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Singes : quand l'éthique l'emporte !


Le 1er janvier 2000 sera un grand jour pour la défense des droits des animaux car le Parlement de Nouvelle-Zélande a voté en octobre une loi applicable en début de ce prochain siècle et selon laquelle les grands singes anthropoïdes (chimpanzés, bonobos, gorilles, orangs-outans) ne pourront plus être expérimentés. C’est une première mondiale! Le texte ne prévoit qu’une seule dérogation possible : dans le cas où de rares tests présenteraient davantage d’intérêts que de souffrances pour aider les anthropoïdes eux-mêmes – pas les humains !

C’est une belle retombée du "Great Ape Project", le projet en faveur des grands singes visant à établir une "communauté des égaux". L’idée de grands défenseurs des droits des animaux, dont le célèbre Peter Singer (auteur de l’ouvrage de référence, La Libération animale), est de repousser les limites de l’humanité pour que l’Homo sapiens sapiens (nous!) ne soit plus seulement tourné vers lui-même, pour qu’il étende le cercle de sa compassion. Bravo à eux et merci à tous les hommes et femmes politiques de Nouvelle-Zélande qui ont rendu ce progrès possible. Première marche sur l’escalier menant à l’abolition de la vivisection, c’est là aussi une façon de repousser les limites de l’humanité, cette fois-ci au sens noble (et encore trop rare) du terme. Et si on faisait la même chose en France? Alors, monsieur Allègre, un peu d’humanité ?

Chasse : rencontres !

Au Muséum d’histoire naturelle, une rencontre était organisée sur le thème de la chasse par les JNE (Journalistes et écrivains pour la nature et l’écologie) le 17 septembre. On y voyait les responsables des deux camps, mais les débats ne furent pas trop houleux en dépit des évidentes divergences.

La mauvaise foi de certains présidents de fédération était criante, et leurs "bons mots" très douteux : l’un n’a pas hésité à déclarer que "les environnementalistes, il faut leur mettre du plomb dans la tête !".

Heureusement, l’attitude des responsables syndicaux des gardes nationaux faisait plaisir à voir, l’un d’entre eux dénonçant vigoureusement les multiples abus des chasseurs, à l’encontre de la faune mais aussi de leurs propres collègues. Menaces, intimidations, insultes, voire coups – et même la prise en otage de quinze d’entre eux qui tentaient de faire respecter la loi en Ardèche, au col de l’Escrinet, un passage connu d’oiseaux migrateurs où les amis des oiseaux sont interdits aussi !

Le nouveau "monsieur chasse" nommé par le Gouvernement, François Patriat, député PS de la Côte-d’Or et vice-président d’une fédération de chasse, était là aussi. Stéphane Charpentier en a profité pour discuter un peu avec lui, lui remettre notre nouveau tract "chasse" et lui faire part de diverses revendications, lui signalant aussi qu’il faut distinguer les "écologistes" et les tenants de la cause animale, même s’il y a des personnes en commun de part et d’autre. Toutefois monsieur Patriat semblait déjà avoir des idées bien arrêtées – nous savons maintenant lesquelles et vous en reparlerons.

Stéphane Charpentier

P. S. : voici un court extrait de L’Atlas de l’environnement dans le monde, de Joni Seager, datant d’avril 1993 :

"Le commerce de la faune [sauvage] ou de sous-produits dérivés représente une industrie de 5 milliards de dollars qui met en péril les espèces et les écosystèmes en général." À vous de calculer ce que ça représente en nombre de vies, de souffrances…



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