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39 chiens adoptés "contre bons soins"... et mangés !


Dans le Lot-et-Garonne, non loin d'Agen, les protecteurs des animaux essayaient de "coincer" Jean-Louis Lacoste depuis 1982 ! Alertée en avril 1999 par une de nos correspondantes, One Voice a persévéré 10 mois pour sauver les chiens adoptés par cet homme soupçonné de les manger…

Les investigations terminées, la dynamique avocate de One Voice, maître Fabienne Filpi, porte plainte en demandant
1 franc symbolique de dommages et intérêts. M. Lacoste n'est pas solvable et, de toutes façons, c'est le sauvetage de ses animaux qui intéresse One Voice. Il y a mauvais traitements et défaut d'installation classée.

Aucune norme n'est respectée dans la fermette délabrée de Caubon-Saint-Sauveur. Un arrêté préfectoral de 1980 va nous servir: pas d'écoulement d'eau, pas de surfaces protégeant les chiens du sol humide, ni niches ni boxes, seulement de courtes chaînes attachées à des piquets. Jean-Louis Lacoste n'a fait qu'une vague amélioration récente : des petits enclos formés de palettes en bois et quelques abris en matériaux divers... De plus, très peu de nourriture et pas toujours d'eau disponible : lors de notre intervention, nous ne verrons que des seaux vides et des os rongés ! Il déclare faire de l'élevage ou du gardiennage. À la vue de ses animaux, il est impossible d'y croire...

Premier procès

Le 11 janvier, à Marmande, l'affaire est jugée au tribunal de police - ça n'est juridiquement qu'une contravention, même pas un délit. L'un de nos inspecteurs est présent pour mieux plaider le dossier et emporter la décision. Malgré tout, nous ne pouvons pas prouver nos certitudes : des chiens mangés! C'est presque de notoriété publique dans le voisinage, mais on craint les représailles. Personne n'ose venir à la barre pour parler des peaux de chiens parfois jetées à la poubelle.
Auprès d'un voisin, M. Lacoste a pourtant reconnu consommer des chiens (voir p. 5) ! Hélas, ces faits ne sont pas évoqués.
Le jour même, M. Lacoste est déclaré coupable et One Voice se voit confier le retrait des chiens par le juge. Mais l'individu fait appel, ce qui suspend tout. Alors nous agissons en urgence, nous fondant sur une lettre de la DSV du 2 décembre parvenue le 4, qui lui donne deux mois pour se mettre en conformité vis à vis des textes sur les installations classées.

One Voice programme son intervention pour le 4 février, 2 mois plus tard. Les choses ne sont pas simples car il faut un procès-verbal pour constater le non-respect et la petite brigade de gendarmerie de Sainte-Bazeille manque de gendarmes !
Après des péripéties de dernière minute qui nous donnent des sueurs froides - les chiens d'une maigreur inimaginable ne sont presque pas nourris depuis janvier et il faut aller vite -, les choses s'arrangent grâce à ces trois corps administratifs que One Voice remercie vivement: le parquet, la gendarmerie et la DSV du 47, sans oublier les militants locaux.

L'opération

Le 4 février, en présence de nombreux journalistes, il a fallu plusieurs heures à l'équipe de One Voice pour récupérer les
39 chiens. Chacun est photographié et répertorié par les gendarmes, puis installé dans les camions - avec un calmant : ils sont si stressés ! Ils sont accueillis le soir au refuge de la SPA de Brive, en Corrèze, dont les responsables bénévoles sont les parents de Muriel Arnal.

Une vétérinaire fait une inspection générale et vaccine les chiens dès le lendemain. L'un d'eux est tellement squelettique qu'il doit être placé sous perfusion. Mais le succès est là, presque inespéré : petits et gros, jeunes et vieux, tous sont sauvés !
One Voice remercie M. et Mme Arnal, Francis, Pierre et toute l'équipe du refuge, pour leur dévouement.

Comment M. Lacoste récupérait ses chiens

Impossible de prouver nos suspicions de trafic. En revanche, One Voice a eu confirmation que M. Lacoste obtenait ses animaux de façon légale, en répondant aux annonces du genre "donne contre bons soins".
Mme B. avait souhaité se défaire de Vickie, croisée épagneul qui appartenait à sa mère décédée. Elle a placé une annonce. Jean-Louis Lacoste lui a téléphoné en pleurant sur la perte récente de sa chienne de compagnie (!!!) et s'est vu confier Vickie et ses papiers 8 jours avant notre intervention. Prévenue par nos soins, puis en lisant la presse, Mme B. s'est rendue compte que Vickie avait eu de la chance ! One Voice et la SPA de Brive ont reçu de nombreux appels de gens dont les animaux avaient été volés. Mais hélas, il n'y a pas eu de retrouvailles heureuses cette fois-ci, Monsieur Lacoste se savait surveillé…

Retombées et suites

Cette affaire a passionné les médias : reportages de France 3, articles dans Sud-Ouest, La Dépêche du Midi, La Montagne, radios locales… Tous ont lancé des appels pour aider à trouver des familles. Dès le 10 février, 22 chiens étaient déjà placés.
Ceci a aussi permis à One Voice de faire passer des messages forts. Non sur la consommation de viande de chiens, exceptionnelle en métropole, mais sur la responsabilité de chacun face à la surpopulation animale. C'est si facile de laisser reproduire ses animaux et de s'en débarrasser par petites annonces, sans rien vérifier... Certains revendeurs d'animaux de laboratoires n'ont pas besoin de les faire voler: on leur donne !

Un appel

Après ces mois de travail dans la plus grande discrétion, et d'incertitudes quant au sort des chiens, l'équipe de One Voice, encouragée par ce succès, continue son action. Elle a encore du pain sur la planche. C'est pourquoi nous lançons un appel. Cette récupération a pu être financée par la tombola de l'année dernière et les dons. Pour multiplier nos capacités d'opérations similaires (lutte contre les trafics et sauvetages), qui nécessitent du temps, des jours d'enquêtes, de surveillance, partout en France, One Voice a besoin de moyens. Merci beaucoup de nous aider à sauver les suivants.



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