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Les dessous de l'élevage des animaux à fourrure


Nous vous disions dans l’éditorial d’Animaction N°10 que nous avions l’intention de communiquer davantage sur la fourrure, et notamment par le biais de nouvelles images. Ce fut fait plus tôt que prévu, et avec le précieux concours de Stella McCartney, styliste de mode chez Chloé, fille de Paul et Linda McCartney - à laquelle nous rendions un dernier hommage dans ce même journal.

Un militant de l’association américaine de défense des droits des animaux PETA s’est fait discrétement embaucher pendant quatre mois dans un élevage situé dans l’état américain de l’Illinois - nous vous en avions déjà touché quelques mots dans notre N°8, mais nous faisons quelques redites ici pour tous ceux, notamment de la LAF-DAM, qui ne l’avaient pas lu alors. Y vivaient des animaux à fourrure, notamment 1500 renards, et il a profité de cet "emploi" pour réaliser une vidéo - réduite à 6 minutes - montrant leur détresse et leur trépas. Le tiers d’une année pour filmer des horreurs et porter témoignage - la chose la plus importante qui soit et que nous vous demandons de faire à votre tour.

Nous avons dupliqué cette cassette à plus de 300 exemplaires pour l’envoyer aux journalistes et aux professionnels de la mode utilisant encore de la fourrure, et cet envoi massif a été fait de Paris par nos soins à la demande de PETA et de Stella. En plus d’un mot personnel de Stella McCartney, il y avait aussi, pour leur ouvrir les yeux, un document d’aide à la compréhension avec la traduction du commentaire de Stella - nous le publions ci-dessous.

Dans les discours des fourreurs et éleveurs spécialisés, les fermes sont modernes, les cages sont grandes et propres, leurs animaux ne souffrent pas, ne sont ni malades ni blessés, et la mort est douce. Jugez-en donc avec ces descriptions.

Un monde de cages

Séquence 1 : Dans chacune de ces sordides cages, depuis la naissance, un ou plusieurs renards attendent la mort. Et elle arrive en moyenne au bout de 8 à 9 mois.

Séquence 2 : L’animal ici filmé a l’os de sa patte à nu, sans doute à la suite d’une blessure ou d’une bagarre. Mais il n’a pas reçu le moindre soin pendant les quatre mois de présence de l’investigateur.

Séquence 3 : Ce renard (photo page 14) a l’œil fermé à la suite d’une infection, elle aussi non traitée. C’est considéré comme sans importance si ça n’affecte pas la qualité du pelage, et cet animal a aussi été électrocuté à la période prévue.

Séquence 4 : Celui-ci ne peut pas tenir sa tête droite à cause d’une grave infection auriculaire.

Séquence 5 : Celui-ci est trop faible pour pouvoir se tenir normalement.

Séquence 6 : Celui-ci a dévoré son compagnon de cage, dont on voit les restes au fond sur le sol de grillage. Il est précisé que, dans cette ferme, il arrivait que les renards ne soient pas abreuvés pendant 5 semaines. Ils ne pouvaient donc trouver de liquide que dans leurs aliments solides.

Séquence 7 : Encore un qui souffre d’une sévère infection oculaire.

Séquence 8 : De même que des cerfs un peu plus loin, ces ratons-laveurs, par contre, sont maintenus en captivité pour que l’éleveur recueille leur urine. Elle lui rapporte aussi de l’argent car elle est revendue aux chasseurs pour camoufler leur odeur quand ils sont à l’affût d’un autre innocent. On voit aussi les restes d’un raton-laveur cannibalisé par ses congénères.

Séquence 9 : D’autres ratons-laveurs partiellement couverts de neige se blottissent les uns contre les autres car l’éleveur n’a fourni aucune protection contre les rigueurs de l’hiver, aucune niche intérieure.

Séquence 10 : Ce renard est mort au bout de plusieurs jours d’agonie : il n’a été ni soigné ni euthanasié (photo page 13 en arrière plan de Stella).

Séquence 11 : "Chaque jour, l’éleveur ignore des scènes de ce genre : un renard et son compagnon de cage qui vient de mourir." Précisons quand même que la fourrure est récupérée sur le cadavre si elle semble encore utilisable.

