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avec Zoé


Aller plus loin


Quand l'éthique l'emporte (hiver 1999)

La forêt peau de chagrin (été 1998)

La viande de brousse (automne 1997)

Le paraître et le néant (hiver 1996)

 

Animaux exotiques chez soi : 28 millions de captifs


Qu’il s’agisse de commerce ou de trafic d’animaux sauvages, de nombreux particuliers contribuent à appauvrir la planète en faisant des malheureux. L’engouement pour ces nouveaux animaux de compagnie fragiles fait une multitude de victimes innocentes – lors des captures, des transports, dans les boutiques ou à la maison. Découvrez pourquoi cette mode doit cesser.

Des déracinés

Même s’ils ne sont pas capturés dans la nature, les animaux exotiques supportent mal la captivité. Les impératifs biologiques et leurs besoins comportementaux sont ignorés des acheteurs et méprisés par les marchands – le commerce mondial de faune sauvage représente au moins 5 milliards de dollars par an !

Comme s’il était possible de faire vivre correctement un serpent entre quelques vitres, un perroquet sur un perchoir ou un fauve dans une cage. Ces animaux ne recherchent pas la compagnie de l’homme : elle leur est imposée et ils s’en accommodent plus ou moins mal. On ne peut que faire survivre les rescapés.

Les oiseaux

Le "traficommerce" pour des particuliers, des spécialistes ou des éleveurs (qui ont besoin de "sang neuf") met en danger la survie de nombreuses espèces.

Par exemple, les perroquets gris du Gabon sont fréquemment vendus avec de faux papiers attestant qu’ils viennent d’élevages, après leur capture en Afrique où leur population se réduit considérablement. Et il n’y a pas qu’eux…

Poissons exotiques

Combien d’aquariophiles savent que des dizaines de millions de poissons meurent chaque année dans ce négoce ? Les poissons de mer sont très difficiles ou impossibles à élever. Les techniques de capture font frémir : on déverse un toxique qui tue les plus proches (et beaucoup d’autres animaux marins) et paralyse les autres qui sont alors récoltés. Beaucoup ne s’en remettent jamais, voilà pourquoi ils meurent si vite dans leur bel aquarium !

Les collectionneurs

La collectionnite n’est pas répréhensible quand il s’agit de timbres, mais elle est scandaleuse quand elle contribue à faire disparaître des espèces et qu’elle réduit des êtres sensibles à l’état d’objet.

Les risques : accidents, maladies

Si certains mordent ou griffent, nombre d’animaux sauvages véhiculent des maladies : psittacose chez les perroquets, rage chez des mammifères, variole et tuberculose chez les singes… Pour soi, pour les voisins quand ils s’échappent, ils peuvent constituer un réel danger.

Les animaleries

En boutique, il n’existe aucune norme légale pour les cages des animaux sauvages. Seul le "bizness" compte. Il y a bien des façons de faire croire qu’un animal se sentira bien chez vous – y compris en vous attendrissant par ses conditions de vie médiocres en magasin! Certaines espèces protégées par la CITES (Convention de Washington sur le commerce des espèces menacées) sont parfois vendues illégalement.

En collaboration avec le refuge de l’Arche (53200 Château Gontier), One Voice a effectué de nombreux sauvetages, mais ne peut pas, hélas, tout récupérer. C’est pourquoi il faut arrêter le flot en informant le public.

Conclusion

La nature a horreur des forêts vides ; les animaux ont horreur des cages pleines! Même si une espèce n’est pas menacée (souvent vous n’en savez rien), vous devez comprendre qu’il est impossible de rendre heureuses des créatures qui ne sont pas faites pour vivre dans une maison ou un jardin.

Nous vous demandons de ne pas les considérer en tant qu’espèces, mais comme des individus. Ce sont des êtres vivants et sensibles, pas des objets décoratifs ni des faire-valoir. Aimer les animaux, c’est les aimer pour eux, non pour l’image qu’ils peuvent donner.

Ce que vous pouvez faire :

• N’achetez pas d’animaux sauvages : les chiens et les chats sont nos compagnons depuis des millénaires – pas les perroquets, ni les fennecs, ni les iguanes!

• N’en ramenez pas (même morts) de l’étranger : ni bébés singes attendrissants, ni ivoire, ni tableaux en ailes des papillons !

• Informez vos amis pour qu’ils agissent de même, expliquez-leur pourquoi vous réprouvez leur bel aquarium, tout autant que leurs mygales : s’ils ont des prisonniers, il faut que ce soit les derniers !

• Écrivez au ministère de l’Environnement (avenue de Ségur 75007 Paris) pour demander l’interdiction de la détention des singes par des particuliers.

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