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Document publié le 14 octobre 2002

Pottoks : la liberté retrouvée (Printemps 1999)

En effet, par suite de nos premiers efforts de campagne, et notamment de nos menaces de procès à l’encontre de trois éleveurs (aucune date fixée par le TGI de Bayonne pour l’instant), les lourdes et douloureuses planches en bois disparaissent, et plus rapidement que prévu.
Mais, cette victoire est partielle et pas forcément définitive. Partielle car nous n’avons pas encore gain de cause pour les encoches dans les oreilles. Une évolution positive se dessine après discussion avec bon nombre d’éleveurs et d’intervenants locaux. Toutefois certains maintiennent que c’est un système pas cher et fort pratique pour reconnaître les chevaux à distance.

Inutile de vous dire que pour Talis la «praticité» ne saurait être mise en balance avec la douleur causée. En revanche, un argument joue en notre faveur : les chevaux aux oreilles coupées se vendent moins cher. Du moins pour la monte – ça ne joue évidemment pas au niveau de la boucherie. Partielle car Talis ne veut plus voir non plus des chevaux inadaptés à la montagne, qu’ils soient ou non qualifiés de pottoks (voir Animaction N°12). Et ce sera une bataille plus difficile à gagner.

Quant aux entraves, nous sommes méfiants. Certes, plusieurs randonnées dans des massifs montagneux réputés sensibles ne nous ont pas permis de voir désormais le moindre cheval entravé – nos enquêteurs étaient à nouveau sur place fin décembre. Pour le massif de l’Ursuya, où nous avions constaté les plus grosses infractions, la victoire semble totale.

Mais sans doute en reste-t-il quelques unes ailleurs… Enfin, nous ne sommes pas naïfs : les choses s’apaisent pour l’instant car le scandale est récent et notre pression encore forte au niveau des médias (ainsi que de l’office du tourisme du Pays basque et du Conseil général – son président, François Bayrou, est aussi éleveur de chevaux… mais pas des pottoks !). Mais cela pourrait recommencer plus tard – notamment chaque hiver quand les animaux manquent de nourriture et quand les poulains sont arrachés à leurs mères, deux raisons qui poussent les pottoks à descendre en plaine et les éleveurs à les entraver. Des carcans qui ne sont d’ailleurs pas totalement efficaces pour éviter les accidents sur les routes.

Nous faisons donc savoir – et ce n’est pas une menace en l’air ! – que nous continuerons de patrouiller régulièrement pour surveiller, année après année. Et l’équipe de Talis va montrer aux éleveurs locaux, cartes d’état major en main, qu’elle sait désormais où et quand chercher : à bon entendeur salut ! Nous avons les meilleures raisons de croire que cet avertissement a été pris au sérieux car nous ne nous contentons pas d’écrire un article en pensant naïvement que tout est réglé… ou en faisant semblant de le croire !

Talis continuera donc de suivre ce dossier de près, mais nous vous demandons de poursuivre vos efforts pour la circulation de nos tracts et de la pétition, puisque vous avez vu qu’il reste encore du chemin à faire. Un grand merci pour votre mobilisation : nos premières victoires en sont le fruit. À présent, il faut continuer.

Foires aux chevaux : choses vues …

De jolies maisons blanches aux toits et volets rouges, un fronton de pelote basque, des collines verdoyantes aux alentours : le coin pourrait être charmant… Mais ce matin, c’est le jour du marché aux chevaux.

Ce mardi de novembre, la foule se presse pour entrer dans le marché annuel d’Hélette (Pyrénées Atlantique). En matière d’équidés, il y a de tout. Chevaux bien sûr (de toutes races et pas seulement pottoks), poneys, ânes pitoyables, tous attachés très court sur la place principale - on nous dit que les transactions peuvent porter sur 1500 individus dans la journée. Car qui dit foire dit évidemment commerce – on se retrouve pour le plaisir de boire et manger ensemble, et surtout pour faire des affaires. Mais ici le négoce porte sur des êtres vivants, sur des chevaux tout juste descendus de leurs pâturages d’altitude, et notamment des poulains à demi sauvages qui voient les humains de près pour la première fois.

