Rechercher
un document
avec Zoé


Aller plus loin


Expérimentation animale : des chiffres

Animaux transgéniques

Produits chimiques : difficile à avaler 

Le plus gros fournisseur de chiens de laboratoire
(hiver 2000)

Xénogreffes: 
du plomb dans l'aile
(hiver 2000)

1ère fermeture d'une animalerie de laboratoire
(automne 2000)

Investigation de Onevoice dans un laboratoire français
(automne 2000)

Des labos pas nets
( automne 2000)

DL 50 : victory !
(hiver 1999)

Tests comportementaux : dissonances
(hiver 1999)

Procter & Gamble, vous connaissez ?
(automne 1998)

 

 

Le plus gros fournisseur de chiens de laboratoire en France

Dans Animaction n°19, vous aviez appris l’existence du plus gros fournisseur de chiens de laboratoire en France, Michel Carré et sa société CEDS, dont le gros chenil très discret est situé à Mézilles, non loin d’Auxerre (Yonne). Voici le deuxième épisode.

En savoir plus

Nous avons poursuivi nos investigations et tenté de rencontrer le patron, mais il a refusé. Il a très vite fait entourer sa propriété de films plastique, mais nous avions déjà pris beaucoup de clichés exceptionnels et poignants dont certains sont présentés ici. On y voit notamment des employés au travail, lavant au jet, empoignant des chiens, les testant (peut-être pour les chaleurs des reproductrices ou des prélèvements sanguins), ou les enfournant dans des caisses grillagées à l’arrière d’un camion – pour quelle sombre destination? Félicitations à nos enquêteurs pour leur travail difficile: prendre des photos correctes au téléobjectif, se camoufler dans la végétation (parfois à moins de 8 mètres d’un animalier!), et surtout, rester calme et ne pas intervenir ni hurler, alors que les chiots partent sous leurs yeux pour la vivisection.

Après un survol du site en ULM, nous avons commandé des photos aériennesà l’IGN, Institut géographique national, pour des vérifications. One Voice tient sa promesse: mettre tout en œuvre pour lutter en faveur des animaux.

Plainte en justice

Toujours aidés de notre formidable avocate, Maître Fabienne Filpi, nous préparons une action judiciaire selon trois axes. Nous ne les dévoilons que brièvement ici, ayant appris de sa bouche que M. Carré reçoit une copie de notre journal ! C’est le GEFA, Groupement des éleveurs et fournisseurs d’animaleries (de laboratoire), qui a pris un abonnement – bien sûr au nom d’un particulier que nous ne connaissons pas – et qui fait circuler des copies auprès de ses membres. Précisons au passage que le syndicat des fourreurs fait sensiblement de même, de l’aveu d’un de ses responsables. Manifestement, One Voice dérange et nous en sommes très heureux – bonne lecture, messieurs!

1. Les chiens sont 4 à 5 fois trop nombreux au vu de la superficie occupée par les divers bâtiments; cette densité inacceptable favorise les bagarres. Il existe pourtant un texte législatif sur les conditions de garde, d’élevage et de parcage des animaux (Arrêté du 25 octobre 1982) qui dit : "Pour les chiens de chenil, l’enclos doit être approprié à la taille de l’animal, mais en aucun cas cet enclos ne doit avoir une surface inférieure à 5 m2 par chien et sa clôture ne devra pas avoir une hauteur inférieure à 2 m. Il doit comporter une zone ombragée."

Dans un mémoire juridique détaillé, One Voice (alors nommée Talis) avait déjà utilisé ce texte avec succès lors de la lutte contre le projet Marshall Farms à Montbeugny (voir Animaction nos13 et 14). Mais M. Carré avance le même argument que ses collègues: il existe des normes largement inférieures pour les chiens destinés aux laboratoires. Oui, c’est exact, hélas !, mais pas quand ils sont dans les élevages, fût-ce pour des labos. Ou il va falloir nous expliquer le raisonnement pervers qui les pénaliserait par rapport à tous les autres chiens, avant même de connaître l’enfer! Ou alors est-ce, comme le laissait entendre sans rire les gens de Marshall Farms, pour que les chiens s’habituent aux dures conditions des expériences ?

2. Il y a eu et il y a encore des nuisances environnementales, et les textes sur les installations classées ne semblent pas avoir toujours été correctement respectés. Nous sommes d’ailleurs en liaison avec une firme possédant toutes les forêts environnantes et qui envisage également de déposer plainte contre la société CEDS, mais au niveau civil alors que One Voice attaque au pénal.

3. Il existe un laboratoire sur place, très discret lui aussi, mais sans doute non prévu dans les autorisations.

Voici les premières passes d’armes dans la longue lutte qui oppose One Voice à cette société commerciale, et à tous leurs homologues et clients. Nous voulons l’abolition de la vivisection et elle passe par la disparition de certains symboles, pas seulement dans l’Yonne. À bientôt pour la suite, One Voice aura prochainement besoin de vous sur le terrain: Mézilles va vraiment devenir un village connu!

 

Retour en haut