Séquence 12 : Parcourant continuellement sa cage, ce renard est devenu fou à force de captivité - ce qu’on appelle des mouvements stéréotypiques. Il est précisé que ni eux ni leur descendance (quand ce sont des reproducteurs) ne pourront jamais connaître la liberté, ou même la sensation de la terre sous leurs pattes, pourtant fort inadaptées aux fils de fer.

Séquence 13 : Là aussi, le stress de cet animal s’est tranformé en démence : ce n’est plus seulement un mouvement perpétuel, c’est une agitation frénétique qui en dit long sur ces atroces conditions de vie anti-naturelles.

Séquence 14 : Les cages de fil de fer sont non seulement minuscules (taille habituelle d’une cage pour deux : 60 cm de large sur 105 cm de long avec une hauteur de 60 cm - mais nous ne savons pas si c’est le cas ici) mais d’une saleté repoussante : paquets de poils, débris alimentaires, excréments…

Séquence 15 : Puisque c’est clairement déplorable sur le plan de l’hygiène, il en résulte des irritations de la peau qui amènent les renards à se gratter fréquemment.

Séquence 16 : Ce renard a les yeux qui coulent à la suite d’une infection, laquelle n’a rien de surprenant dans ces conditions. Lui aussi fait constamment des mouvements de va et vient d’un bout à l’autre de sa bien étroite cage.

Séquence 17 : La frustration due au confinement peut se noter d’une autre façon : une sorte de balancement latéral permanent.

Séquence 18 et suivantes : Ici commencent les scènes noir et blanc réalisées en caméra cachée. Elles représentent la mort des renards par électrocution, passant d’abord devant les cadavres de leurs congénères déjà exécutés. Une mort qui ne se fait pas "humainement" par injection de barbituriques : l’équivalent de deux francs est considéré comme "trop cher" par l’éleveur. Pendant qu’un de ses employés prend l’animal par le cou avec une sorte de perche-lasso métallique, il lui enfonce une électrode dans l’anus et une autre dans la gueule. Puis il envoie l’électricité : 240 volts. Vous pensez sans doute que c’est douloureux mais bref, voire immédiat. Erreur - voici ce qu’en dit l’investigateur de Peta :

"La plupart du temps, les yeux du renard se ferment tandis que le corps devient rigide. Puis il y a comme un craquement… et parfois des dents cassent et tombent… Souvent l’électrode anale ressort.* Quand cela arrive, le renard a des convulsions, se débat et hurle fréquemment." (*C’est le cas avec les deux scènes montrées ici.)

La mort n’est pas rapide car l’électricité ne passe pas par le cerveau. Il n’y a même pas d’étourdissement et l’animal meurt en fait d’une terrible crise cardiaque progressive. Écoutons Tom Amlung, protecteur local et docteur vétérinaire :

"Les animaux ne perdent pas conscience pendant une ou deux minutes. Ce temps semble durer une éternité, et on ne peut qu’imaginer ce que l’animal doit ressentir en expérimentant cette douleur pendant ce temps; l’électricité parcourt son corps d’un bout à l’autre pendant que la chaleur s’élève à l’endroit des électrodes."

Dernière séquence : Les peaux sont mises d’un côté, les carcasses de l’autre, mais la dernière touche d’horreur, c’est qu’elles seront broyées pour être données à manger aux victimes suivantes, parfois leurs jeunes. Et en général, pour leur nourriture, on franchit encore un degré dans l’abominable – scènes non filmées. Contrairement à l’habitude voulant une origine d’élevage industriel, les poulets qui arrivent par milliers sont issus d’un gros laboratoire pharmaceutique et ont déjà passé par les mains des expérimentateurs. Ils sont entassés dans des cartons sans espace ni eau. L’investigateur de PETA a vu le fermier mettre les cartons à l’envers sous une grosse bâche dans un coin de la grange, pour qu’ils étouffent petit à petit. Pendant des heures, on les entend se débattre, tentant d’échapper. Quand le fermier ouvre les boîtes, tous n’ont pas suffoqué et certains survivent encore. Qu’importe.

"Il a forcé les survivants dans le broyeur avec les autres, les pattes en premier, alors qu’ils étaient encore conscients et se débattaient. On pouvait entendre leurs cris par dessus le bruit de la machine. Il souriait parfois quand les protestations finales s’arrêtaient brusquement."

