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Document publié le 14 octobre 2002

Le Premarin : souffrances animales (Automne 1996)

Suite à vos courriers de protestation, vous êtes très nombreux à avoir reçu une lettre du laboratoire Wyeth-Léderlé tentant de vous faire croire que ces braves juments vivent dans des conditions paradisiaques, et que leurs poulains ne vont pas tous à l’abattoir, ou du moins pas directement. Certains vétérinaires peuvent avoir raison en indiquant qu’il existe des chevaux de particuliers vivant dans des conditions encore plus déplorables, mais cela ne change pas la face des choses dans le cadre de leur exploitation pour Premarin. Citons quelques points capitaux.

1 - Les preuves apportées par les enquêteurs de PETA (People for the Ethical Treatment of Animals, basée à Washington) et de la WSPA (l'association mondiale de protection des animaux, basée à Londres) sont formelles et ces mauvais traitements méritent un soutien français aux campagnes internationales actuellement en cours.

2 – Les vétérinaires indépendants qui contrôlent les chevaux sont rémunérés par Wyeth. Mais pourquoi refuser l’accès à des personnes indépendantes non rémunérées qui pourraient nous rassurer si tout est si parfait ?

3 – Le docteur Shauna Spurlock est mise en avant année après année pour faire l’éloge des élevages. Pourtant elle les a visités en février 1995, époque à laquelle les enquêteurs de la WSPA étaient également sur les lieux. Ces derniers ont constaté les mauvais traitements exposés dans notre journal Animaction N°2. Mais, au fait, le docteur Spurlock est-il bénévole ?

4 – Le code de déontologie établi par Wyeth est très vague. Quelle quantité d’eau ? Quel « régime équilibre » ? Quelle « température contrôlée » ? Des stalles « suffisamment larges »… De quelle largeur ? Un « exercice régulier » pour les juments… tous les 6 mois ? Et seulement indicatif pour les éleveurs, rien d’obligatoire !

5 – La triste réalité est toujours là pour chaque malheureuse jument : une prison d’où on ne sort que quand on a son poulain, où on retourne seule, au bout de trois mois seulement, et où on est de nouveau attachée sans pouvoir beaucoup bouger. Ces juments, par dizaines de milliers, ne peuvent pas se mouvoir pendant la majeure partie de l’année. Le système de collecte de l’urine ne le permet pas – même si Wyeth le déclare non blessant, ce dont nous doutons vivement – et ce n’est pas dans la nature d’un cheval de rester ainsi immobilisé. Cet argument vaut encore davantage pour une jument pendant sa gestation ; tous les spécialistes le disent et Wyeth ne l’ignore pas.

6 – Si nos informations étaient des affabulations, pourquoi le laboratoire ne nous fait-il pas de procès ? Il leur serait facile de nous écraser si nous mentions. En outre, le docteur Ysèbe avait demandé par courrier à Wyeth (voir Animaction N°1) et à Pierre Sagaut, lorsqu’il nous reçut dans ses locaux le 28 mars dernier, à visiter les élevages. Il avait pour cela offert de payer ses frais de voyage au Canada, à la condition bien sûr de choisir lui-même les endroits qu’il visiterait. Le docteur Ysèbe avait pris contact avec nous à la fin de l’année dernière et nous a conseillé dans cette campagne. A ce jour, il n’a reçu aucune réponse.

Bien sûr, dès le début de notre entrevue du 28 mars, monsieur Sagaut nous avait gentiment fait remarquer que l’élevage en batterie était une chose courante, pour les veaux par exemple. Quel humour ! Muriel Arnal lui avait donc précisé que cette forme d’exploitation de l’animal n’était acceptable ni pour des chevaux, ni pour quelque autre animal, veau notamment. Mais, parler d’élevage en batterie pour faire référence au problème de Premarin, n’est-ce pas reconnaître implicitement la façon dont sont traitées les juments ?

7 – Enfin, les chevaux ont besoin de boire, nul ne l’ignore, et les restreindre ainsi à environ la moitié de leur ration journalière est un mauvais traitement qui confine à l’acte de cruauté. Sa seule justification est économique (il faut réduire la quantité d’urine pour diminuer les coûts de transport jusqu’aux usines), et le laboratoire Wyeth, faisant de l’argent à partir de la souffrance, évite soigneusement d’aborder ce point en communiquant.

