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Un arrêt de la Cour d’appel lourd de conséquences
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La Haute-Garonne est elle aussi tombée sous le joug des promoteurs de spectacles tauromachiques. C’est ainsi qu’à Rieumes, mais aussi à Fenouillet, à quelques kilomètres de Toulouse, se sont tenues des corridas en 2002 et 2003. Ce, en raison d’une décision de justice qui est très favorable à la tauromachie.

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Sécurité

A Rieumes, l’affaire s’est déroulée en deux temps. Dans un premier temps, les associations de défense des animaux, dont One Voice, avaient obtenu l’interdiction de la tenue d’une corrida dans cette ville de Haute-Garonne, notamment en raison de problèmes de sécurité.

Echec

Une seconde procédure était également engagée pour obtenir l’interdiction de toute tenue de corrida dans cette ville. Cette démarche s’est soldée par un échec. Le 3 avril 2000, la cour d’Appel de Toulouse rendait l’arrêt suivant : « Il ne saurait être contesté que dans le midi de la France entre le pays d'Arles et le pays basque, entre garrigue et méditerranée, entre Pyrénées et Garonne, en Provence, Languedoc, Catalogne, Gascogne, Landes et Pays Basque existe une forte tradition taurine qui se manifeste par l'organisation de spectacles complets de corridas de manière régulière dans les grandes places bénéficiant de structures adaptées permanentes et de manière plus épisodique dans les petites places à l'occasion notamment de fêtes locales ou votives. »

Tradition

La Cour indiquait aussi « La seule absence ou la disparition d'arènes en dur qui peut résulter de circonstances diverses ne peut donc être considérée comme la preuve évidente d'une tradition qui se manifeste aussi par la vie de clubs taurins locaux, l'organisation de manifestations artistiques et culturelles autour de la corrida et le déplacement organisé ou non des "aficionados" vers les places actives voisines ou plus éloignées. Le maintien de la tradition doit s'apprécier dans un cadre démographique. ”

Sens large

Cela signifie que la justice estime que, dans la notion de « tradition locale ininterrompue » qui permet de déroger à la loi sur les actes de cruauté envers les animaux, le caractère « local » ne se mesure pas au simple échelon de la commune, mais à celui de la région au sens large.
Par ailleurs, le terme « ininterrompu » est interprété de façon très large lui aussi. Il suffit d’un club d’aficionados pour que la tradition perdure.

Lobby

Dans ces affaires, il faut voir que le lobby des promoteurs de la tauromachie est puissant. La presse locale dispose le plus souvent de rubriques consacrées aux corridas. Les élus locaux sont sensibles à l’argument de promotion touristique lancé par les tenants de la tauromachie. Un peu à la façon dont ils soutiennent les chasseurs, qui sont organisés et font croire à leur poids électoral, les élus ne savent pas souvent résister à des aficionados qui brandissent leurs bulletins de vote et leur influence présumée.
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