Comme le dit Stella McCartney en conclusion : "Il n’y a rien qui soit à la mode avec la fourrure." Ne croyez donc plus ceux qui disent que les animaux ne sont plus trappés et que l’élevage des renards, visons et autres résoud les problèmes - c’est doublement mensonger. Portez donc témoignage à votre tour : il n’y a pas, il n’y aura jamais de fourrure sans cruauté.

Nous espérons que ce texte vous aura donné envie de vous battre, pas seulement de vomir. La cassette est à la disposition de ceux qui voudraient faire passer le message avec des images irréfutables - vous pouvez nous la commander au prix de 100 francs, port compris.

Nous vous rendrons bientôt compte des résultats de la distribution de cette vidéo et des suites de notre travail avec Stella et l’équipe de PETA.

"Crever de chaud" ? Oui, ça arrive !

Qui se préoccupe de fourrure en pleine chaleur ? Quel rapport entre les deux ? Celui-ci : la misère des animaux dans les cages sales et minuscules des élevages est encore accentuée par la chaleur et la moiteur estivales. Mais justement : personne n’y pense. Sauf nous, une nouvelle fois en collaboration avec PETA. Nous venons de publier un petit tract spécialisé intitulé : L’été, c’est pas des vacances, pour les animaux, dans les "élevages à fourrure"!

Et nous l’avons distribué au mois d’août, au cours d’une tournée de manifestations insolites, à Nice, Lyon, Strasbourg, Lille et Paris, sans oublier Genève et Luxembourg, en pleine canicule, avec des militantes vêtues de fourrures dans des cages. Il faudra attendre le prochain numéro du journal pour découvrir les photos de ces actions.

Vous pouvez toutefois (bulletin en page 32) nous demander notre nouveau document "pendant qu’il y a du soleil" si vous planifiez une distribution, avec ou sans "cages" (n’hésitez pas à vous lancer, mais demandez-nous conseil !). On y trouve ainsi les deux précisions suivantes, pour faire réfléchir tous ceux qui pensent que l’élevage vaut mieux que le trappage !

• Les fourreurs affirment que les animaux d’élevage représentent la majorité des dizaines de millions de bêtes tuées pour leur peau chaque année. Et ils estiment que 10% de ces animaux de cage meurent de chaud. Cela signifie que des centaines de milliers de visons, de renards et d’autres animaux souffriront de nausées et de vomissements avant de mourir d’un coup de chaleur. Les bébés sont les victimes les plus fréquentes car ils peuvent facilement mourir de déshydratation.

• Pourtant payé par l’industrie de la fourrure, un chercheur de l’Orégon dit : "La plupart des hangars à visons sont construits avec des toits non isolés qui peuvent les transformer en fours."

Comme quoi toutes les saisons sont bonnes pour parler du martyre des animaux, à condition de savoir le faire. Et de le vouloir vraiment. À One Voice, on veut très fort la disparition définitive de la fourrure, et on l’aura. Mais seulement avec votre aide.

Première Journée européenne contre la fourrure

Le 24 octobre prochain, nous organiserons la première journée européenne contre la fourrure, avec nos amis d’Europe for Animal Rights (EAR). L’année passée, nous avions lancé la journée nationale contre la fourrure et elle avait été un succès en termes de communication et d’information sur le vrai visage du commerce de la fourrure. Cette fois-ci, les militants de toutes les villes d’Europe sont conviés à nous rejoindre pour prendre part à ces actions. Pour cela, comme pour la journée contre le foie gras, nous vous invitons à contacter Hélène Charassier, secrétaire générale de One Voice et responsable des campagnes fourrure et foie gras au siège de l’association : 30, rue du Général Lejeune 67000 Strasbourg - tél/fax : 03 88 41 89 93.

Un lexique pour savoir le B-A BA

On ne redira jamais assez la souffrance des animaux à fourrure. Mais vous devez, pour mieux en parler autour de vous, vous imprégner des principaux termes et chiffres dont nous avons à nous servir pour faire toucher du doigt l’horreur à bien d’autres.

Ce lexique est directement inspiré d’un travail qui a été réalisé, il y a quelques années, par une célèbre militante suisse, madame Jeanne Marchig, présidente de la Fédération Européenne pour la Nature et les Animaux.

Animaux à fourrure

Prélevés dans la nature, il s’agit de lynx, coyotes, martres, visons sauvages, renards, renards polaires, loups, hermines, opossums, loutres, rats musqués, ragondins, écureuils et de bien d’autres encore. Quand ils proviennent d’élevages, ce sont surtout des renards et des visons.