Avec leurs mères, ils ont été capturés par des groupes d’hommes en montagne, souvent brutalement. Pourquoi voudraient ils d’eux-mêmes entrer dans un enclos ou dans un camion ? Là, on va les faire descendre énergiquement des bétaillères, les faire patienter des heures sans rien manger ni boire puis les faire remonter brutalement dans un camion – le même s’ils n’ont pas été vendus. Tout ça, à coup de bâtons.

Certains éleveurs basques doivent beaucoup aimer leurs chevaux car ils les battent avec entrain. Parfois même quand ils sont à l’attache et sans raison apparente. Parfois c’est de la pointe du bâton, souvent dans la face plutôt que dans les flancs (un poulain a eu l’œil crevé la fois précédente…), mais la plupart du temps c’est à grandes volées pour les faire avancer ou séparer les poulains (bien trop tôt, élevage oblige) de leurs mères – l’incompréhension et la détresse… avec un zeste de douleur en plus.

Car on met beaucoup d’ardeur dans certains coups : ils claquent sur les croupes avec force, malgré notre présence pour filmer et photographier la scène. Lors d’un difficile chargement de camion, le bâton se brise et vole en éclats sur le dos de l’animal !

Les gendarmes sont là, mais uniquement pour s’occuper de la circulation… Il y a aussi des employés des Haras nationaux mais ça ne change rien non plus. L’un d’entre eux reconnaît auprès de Jacques Marcel, délégué de Talis, que les chevaux sont maltraités. Il constate qu’un cheval a d’ailleurs eu la queue arrachée. Mais… «il y a tant d’enfants qui souffrent dans le monde et puis si vous remuez tout ça, pensez aux emplois qui seraient menacés.»

Un cheval attaché devant un restaurant a la jambe qui saigne. Plusieurs sont squelettiques. Un autre a les deux oreilles découpées de façon caricaturale. Quand ils changent de propriétaires, chacun refait une encoche pour «annuler» les entailles précédentes et les éleveurs racontent qu’il arrive de voir des chevaux «sans oreilles».

Mais une source de bonne foi nous affirme : «Cette année, ça c’est mieux passé que les années précédentes au niveau de la brutalité et de l’état des animaux présentés. Comme vous aviez écrit la semaine dernière à de nombreux éleveurs au sujet des entraves et des coupes d’oreilles, ils ont dû se méfier en se disant que Talis serait présente…»

En plus des primes européennes qu’ils rapportent, beaucoup d’équidés sont destinés à la boucherie. Ceci motive les croisements des pottoks avec des races lourdes : davantage de viande à transformer en saucissons – notamment des chorizos. On nous dit qu’il arrive que d’autres viandes «un peu abimées ou légèrement avariées» entrent également dans la préparation de cette spécialité car «le goût du piment dissimule les problèmes» : avis aux amateurs ! Les prix sont parfois très bas : comme pour ces deux poulains vendus 500 francs – la paire ! À ce tarif-là, pas la peine de «faire des frais sur eux», de vétérinaire par exemple. Ils sont comparés sans ironie à des «SICAV de montagne», mais qui rapportent peu…

Il semble quand même que la majorité des équidés présents (certains sont bien entretenus) soient destinés à des clubs équestres – c’est du moins ce qu’on nous affirme pour nous amadouer – mais ce n’est souvent qu’un détour avant l’abattoir… Impossible de rester à Hélette le lendemain, nous devons piloter des journalistes de l’hebdomadaire britannique The Mail on Sunday qui enquêtent sur le scandale des entraves. Je le regrette un peu car il y aura de nouveau un marché mais cette fois-ci avec tous les autres «animaux de ferme» : la détresse ne se limite pas aux chevaux et à leurs cousins…

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