C’est une « omission » qui en dit long. En effet, lors des discussions techniques ayant eu lieu en Amérique du Nord, et visant à améliorer les conditions de détention de ces pauvres animaux, Wyeth-Ayerst a refusé de modifier cette situation en les abreuvant normalement. Il y a là un point intolérable et non négociable qui nous évite d’avoir à rentrer davantage dans une polémique : Premarin (et les médicaments de la même gamme) doit changer totalement ses méthodes de fabrication ou disparaître.

DES RESULTATS TRES ENCOURAGEANTS

Nous sommes satisfaits de voir avec cette lettre que Wyeth prend notre action au sérieux. Le laboratoire a annoncé que le contrat le liant aux éleveurs vient d’être révisé avec un contrôle vétérinaire des juments trois fois par an. Cette année, 11 élevages ont été obligés de procéder à des changements et 88 se sont engagés à modifier leurs installations pour la saison 96/97. Et les élevages ne se sont pas étendus ! Rappelons qu’en 1996 l’objectif de Wyeth était de multiplier par trois sa production … et d’infliger l’enfer à 200 000 juments.

Ces résultats ont été obtenus grâce à vous tous qui vous êtes battus à nos côtés depuis le lancement de cette campagne il y a un an. Mais ce n’est qu’un début, et cette lutte, nous souhaitons de tout cœur la continuer avec vous pour que cesse définitivement le martyre de ces juments et de leurs poulains. Nous avons fait réimprimer 15 000 tracts que nous tenons à votre disposition ainsi que la pétition que nous remettrons au printemps prochain au laboratoire et qui sera accompagnée d’une très mauvaise surprise pour ce dernier.

Et il n’y a pas qu’en France que les ventes baissent. En Amérique et en Europe du Nord, PETA remporte également de gros succès, ce qui ajoute à la pression. A ce jour, nous avons recueilli 65 000 signatures et espérons arriver à 100 000 avec votre aide. Merci encore !

LES GYNECOLOGUES AVEC NOUS

A la suite de notre courrier circulaire aux gynécologues, nous avons reçu beaucoup de réponses très encourageantes. Nombre d’entre eux croyaient le problème réglé ou ignoraient la triste réalité de l’exploitation des juments et de leurs poulains. Ils nous ont manifesté leur soutien, et leur ferme intention de ne plus prescrire Premarin. Les pharmaciens prêtent également une grande attention au problème et souhaitent collaborer avec Aequalis. De toute évidence, Wyeth a des soucis à se faire pour les futures ventes. En route vers la prescription zéro !

PREMARIN : ENCORE UN AUTRE SCANDALE

Dans une lettre à la WSPA, le docteur Bill Patton, professeur à l’université de Brandon dans la province canadienne du Manitoba, a exprimé son inquiétude quant à la pollution générée par le traitement de l’urine des juments gestantes dans la production du médicament Premarin.

A Brandon est implantée l’usine d’extraction de Wyeth-Ayerst pour la fabrication de Premarin. D’énormes quantités de déchets sont rejetées par cette usine. Elles sont stockées dans des bassins de décantation autour de la ville. Les rejets sont très concentrés en ammoniaque et en nitrates. L’ammoniaque s’évapore et se redépose dans la rivière, sur les prairies et l’immense forêt environnantes, causant des ravages à la faune, la flore et au milieu aquatique. Quant aux nitrates, nous ne connaissons que trop bien leurs effets sur la nature, en Bretagne et ailleurs.

En mai 1992, la production de cette usine canadienne a doublé et menace de plus en plus gravement l’écosystème. Il est à présent impossible de s’approcher de ces bassins sans ressentir de forts maux de tête et des douleurs dans les sinus. Vous le savez, Aequalis a pour objectif la défense des animaux et de leurs milieux naturels, qui sont aussi les nôtres. Au delà de la souffrance intolérable qu’elle engendre, la fabrication du médicament Premarin, vendu en France mais fabriqué au Canada, a de sérieux impacts sur l’environnement, sur notre planète. Non content de faire souffrir les chevaux, Wyeth empoisonne aussi les animaux sauvages ! Il est plus que temps d’y mettre un terme.

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