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Document publié le 14 octobre 2002

One Voice dénonce le cœur d’un vaste trafic (été 2002)

La banlieue bruxelloise, une zone industrielle, puis une impasse.
Au bout de l’impasse, une activité discrète mais fébrile, celle des trafiquants brassant beaucoup d’argent. Et le silence lourd, celui de centaines d’animaux écrasés par la souffrance.

Import-export d’êtres vivants

La Belgique bat le record de trafics en tous genres. Drogue, prostitution, trafic d’animaux de compagnie. Pendant plusieurs semaines, nuit et jour, One Voice a surveillé une animalerie, sans doute l’une des plus grandes d’Europe, servant de plaque tournante à une vaste organisation de trafiquants de chiots et de chatons importés des pays de l’Est. Chaque année, plus de 100 000 animaux entrent ainsi illégalement sur notre territoire. Venant des pays où sévit encore la rage, ces animaux devraient avoir au moins six mois pour être vendus en France. Mais, au mépris des règles, ils sont revendus bien en dessous de cet âge à des animaleries et des éleveurs français.

La preuve est faite

Muriel Arnal et un enquêteur ont filmé le site en caméra cachée. Se faisant passer pour des éleveurs français, ils ont fait l’acquisition de chiots et de chatons, certains âgés de moins de deux mois. Une équipe de France 2, puis une de France 5 et une journaliste du Figaro les ont accompagnés. Des heures de planque plusieurs semaines d’affilée, autour de ce site en bordure d’une autoroute. Et, à deux reprises, Muriel Arnal et notre enquêteur sont entrés dans l’animalerie et ont filmé l’effroyable réalité. Outre les reportages aux journaux télévisés sur France 2 et TF1, le public a pu être informé par des articles dans Le Figaro, L’Alsace, Libération Champagne, Est Éclair, L’Yonne républicaine, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, Paris Normandie, Nord Éclair, La Tribune, Le Progrès, Le Berry républicain, L’Écho républicain, Le Journal de Haute-Marne, La Dernière Heure, La Voix du Nord, Charente libre, Liberté de l’Est, La Dépêche du Midi, La Montagne, Charlie Hebdo, Politis et La Dépêche vétérinaire.

Un supermarché de la souffrance

Des centaines de chiens et de chats, mais aussi d’autres animaux, de ferme ou exotiques croupissent, derrière des vitrines, dans des box étroits. Tous sont en perdition. Certains tentent désespérément d’accrocher le regard d’un acheteur. La plupart d’entre eux sont profondément affligés. Malades ou ne tardant pas à le devenir, ils se retirent petit à petit de l’existence. Le sommeil est leur ultime refuge. Comme une insulte de plus à la vie, cette animalerie offre « les promotions de la semaine » et « les bonnes affaires ». C’est vrai que devant la loi, les animaux sont des meubles. Pourquoi ne pas en profiter… Nous estimons qu’au moins 500 chiots y sont vendus chaque semaine ! Muriel continue de « faire son marché » en désignant un petit bouledogue malade. La vendeuse refuse. Elle affirme qu’il est déjà vendu, comme tous les animaux malades ou mourants que nous tentons d’acheter.

L’envers du décor

Tout à coup notre enquêteur sort. Son intuition et sa ténacité sont récompensées. Il surprend l’arrivée des camions tchèques et hongrois. Il filme. Les bébés, exténués par de longues heures de transport, sont déchargés comme des marchandises, attrapés par une patte ou par la tête. Les revendeurs avides tentent d’acheter les animaux à la sortie même du camion. C’est ainsi que nous avons pu acheter Shangaï, un petit chow-chow âgé de moins de huit semaines. Puis les vétérinaires véreux font leur sale travail. Après avoir été vaccinés avec la même seringue, les animaux repartent avec nous et avec des carnets de santé falsifiés. Dès notre arrivée en rance, un vétérinaire honnête les examine. La scène est filmée par l’équipe de France 5. Lilas, Stella, Arthur et les autres portent les traces irréfutables de leur origine et de leur vie misérable. Tous ces petits rescapés ont été adoptés, soignés et réconfortés.

