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Coalition Européenne pour mettre fin à l'Expérimentation Animale

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Document publié le 14 octobre 2002

Trafics de l’Est : La campagne est lancée (été 2001)

Argent sale, drogue, prostitution, rackets en tout genre… La mafia dispose de mille et une facettes aussi peu reluisantes les unes que les autres, et le trafic de chiens qui inonde l’Europe n’en est pas la moins rentable ni la moins ignoble.Conséquence inattendue de la chute du mur de Berlin et du formidable espace de liberté qui a résulté de ce séisme historique, le trafic d’animaux de compagnie a pris une ampleur insoupçonnée. Prenant sa source en Europe de l’Est, il est venu contaminer nombre d’animaleries et d’élevages dont les propriétaires peu scrupuleux bafouent nos lois et martyrisent ceux qu’ils devraient aimer et protéger.

Campagne nationale

One Voice s’est lancée dans une bataille sans merci pour mettre un terme à ces pratiques honteuses et tenter de faire interdire les réseaux d’importation qui font le bonheur des trafiquants. Le point culminant de ce combat sera, le 15 septembre prochain, le lancement devant la presse d’une vaste campagne nationale relayée sur le terrain par une série d’actions concrètes dans dix villes. Un rapport accablant, présentant des preuves irréfutables et dénonçant les responsables de ce commerce de mort sera rendu public et remis au ministre de l’Agriculture, Jean Glavany. One Voice continuera ce combat jour après jour en poursuivant en justice toutes les personnes et sociétés impliquées dans ces trafics. One Voice, rappelons-le, vient de créer un service spécialisé de défense des animaux familiers qui visera plus particulièrement les «supermarchés à chiots» et autres animaleries complices des importateurs des pays de l’Est. Brigitte Piquetpellorce, qui a dirigé pendant dix ans la cellule antitrafic de la SPA de Paris, a rejoint notre équipe et se chargera d’impulser et de coordonner ce service. La défense des animaux de compagnie a trouvé, en outre, un relais à l’Assemblée Nationale où une mission d’information parlementaire vient d’être créée par la commission de la production et des échanges, à la demande de Geneviève Perrin-Gaillard, député PS des Deux-Sèvres. Objectif: «déboucher sur une commission d’enquête, voire une proposition de loi.» L’enjeu est de taille. Plus de 100000 chiots et chatons sont importés illégalement chaque année en France. Et parfois, près de 40% arrivent morts sur notre territoire. One Voice fait également le point dans ce numéro sur les derniers développements de l’affaire Francis Duprat, l’un des plus importants importateurs d’animaux en France, installé à Montespan (Haute- Garonne), qui devra répondre prochainement de ses actes devant le tribunal de grande instance d’Angoulême ainsi que trois vétérinaires soupçonnés d’être ses complices.

Il était une fois un petit village de Slovaquie ou de Hongrie niché au creux d’un vallon…» Et non, ce n’est pas le début d’un joli conte, mais la toile de fond de la sombre réalité que constitue un immense trafic aux dimensions internationales, celui des chiots et des chatons. Toute l’Europe de l’Est est concernée.

Dans des arrière-cours douteuses, de nombreux paysans à la recherche de petits profits faciles à réaliser «élèvent» des portées à la chaîne dans des conditions misérables où les reproducteurs ne sont que des machines à procréer. La mafia locale, profitant de la pauvreté des «éleveurs», leur rachète les animaux pour quelques dizaines de francs chacun.

Des trafics de mort

«D’autres mafieux, plus organisés, explique Brigitte Piquetpellorce, qui ont déjà mis sur pied des trafics de drogue, de prostitution, voire même de voitures, utilisent leurs réseaux pour créer leur propres élevages multiraces.» Les chiots sont arrachés à leur mère dès l’âge de 5 semaines, stockés puis entassés dans des camions banalisés à double fond. La cargaison vivante fera des milliers de kilomètres. Beaucoup mourront. Mais le trafic reste rentable. La valeur de chaque animal survivant sera multipliée par plus de cinq! Alors qu’importe les chiots crevant de soif, asphyxiés, écrasés. Les affaires sont les affaires!

Première destination : la Belgique, où la réglementation, nous l’avons dit, est plus laxiste qu’en France, et qui comporte plusieurs centres de transit d’où les animaux repartent souvent dès le lendemain matin soit par la route, souvent entassés dans des coffres de voitures, soit par le train. Les chiots ont été dotés de faux papiers et contrôlés par des vétérinaires véreux. Il reste à passer la douane française, ce qui est souvent un jeu d’enfants pour les trafiquants qui n’ont plus qu’à livrer «leur marchandise» à des animaleries où à des revendeurs. Nombre de chiots ou chatons survivants seront vendus malades. Mal ou pas vaccinés ils décéderont, victimes de problèmes respiratoires ou intestinaux. Certains sont même rachitiques… S’ils ne sont pas vendus rapidement, ils seront noyés ou pire, tués à coup de fourche ou vendus aux laboratoires.

