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Affaire Duprat : la suite (printemps 2001)

En avant-première, One Voice vous avait révélé les dessous du scandale des importations de chiots en provenance des pays de l’Est. Et nous avions donné un coup de projecteur particulier sur Francis Duprat, premier «courtier» en chiots du territoire. Voici la suite de nos actions contre ce «maquignon canin»… et ses collègues.
Pour son arrestation, le 21 novembre, nous étions sur place à l’arrivée de la gendarmerie et de la presse à la Maison de l’Éleveur (l’événement a eu une très bonne couverture médiatique). Dans le cadre d’une commission rogatoire, Francis Duprat fut donc emmené en garde à vue pendant 48h, mais auparavant, voyant les gendarmes dans son entreprise, il avait eu le temps de prévenir le camion que nous attendions en provenance des pays de l’Est. Les gendarmes ont perquisitionné son entreprise et interrogé ses employés.

Aussitôt, One Voice a envoyé une télécopie au juge d’instruction, Jean-Luc Gadaud, à Angoulême afin de demander la garde des chiots et chatons déjà chez Francis Duprat ou arrivant des pays de l’Est. Nous avions loué des camions et tout préparé pour accueillir ces si jeunes animaux. Après deux jours de négociations et d’attente, 21 chiots furent confiés à One Voice. Ils avaient à peine six semaines et faisaient partie du chargement du camion arrivé à Montespan le mardi soir après au moins trois jours de voyage. Le refuge SPA de Brive les a accueillis, soignés et confiés à des familles, avec notre aide.

21 rescapés de l’horreur

Nos tout petits protégés n’avaient pour la plupart pas encore leurs dents de lait. Ils étaient assoiffés et affamés – on ne leur avait donné que des croquettes pendant leur si long voyage! –, certains avaient du mal à respirer. Mellie, petite Shi Zu, pesait 1,2kg et toussait beaucoup. Elle avait une pneumonie. D’après la vétérinaire, elle était à peine âgée de cinq semaines. Mellie a été soignée avec beaucoup d’amour. Aujourd’hui elle est en pleine forme. Hélas, Loulou et Rita, petits carlins, n’ont pas survécu. Après des heures de perfusion, Rita est morte d’une parvovirose. Loulou fut emporté par une coccidiose foudroyante. One Voice a failli avoir la garde judiciaire des 600 à 700 autres chiots – il y en avait 460 au moment de la perquisition et deux camions étaient encore attendus. Nous réclamions avec force ce sauvetage. Ayant pris nos dispositions pour tous les sortir (y compris les chatons), nous avions passé des accords de coopération avec de nombreuses associations disposant de chenils (un grand merci à tous), comme le Refuge de l’Espoir, dont l’équipe était venue spécialement de Savoie. Et le 22 novembre, en fin d’après-midi, nous avions le feu vert tant attendu: One Voice récupérait tous les animaux. Nous mettions en place le reste de la logistique. Mais, le lendemain matin, tout tombait à l’eau: sortir les chiots posait des problèmes techniques dans le cadre de la commission rogatoire. Cruelle déception. Alors, nous avons entrepris d’obtenir la fermeture administrative du site de Montespan : rencontres avec le procureur de la République puis le sous-préfet de Saint-Gaudens pour faire valoir nos arguments – sans succès. Combien de chiots survivants résisteront aux maladies dans les petites cages métalliques ? Quant à l’attitude de la direction des services vétérinaires de la Haute-Garonne, elle nous a profondément choqués dans ce dossier: d’après eux, «Rien de catastrophique à la Maison de l’Éleveur».

Un procès dans plus d’un an

La portée nationale du scandale a été telle que de nombreuses animaleries ont renvoyé les chiots et chatons et ont cessé tout commerce avec Francis Duprat. Après sa garde à vue, il a été libéré sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer. Hélas! son avocat a réussi à faire nommer un administrateur judiciaire, lui permettant semble-t-il de reprendre son commerce. Les chefs d’inculpation de Francis Duprat sont nombreux. En tant que partie civile au procès, One Voice en possède la liste – qu’elle n’a, hélas !, pas le droit de communiquer. Toutefois, nous avons été étonnés de constater que Duprat n’était pas inquiété pour avoir fait transporter des animaux en infraction avec la réglementation sur le transport d’animaux vivants. Présumé innocent, il ne sera jugé que dans un an environ, à Angoulême, avec d’autres inculpés impliqués dans le trafic de chiens en Charente (voir Animaction n°19). Mais d’ici là, One Voice poursuit sa tâche.

