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Le "chiot business"


Avant même l’affaire City-Zoo, One Voice avait commencé à enquêter sur d’énormes scandales inconnus des protecteurs. Ces investigations sont en cours et vont durer des mois.

Dans une série d’articles à paraître, nous vous présenterons le plus gros importateur de chiens français (nous tentons actuellement de faire cesser sa sordide entreprise – pour défendre les animaux, écrire des articles ne suffit pas !), et nous vous raconterons le combat de votre  association pour faire fermer le plus grand chenil de l’Hexagone. En attendant ces révélations, voici la problématique globale.

 

Une manne financière

En France, au moins 12 millions de ménages possèdent un animal de compagnie – un peu plus d’un sur deux (54% exactement). En 1999, sans les tortues et autres reptiles, 57,6 millions d’animaux de compagnie se répartissaient comme suit (taux de possession en pourcentage des ménages de l’Hexagone) : 10,2 M. de chiens (34,5%), 8,5 M. de chats (26,5%), 5 M. d’oiseaux (5%), 32 M. de poissons (8%), 2 M. de rongeurs (5%). Ne vous étonnez pas d’obtenir plus de 54% en refaisant le total : on peut avoir plusieurs animaux différents chez soi !

Tout cela représente entre 28 et 30 milliards de francs dépensés annuellement par les Français pour les acheter, les nourrir, les soigner et leur fournir des accessoires, des jouets ou des cages. Dans un premier temps, par souci d’efficacité, One Voice va se pencher uniquement sur le commerce des chiens, et plus particulièrement sur la fourniture de chiots aux animaleries, ainsi qu’à quelques grandes surfaces et salons de toilettage.

Lutter contre les vraies causes de la surpopulation

Tenter depuis des lustres de résoudre le problème des abandons (estimés à au moins 100 000 par an – et donc presque autant d’euthanasies) n’est pas forcément efficace. La preuve, les abandons continuent année après année. Les protecteurs connaissent les problèmes inhérents à la surpopulation canine. Mais pour tarir durablement ce marché de la misère, il faut frapper à la source.

Nous estimons le taux de renouvellement des chiens (dont la population est globalement stable, environ 10 millions) à un dixième, ce qui correspond à leur durée de vie moyenne de 10 ans : un chien sur dix meurt chaque année, d’accident, de maladie ou de vieillesse. De nombreux spécialistes confirment nos dires : environ un million de chiens trouvent une famille chaque année par un des trois biais classiques : production des particuliers, adoption dans un refuge, achat. Mais il naît de 1 600 000 à 1 700 000 chiots par an en France… Et le surplus est évidemment tué.

Qui produit ?

Il est toutefois difficile d’estimer les provenances, réparties entre productions "familiales" et dons aux amis, adoptions et ventes - très majoritaires. Ces ventes proviennent de particuliers (occasionnels ou éleveurs clandestins), d’éleveurs réguliers (souvent membres de clubs de race, il y en a de toutes tailles, du meilleur au pire !) et d’animaleries - là aussi petites ou grandes, et plus ou moins fréquentables. Signalons au passage des cas particuliers de toiletteurs, voire de vétérinaires qui font aussi du commerce.

En matière de commerce de chiens, One Voice cherche des chiffres permettant de mieux savoir combien viennent soit d’éleveurs répertoriés, soit de particuliers plus ou moins clandestins et véreux, soit de structures quasi industrielles. Vos éventuelles connaissances dans ce domaine nous intéressent.

En effet, nous souhaitons avant tout se pencher sur cette production "industrielle" de chiots pour le commerce – pas pour les laboratoires, bien que… Dans ce cadre, nous enquêtons actuellement sur de grandes firmes, dans le but de dénoncer ce scandaleux marché du chien et de faire fermer ces sordides usines à chiots.

La discrétion, leur première arme

Par-delà les différences, il existe d’évidents points communs dans ces dossiers. L’un d’eux est la discrétion entourant ces sites. Le projet City-Zoo a été exposé dans la presse, mais il a failli se faire en catimini : pas de réel affichage de l’enquête publique, et des publications légales microscopiques dans L’Avenir agricole du Vivarais, que tout le monde lit !

Pour vivre heureux et s’engraisser sur le dos des animaux, surtout quand on est en infraction avec la loi, vivons cachés. C’est pourquoi nous vous demandons d’exercer votre vigilance et de prévenir One Voice si vous avez des informations liées à des affaires semblables. Et si vous pouvez aider plus régulièrement, pas seulement financièrement, One Voice a besoin d’inspecteurs bénévoles spécialisés.

En ce qui concerne le problème de fond, le dépliant "Ne l’achetez pas, adoptez-le", premier outil de notre campagne, est à votre disposition. Diffusez-le pour que chacun comprenne nos combats et perçoive sa responsabilité dans le succès de certaines animaleries. Un commerce qui entraîne la souffrance, voire la mort de très nombreux chiens. Merci d’agir.

Le laboratoire pour les moins chanceux ?

Une interrogation générale demeure: parmi les centaines de milliers de chiens à vendre, n’y en a-t-il pas aussi pour les laboratoires ? One Voice travaille actuellement sur ce thème, mais avec de grandes difficultés car nous manquons de moyens pour nos investigations. Il est clair qu’un bon nombre de chiens ne sont pas vendables au public: rachitiques ou souffreteux, parfois avec des malformations trop apparentes pour tromper les clients les plus naïfs – ceux que les éleveurs appellent avec délicatesse "les culots de portée".

Nous savons que de tels chiens finissent souvent comme "confiture" dans des laboratoires – ça, c’est un terme de trafiquant. Ou dans les facultés pour que des étudiants se fassent la main, souvent en chirurgie expérimentale. Précisons toutefois que ce n’est pas un délit au sens "vol-recel": c’est légal si l’animal transite par un pourvoyeur agréé de laboratoires ou par un fournisseur occasionnel, car la loi de 1987 est une vraie passoire. Mais nous aimerions beaucoup apporter les preuves de ce genre de trafic…



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