Une enquête de longue haleine

L’un des plus gros importateurs français, One Voice le connaît bien. Il s’agit d’un broker de Montespan en Haute-Garonne, Francis Duprat, qui devra répondre de ses actes devant le tribunal de grande instance d’Angoulême. One Voice traque ce «maquignon canin» qui traite quelque 40 à 50000 chiots par an depuis l’été 2000. Une véritable enquête à la Sherlock Holmes qui nous a permis de cerner les tristes activités de ce trafiquant qui avait étendu son royaume du «chiots-business» en Hongrie, en Slovaquie et en République tchèque, mais aussi en Irlande, en Belgique et au Royaume-Uni. Une activité tentaculaire qui lui permettait de prospérer sur l’ensemble du territoire français. Pendant plusieurs mois, nous n’avons lésiné sur aucun moyen: planques à la jumelle, utilisation de télescope pour pouvoir lire des plaques minéralogiques à 500 mètres, de téléobjectif pour les photos, filatures, surveillance de nuit des parkings. C’est ainsi que nous avons pu suivre et photographier les camions bleus de Francis Duprat qui transportent de 200 à 300 chiots. C’est ainsi que nous avons pu découvrir qu’un cabinet vétérinaire de Saint-Gaudens se chargeait de les tatouer et de les vacciner à la chaîne. C’est ainsi que nous avons pu vous révéler comment les chiots morts étaient transformés en suif pour savonnette ou en farine animale.

Pour certains chiots, la fin de l’enfer

Le 15 novembre, Muriel Arnal est allée sur place avec une caméra cachée sous prétexte d’acheter des chiens. Duprat était là. Mais elle a pu filmer les hangars et recueillir de nombreux témoignages accablants d’anciens employés. Muriel a pu repartir avec une petite chatte, Talie, et une chienne de 4 mois, Anita. Deux de sauvées! Bien sûr, nous sommes revenus le 21 novembre 2000, lorsque Francis Duprat fut arrêté par la gendarmerie et mis en garde à vue. Et notre premier souci a été de demander au juge la garde des chiots et chatons entassés à Montespan dans des sortes de cages à poules grillagées. Il a fallu louer des camions et négocier pendant 48 heures. Résultat : 21 chiots furent confiés à One Voice et vivent aujourd’hui heureux dans des familles d’accueil. Hélas, d’autres n’ont pas survécu et nous n’avons pu obtenir la garde judiciaire de 600 autres chiots pour des motifs de procédure.

Une action efficace

Francis Duprat n’en a pas fini avec One Voice. Le 25 juin dernier, nous avons rencontré le juge Jean-Luc Gadaud au cours d’une audition. Nous lui avons communiqué des éléments très importants qui devraient permettre à la justice d’explorer de nouvelles pistes. Malheureusement, pour le moment nous ne pouvons vous faire partager ces faits nouveaux en raison du secret de l’instruction, secret auquel nous sommes bien entendu liés, comme tout citoyen. Notre avocat, Maître Gérard Danglade, nous a toutefois fait part de son sentiment en affirmant : «Je considère que l’audition de One Voice du 25 juin a été “extrêmement bénéfique” pour la poursuite de l’instruction. En effet One Voice a apporté des “éléments complémentaires qui manifestement n’avaient pas été pris en compte par le juge.”»

On ne saurait dire en termes plus explicites que le travail de fourmi des équipes de One Voice épaulées maintenant par Brigitte Piquetpellorce a porté ses fruits. Aujourd’hui la justice dispose de nouvelles armes pour traiter l’affaire Duprat. Rendez-vous, nous l’espérons le plus rapidement possible, dans le prétoire.

Roger Laurent, journaliste

Ce que vous pouvez faire • Diffusez notre tract «animaux familiers». • Venez nombreux aux actions de lancement de cette campagne: le vendredi 14 septembre à 15h à Nantes, rue de Verdun, devans les Nouvelles Galeries ; le samedi 15 septembre à 15h à Clermont-Ferrand, place Jaude; Lille, place de Béthune; Le Mans, rue des Minimes; Paris, place du Châtelet; Nantes, place Royale; Avignon, place de l’Horloge; Quimper, place Saint-Corentin; Toulouse à 10h, place du Capitole – le 29 septembre à 15h à Nice place Massena, côté jet d’eau. • Vous pouvez aider cette campagne en faisant un don avec le bulletin central joint au journal. Merci à tous.

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