La filière des sales combines

Le trafic des chiots et des chatons prolifère comme une maladie. Ce commerce illicite est devenu une véritable industrie qui exploite au maximum de très jeunes animaux. Ils savent que les bébés sont préférés aux adultes. Les traficants comptent sur l’ignorance du public et les achats souvent compulsifs en animalerie. Plus les animaux sont petits, plus ils sont craquants ! La Belgique et l’Espagne, où la réglementation est laxiste, font la fortune des trafiquants. Les chiots et les chatons en provenance des pays de l’Est passent par des sites de transit comme l’animalerie où One Voice a enquêté, avant de repartir pour la France. Mais les autorités sont complaisantes. Des milliards d’euros sont en jeu. Tout est permis.

La filière de la misère

Le plus souvent élevés en batterie, les bébés de quelques semaines sont arrachés à leurs mères transformées en machine à reproduire. Puis entassés dans des caisses, ils sont transportés sur des milliers de kilomètres. Souffrant de la soif et de la faim, bon nombre d’entre eux tombent malades, meurent ou arrivent dans un état déplorable. Quatre chiots sur dix mourront avant leur arrivée en animalerie. Mais la filière reste rentable. La valeur d’un survivant est multipliée par plus de cinq… et la demande est énorme !

De la morale

Deux jours après la dernière enquête de One Voice en Belgique, le 12 février, Muriel Arnal a participé, avec des informations fraîchement recueillies, à la conférence de Mme Perrin Gaillard, députée des Deux-Sèvres, qui a rendu public son rapport sur le commerce des animaux de compagnie. L’objectif de ce rapport est de moraliser ce commerce. Un travail de longue haleine s’annonce, car les obstacles sont de taille. La France, estime le rapport, devrait demander à la Belgique une coopération judiciaire. Mais dans ce domaine, les filières et les chiffres restent recouverts d’un épais brouillard. De plus, les puces électroniques récemment introduites pour remplacer le tatouage sont facilement falsifiables (et déjà falsifiées ! – One Voice en a la preuve). Le rapport propose de renforcer la répression pénale car sur ce chapitre, le code pénal ne semble pas moral. Les trafiquants ne risquent rien ! Mais la morale ne veut-elle pas la fermeture des animaleries, ces lieux où des êtres vivants sont exposés et proposés à la vente au même titre que des sacs de croquettes ?

Lutter sans relâche

Il faut rappeler que les chiens sont déjà en surnombre. Les refuges débordent de ces animaux dont l’achat est rendu facile dans les animaleries, et dont les maîtres se lassent vite. Pour tous ces animaux condamnés à l’exploitation, à la souffrance, à l’abandon et à la mort, One Voice maintient sa vigilance, développe sa campagne Animaux familiers, multiplie les enquêtes et accentue l’information auprès du grand public à travers les médias et les actions militantes. La mission de One Voice est de combattre pour une société plus juste envers les animaux. Tant qu’il sera nécessaire nous lutterons pour dénoncer les sales combines et les complicités de toutes sortes, pour casser l’indifférence et lutter contre l’ignorance dont sont victimes les animaux.

L’avenir

Nous avons réuni des preuves accablantes (puces électroniques frauduleuses, certificats vétérinaires éloquents, vidéos des camions de l’Est…). Bientôt, aura lieu le procès de Francis Duprat, l’un des plus gros courtiers de chiots et chatons pour les animaleries (voir Animaction n° 20, 21 et 22). L’instruction vient de se terminer et nous espérons beaucoup, à travers cette affaire, provoquer la nécessaire prise de conscience du public vis-à-vis des animaleries. Et tout ceci n’est qu’un début. L’équipe de One Voice est à pied d’œuvre et le sera tout l’été pour enquêter sur les pourvoyeurs des animaleries. Notre objectif est de mettre un terme à ce type de commerce qui exploite des milliers d’êtres sensibles. Ces dossiers devront rester confidentiels jusqu’à leur aboutissement, ils représentent des enquêtes longues et difficiles, mais sont réellement porteurs d’espoir pour la cause des animaux familiers.

Merci à vous tous qui nous donnez les moyens d’accomplir ce travail vital pour les animaux.

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