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Document publié le 14 octobre 2002

Pottoks: le combat pour la liberté et la dignité continue (Hiver 2001)

One Voice va remettre une pétition de 124 416 signatures aux pouvoirs publics. C’est surtout en période d’hiver, entre novembre et mars, que les entraves sont utilisées pour les pottoks sur les pentes des montagnes des Pyrénées. Depuis plusieurs années, One Voice a mis fin à l’indifférence, à l’utilisation de cette technique d’un autre temps, et poursuit sa lutte pour améliorer le bien-être de ces chevaux.

Cela fait soixante ans que je circule sur cette montagne d’Ursuya, c’est la première fois que je vois cela et cela me fait vraiment chaud au coeur. » Ce que ce lecteur du village basque d’Hasparren voyait pour la première fois lorsqu’il nous a écrit en 1999, c’est l’absence d’entrave aux pieds des pottoks de sa contrée. Soixante ans. De mémoire d’homme, jamais ces petits chevaux basques n’avaient vécu sans ces lourds « sabots » de bois, gênant leurs mouvements et les blessant systématiquement. Jamais. C’est dire si l’action de One Voice depuis 1998 sur le terrain a changé les choses. Un premier pas, libre, pour avancer vers un mieux-être pour ces animaux. Le pottok (prononcer potiok en basque) désigne un équidé de petite taille d’une race bien particulière. Les instances européennes à Bruxelles allouent une prime de 1000 francs par an et par tête pour le maintien de cette race. C’est ainsi que l’on trouve aussi dans les montagnes du Pays basque quelque 2 500 poneys ou chevaux «pottokisés» et environ 500 « vrais pottoks » côté français e espagnol. À cette différence près, c’est que s’ils en ont le « look » pour permettre aux éleveurs d’empocher les primes, ils n’en ont pas la résistance nécessaire pour survivre dans les montagnes, ce qui contribue à la détérioration de leurs conditions de vie.

ENTRAVES ET ENCOCHES

Pottoks pure souche ou pas, ces animaux sont en souffrance. En souffrances. Ces entraves sont posées au niveau du sabot pour les empêcher d’aller sur les routes. En effet, les pâturages ne sont pas toujours clôturés, et les chevaux sont tentés de descendre dans les plaines plus riches en herbe l’hiver. La technique de l’entrave de bois peut se vanter d’être ancestrale, ce qui finalement rajoute à sa cruauté. On peut dire que les éleveurs ont persisté dans l’erreur. Cela fait donc des siècles que les pottoks se blessent et restent sans soins, trébuchent et se cognent contre l’indifférence humaine. Restreints dans leurs déplacements, les chevaux finissent par avoir des sabots complètement déformés, et sont estropiés à vie. Trotter et galoper leur devient impossible. One Voice a porté plainte contre certains de ces éleveurs, notamment ceux qui laissent les entraves toute l’année et non pas seulement quelques semaines par an. Les entraves, c’est vrai, ont tendance à disparaître, mais il faut rester vigilant, continuer à occuper le terrain, surveiller les élevages et dénoncer les éleveurs encore indélicats. Une autre technique nuit également gravement au bien-être des petits chevaux basques, c’est celle de l’encoche à l’oreille. On cisaille l’une des oreilles de chacun d’eux de manière à dessiner une encoche visible de loin. Cela permet de différencier les troupeaux lorsqu’ils se mélangent. Opération pratiquée avec un couteau ou une paire de ciseaux, à vif, bien sûr. À chaque changement de propriétaire une nouvelle entaille est pratiquée, à tel point que certaines bêtes finissent sans oreilles. Les prix de ces animaux dans les foires aux bestiaux sont tellement bas (750 francs en moyenne), que les éleveurs n’auront évidemment jamais l’idée d’utiliser par exemple une technique de puce électronique pour le marquage.

Dans le quotidien du pottok, ou poney « pottokisé », il faut aussi évoquer la malnutrition. L’herbe est rare l’hiver en altitude, pauvre en éléments nutritifs. Ce n’est pas avec un carcan qu’un animal peut aller se nourrir correctement là où il le souhaite. Ce n’est pas non plus en étant empêché dans ses mouvements qu’il pourra développer une corpulence normale, ferme et musclée. Les éleveurs sont subventionnés de la même façon que leurs bêtes soient maigres ou pas, qu’elles soient destinées immédiatement à la boucherie ou non. Et puis il y a les foires aux chevaux. Des chevaux de toutes races y changent de mains régulièrement. L’animal passe là au statut de marchandise trimbalée sans attention (les objets en verre sont pris plus au sérieux). Faut-il énumérer la liste des mauvais traitements ? Rien à boire ou à manger pendant des heures et des heures, animaux attachés au bout de cordes trop courtes, coups de bâton… Les chevaux sont bousculés pour entrer dans les camions qui les transporteront. Destination : centres équestres, abattoirs, etc. De toute façon le pottok finit sous forme de saucisson ou de chorizo. Bon appétit !

Christine LUTH

UNE PÉTITION, POUR QUOI FAIRE ?

La mobilisation dans ce dossier est exemplaire. Nous avons recueilli près de 125 000 signatures, mais ce qui est très important, c’est que cette pétition a commencé à faire effet dès qu’elle a circulé. Les éleveurs ont assez vite eu une attitude un peu méfiante et ils ont craint la présence de One Voice sur les foires aux chevaux par exemple, ou bien ils ont supprimé l’usage des entraves sachant que les habitants témoins de cette pratique étaient susceptibles de nous prévenir. Les centres équestres ont également pris conscience des mauvais traitements subis par ces bêtes. Les signatures recueillies seront donc envoyées à Bruxelles. C’est la Direction générale de l’Agriculture de la Commission européenne qui distribue les subventions. Pourquoi Bruxelles ne favorise-t-elle pas plutôt le maintien d’une race pure de pottoks, traités dignement et non pas des troupeaux de bêtes qui ne résistent pas aux conditions de vie en montagne, et qui finalement ne sont plus que des vaches à primes ? Par ailleurs, nous demandons également aux instances européennes de financer des passages canadiens, qui permettent aux troupeaux de circuler d’un pâturage à l’autre sans que puisse être invoqué le risque qu’ils ne s’égarent sur les routes, ce qui rendrait l’utilisation des entraves sans objet. Un passage canadien coûte 12 000 francs pièce, il en faudrait une trentaine. Pourquoi Bruxelles ne financerait-elle pas aussi un système d’identification par puce électronique pour mettre fin aux coupes d’oreilles ? En supprimant la prime à la souffrance que constitue aujourd’hui les 1000 francs par animal et par an, sans contrôle sur les conditions d’élevage, elle ferait une belle économie qu’elle pourrait utiliser à de plus judicieuses dépenses.

Le pottok: 8000 ans d’histoire

Le sud-ouest de la France a été colonisé par l’homme après la dernière glaciation, quelque 8 000 ans avant Jésus-Christ. Les terres proches des cours d’eau ont d’abord été défrichées, et les chevaux sauvages qui vivaient là ont dû reculer vers des zones en altitude au fur et à mesure de l’installation des hommes. C’est ainsi qu’au fil des siècles le pottok se retrouve dans les contrées les plus froides et les plus arides des Pyrénées. Il n’a jamais été intégré à la vie domestique de la ferme. En revanche, les bergers peuvent lui être reconnaissants aujourd’hui car il mange l’herbe délaissée par les moutons. Il entretient le milieu naturel en quelque sorte.

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