Piège à collet

Il attrape l’animal par le cou avec un lacet métallique pour l’étrangler, le soulevant parfois du sol en même temps. La mort est rarement immédiate : l’animal peut mettre plusieurs heures ou plusieurs jours à mourir.

Piège noyeur

Il est placé au fond de l’eau pour attraper loutres, castors et rats musqués. La mort n’intervient qu’au bout d’un délai lié à la réserve d’air de l’animal : par exemple un castor peut mettre 20 minutes avant de mourir noyé.

Déchet ou "trash"

Mot utilisé par les trappeurs pour désigner l’animal indésirable. Pour un animal dont la peau est utilisable, deux autres se prennent accidentellement dans le piège. Ce sont des oiseaux, porcs-épics, animaux domestiques, lièvres, etc.

Piège à mâchoires

Le préféré des trappeurs. Dissimulé dans la neige ou sous un peu de terre ou de feuilles mortes, ses deux mâchoires d’acier se referment sur la patte, le museau ou l’abdomen de l’animal qui se débat et agonise pendant des heures, voire des jours. Que les mâchoires soient avec de vraies dents ou caoutchoutées ne change pas énormément de choses à la douleur ou à la panique de l’animal prisonnier.

Amputation ou "Wring off"

L’animal s’ampute la patte prisonnière pour s’échapper, et tente encore plus de le faire si c’est une femelle qui a des jeunes à nourrir. Des études précises sur plusieurs espèces ont montré que c’est en moyenne le cas pour un sur quatre ! Souvent, on a observé aussi des morceaux de dents aux alentours ou dans l’estomac de l’animal car elles éclatent contre l’acier quand il tente de se libérer.

Statistiques

Environ 20 millions d’animaux sauvages trouvent chaque année une mort atroce dans des pièges au Canada, aux États-Unis et en Russie, les trois plus gros "producteurs" mondiaux. Environ 33 millions d’animaux d’élevage, dans le monde, sont gazés, électrocutés ou écrasés pour le commerce de la fourrure.

Élevage en batterie

Sortes de camps de concentration où les animaux d’origine sauvage sont confinés dans de minuscules cages en fil de fer grillagé.

Électrocution

Introduction d’électrodes dans la gueule et l’anus de l’animal. Souvent effectuée par des "amateurs", elle provoque la paralysie et une extrême douleur car le cœur est placé entre les deux électrodes, mais pas le cerveau!

Gazage

Principalement au moyen de monoxide ou de dioxide de carbone, il provoque de terribles souffrances avant que l’animal ne suffoque.

Nombre d’animaux par manteau

12 à 15 lynx / 10 à 15 loups ou coyotes / 15 à 20 renards / 60 à 80 visons / 27 à 30 ragondins/ 10 à 15 castors / 60 à 100 écureuils.

Indigènes

On dit parfois qu’il faut laisser subsister le piègeage pour ne pas faire disparaître certaines communautés amérindiennes ou inuit. Mais en fait, très peu de trappeurs sont indigènes. Ces derniers ne fournissent que 1% des fourrures vendues sur le marché de l’Amérique du Nord.

Extinction

Plusieurs espèces ont déjà été menées au bord de l’extinction par le commerce de la fourrure, notamment les grands félins tachetés (à noter qu’ils sont théoriquement tous protégés désormais). Mais d’autres sont menacées à brève échéance…

Cols et garnitures diverses

C’est la forme la plus insidieuse de résurgence de la fourrure car les négociants se sont bien rendu compte que les "grands vêtements" en fourrure ne faisaient plus recette. Ils ont donc mis des petits morceaux un peu partout pour disséminer ce qu’ils ne pouvaient plus écouler autrement, vu le marasme de la profession. Ce sont ainsi cinq millions de vies animales (2,3 millions de visons et 2,7 millions de renards, essentiellement d’élevage) qui se retrouvent dispersées sur des rebords de capuches ou de gants sans que la plupart des consommateurs ne s’en rendent compte. En effet, cela n’est pas très cher et souvent teint de couleurs vives!

Avec One Voice, faisons vite passer ces messages pour que cet odieux commerce arrive enfin à son terme. Un nouveau tract est à votre disposition pour vous faciliter la tâche cet automne, alors la balle est dans votre camp !



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