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Le film des corridas privées de Franquevaux
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Les corridas privées donnent lieu à des débordements. Témoin, une vidéo réalisée par une membre de la FLAC (Fédération de liaison anti corrida), à Franquevaux, petite bourgade du département du Gard, le 15 juin 1995. Elle a été assortie d’un constat d’huissier.

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Cheval

Voici ce que l’on y découvre. 150 personnes environ, parmi lesquelles des enfants de moins de 10 ans qui vont assister à la corrida. Le premier taureau entre : passes de capes pendant quelques minutes, ensuite vient le picador sur un cheval.

Capes


Le taureau hésite à charger, puis se décide : le cheval accuse le choc en dépit des deux épaisseurs de caparaçon. Puis vient la mise à mort. Le matador plante son épée dans le premier taureau jusqu’à la garde, mais trop horizontalement : aucun organe vital n’est touché et il reste vigoureux. Trois personnes l’excitent avec des capes. Il s’adosse au mur de l’arène pour tenter de faire face, puis s’affaisse.

Poignard


Un homme s’approche pour lui planter un poignard à l’arrière du crâne, ce qui doit l’achever, mais il rate une première fois, retire l’arme mal plantée et la replonge. Le taureau qui était à genoux se redresse à moitié, puis se recouche. Un autre individu arrache l’épée du dos de l’animal effondré mais toujours bien vivant. Le matador qui se tenait à côté pour planter son couteau frappe une troisième fois. Il ne réussit qu’au quatrième essai : l’animal semble touché au cervelet et s’effondre en tendant convulsivement les pattes.

« Tant pis ! »


Est-il vraiment mort ? Le matador n’attend pas. Il a à découper la première oreille, alors que les membres de l’animal bougent encore. La voix d’un très jeune enfant, qui demandait depuis quelque temps : “Quand est-ce qu’il meurt ?”, s’exclame : “Tant pis pour le taureau !”

« Il saigne de partout »


L’estocade du deuxième taureau est plus réussie. Les spectateurs, connaisseurs, disent : “Il va tomber très vite, il saigne de partout.” Après avoir longuement vomi son sang, il s’effondre effectivement au bout de 55 secondes, puis un peon le charcute à la puntilla (le poignard du coup de grâce, à planter dans la nuque) pendant 6 ou 7 secondes.

Estocades


Au troisième taureau, le premier essai d’estocade est complètement raté, l’épée frappant de la pointe mais sans pénétrer profondément - c’est ce qu’on appelle pinchazo, “piqûre”. Puis à l’estocade suivante, l’épée plonge en biais et ressort par le côté gauche, la pointe dépassant du flanc d’une quinzaine de centimètres. Une quarantaine de secondes plus tard, on la retire et on continue à toréer l’animal qui ne veut toujours pas s’effondrer. Alors on recommence une nouvelle estocade, de nouveau ratée car l’épée ne plonge qu’à moitié.

Hémorragie

Le taureau se réfugie près du mur tandis qu’on tente de le faire bouger de tous côtés pour accélérer l’hémorragie. Puis l’épée est retirée et on agite de nouveau les capes en tous sens. Le matador plante encore son épée dans l’animal titubant.

Fillette

Au quatrième taureau, une fillette dit : “Est-ce qu’on va manger du taureau, Tatie ?”. Un autre matador plante l’épée, puis la bête essaie d’éviter les hommes en faisant presque tout le tour de la piste. L’épée est retirée, puis on tente de l’exciter encore un peu avant le coup de grâce, lequel tarde à venir. Le taureau s’agenouille alors. Un peon s’avance avec sa puntilla, pique maladroitement une première fois, l’enfonce davantage à la suivante. Sous le coup de la douleur, le taureau se relève.

Tentatives avortées

Il tente de fuir. Hésitations, tentatives avortées, ça dure terriblement. Le matador frappe à la nuque mais rate une nouvelle fois son coup. Le taureau charge faiblement en mugissant de façon lamentable. Frappé à la nuque de nouveau, il s’effondre. Mais il semble encore vivant et ne se couche vraiment qu’après plusieurs autres coups de puntilla.

Juge et aficionado

A la suite de ce témoignage, la FLAC a porté plainte. Elle a perdu le procès dont le président du tribunal était le juge Gilbert Azibert.
Ce magistrat déclarait au Midi Libre du 16 septembre 1995 (le lendemain du procès), parlant d’une autre corrida, qu’il l’avait trouvé “moyenne”: “J’ai quand même passé un bon moment. Vous savez, la corrida comprend des déceptions mais aussi de grandes satisfactions. Nous sommes, nous autres aficionados, toujours à la recherche de la corrida idéale.".


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