La fondation suisse Franz Weber a commandé un sondage à la SOFRES. Il en ressort que les opposants sont majoritaires dans les pays de l’Union interrogés, que des corridas y soient organisées ou non.
C’est ainsi que 73% des Français et 49% des Espagnols (contre 38% pour et 13% de sans opinion) se déclarent contre la corrida. En Allemagne, 93% sont contre, en Suisse 82% et en Belgique 81%.
L’enquête a été menée par téléphone entre le 23 octobre et le 1er novembre 2003 auprès d’échantillons de 1 000 personnes représentatifs des populations nationales âgée de 15 ans et plus.

 

70% des bêtes ne sont pas aptes

Dans un rapport sur « le rôle et l’impact de la filière taurine » en Languedoc-Roussillon, remis au conseil régional en 1997, il est écrit à propos des courses de taureaux : « Le but principal des élevages de taureaux braves et des taureaux camarguais reste - nous l'avons dit - le spectacle taurin. Mais il faut savoir que 60 % à 70 % des bêtes dans un élevage ne sont pas aptes à la course. C'est pourquoi l'abattage d'une partie du troupeau, chaque année, est essentiel à l'équilibre financier des élevages, et tout simplement à leur survie.
« C'est ainsi que, tous les ans, le manadier renouvelle son troupeau à 50 %, 30 à 60 animaux par manade, soit 3000 bovidés au total, sont tués, chaque année, dans deux abattoirs (abattoir Roux et Salazar de Tarascon, et dans celui de Nîmes). Leur production globale est de 600 tonnes de carcasses par an (200 kg pour un boeuf et 150 kg pour une vache). »

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