Le drame des acheteurs d’animaux

Malgré son interdiction d’exercer – peut- être après l’entrée en fonction de l’administrateur judiciaire –, Francis Duprat a vendu une petite femelle bichon maltais (800 g) à la famille S. La plus jeune des filles avait beaucoup de mal à se remettre du décès de son papa pendant l’été. Son frère et sa sœur lui ont offert la petite chienne pour l’aider à retrouver de la joie. Dix jours plus tard, la veille de Noël, l’animal mourait. Elle n’avait pu être sauvée par le vétérinaire tant elle était infestée de vers. Vous imaginez la détresse de cette famille, et de tant d’autres qui nous ont téléphoné et écrit pour témoigner suite à l’indication des coordonnées de One Voice dans les médias. La souffrance des animaux victimes de cet abominable commerce n’est pas le seul aspect scandaleux de cette affaire.

Perturber les ventes des courtiers

Francis Duprat est le numéro 1 et, en région angevine, M. Braga, le numéro 2 ! Il importe des chiots de pays de l’Est dans des conditions douteuses, ce qu’ont pu constater les gendarmes qui ont arrêté un véhicule le livrant depuis la République tchèque en octobre 2000 : une amende de 26 000 francs pour une centaine de chiots dans un petit camion – défaut d’identification correcte (encore un marquage au feutre effaçable), de vaccination rabique, de documents de transport. C’est le peloton autoroutier de Château-Thierry qui avait intercepté ce véhicule au péage de Dormans. One Voice s’occupe aussi de ce dossier. Il faut pour l’heure que les clients de ces courtiers comprennent ce qu’ils risquent, peut-être avec la justice, assurément avec le public pour des raisons liées aux mauvaises conditions sanitaires des chiens et chats vendus. C’est pourquoi One Voice a communiqué avec la presse, et notamment en faisant parvenir photos et documents à des revues spécialisées telles Vos Chiens Magazine et Cynomag – le monde des éleveurs doit être informé. Nous avons envoyé un courrier circulaire à toutes les animaleries de France concernant leurs approvisionnements en chiots - vaste tâche ingrate qui sera payante pour les animaux si nous dissuadons les animaleries d’acheter des chiots et chatons en provenance des pays de l’Est.

Mettre un terme aux importations

C’est le but de cette campagne, ainsi que de responsabiliser les acheteurs et de moraliser le commerce de ces êtres sensibles. Interdire les importations résoudrait bien des problèmes. Et One Voice pense obtenir des succès rapides par divers biais : questions écrites de parlementaires à l’Assemblée nationale, discussions avec des hauts fonctionnaires, notamment du ministère de l’Agriculture, avec de nombreux responsables de syndicats d’éleveurs (SNPCC, SDECCO, section canine de la FNSEA) et même d’animaleries (PRODAF). Seul un syndicat – non rencontré – soutient ouvertement Francis Duprat, alors que les autres ont l’intention de se porter partie civile contre lui au procès ! Pour empêcher les importations des pays de l’Est, nous pensons qu’il suffirait d’appliquer les textes existants (voir pages 14-15). Par ailleurs, de nombreuses importations transitant par la Belgique, nous avons rencontré en janvier, en compagnie de Gaia et Animaux en Péril, les hauts fonctionnaires du ministère de l’Environnement et du Bien-être animal, et avons expliqué l’importance pour la Belgique de changer sa législation. La France importerait annuellement environ 23000 chiots depuis la Belgique – mais combien sont vraiment originaires de ce pays ?

Du travail en perspective

Comme sur d’autres dossiers, One Voice fait tout son possible pour dénoncer des scandales touchant les animaux et pour y mettre un terme. Mais le poids financier et politique de nos adversaires ne rend pas les choses faciles et les textes de loi ne suffisent visiblement pas. Merci de continuer dès à présent à soutenir notre travail, c’est essentiel.

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