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Document publié le 14 octobre 2002

La chasse en France

La France est malade de ses chasseurs – ainsi que des divers politiciens qui convoitent leurs votes. Les raisons d’étonnement ou de scandale ne manquent pas ! En plus de ses atteintes à l’environnement, la chasse serait-elle malsaine pour notre démocratie ?
Avec One Voice, jugez-en.

La France

• A le plus grand nombre de chasseurs : 1,4 million en 1999, chiffre en constante diminution.

• A le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux chassables : 64 espèces, devant l’Allemagne, 42, ou la Belgique, 9. Il a fallu des années de batailles pour réussir, grâce à l’Europe, à en faire inscrire quelques-uns comme espèces protégées pour cause de déclin, notamment le bruant ortolan en 1998.

• A le plus grand nombre d’oiseaux migrateurs chassables : 50 espèces. Mais, en nombre réel d’animaux, c’est toute l’Europe qui est dévastée avec 3200 pylônes de braconnage à la tourterelle dans le Médoc et 15 000 postes de chasse sur les crêtes pyrénéennes pour les palombes migratrices ! Dans les années 60, environ 15 millions de ces oiseaux passaient l’hiver dans la péninsule Ibérique. L’hiver 97-98, les recensements n’en ont plus rapporté que un million !

• A le plus grand nombre d’oiseaux d’eau chassables : 34, contre seulement 4 en Belgique. En 1994, un rapport ONC/Muséum d’histoire naturelle révèle que les chasseurs font en moyenne 20% d’erreurs sur des espèces protégées tenues en main confondues avec les canards les plus communs .

• A les plus vastes zones chassables. Elle joue un rôle de premier plan sur les routes migratoires du continent. Et certains s’attribuent une richesse naturelle appartenant à tous.

• A la période d’ouverture de chasse la plus étendue : 7,5 mois possibles (sans parler du braconnage au grand jour –tourterelles du Médoc par exemple) contre 5 en moyenne pour les autres pays d’Europe. La France est le dernier des quinze à autoriser illégalement une chasse en février, période de retour de migration. Et dans des parcs de tir privés, on peut tuer 12 mois par an! Considérées comme de la concurrence, les espèces stupidement dénommées "nuisibles" (renards, belettes, geais, corbeaux…) peuvent être "détruites" toute l’année, au mépris des connaissances écologiques et zoologiques.

• Subit le plus de dégâts liés à la chasse. Ceux liés au "gibier de tir" ou de repeuplement, lâché pour la chasse : 157 millions de francs par an, et les dégâts directs des chasseurs par leurs tirs (poteaux EDF, lignes téléphoniques, maisons, voitures, etc...)

• Met chaque année face aux fusils 12 millions de faisans et 4 millions de perdrix provenant d’élevages et incapables de survivre dans la nature : cette honteuse industrie de la chair à fusil ne se voit qu’en France. Les espèces qui ne peuvent guère s’élever en masse ont, elles, des populations de plus en plus réduites.

"Nous avons fabriqué une génération de viandards. Aujourd’hui, les lâchers représentent encore 80% du petit gibier." Pierre Fuziès, responsable national de l’Union des fédérations de chasse (Le Figaro-Magazine, 31 octobre 1998).

• A le plus grand nombre d’accidents de chasse : Une cinquantaine de morts par an et plus de 250 accidents parfois très graves, en augmentation constante malgré la diminution du nombre de chasseurs.

Les chasseurs français...

• Ont les plus mauvaises techniques de chasse. Ils font en majorité des battues, très dérangeantes et meurtrières pour toute la faune, mais peu de tir sélectif comme dans d’autres pays d’Europe. Il existe aussi de nombreuses formes inacceptables de chasse "traditionnelle", ou de piégeages. De plus, par dérogation, on tolère une chasse de nuit illégale et sans aucune visibilité (hutte, gabion, tonne...). Pour des raisons morales évidentes, One Voice ne cautionne aucune méthode de tuerie.

• Sont les plus agressifs. Ils considèrent souvent que la nature leur appartient. Les utilisateurs non violents de la nature(randonneurs ou vététistes) sont accusés de "déranger le gibier" ou de "risquer de se faire blesser". Dans l’espace et le temps (zones et après-midi décrétés non chassables), et surtout par l’évolution de mentalités arriérées, les chasseurs doivent cesser de mépriser la démocratie.

• Portent le plus atteinte à l’environnement : Chaque année, ils tirent environ 276 millions de cartouches, dont la moitié en zones humides. Cela cause une importante pollution : par les éléments métalliques et plastiques (non biodégradables) de l’enveloppe qui restent dans le paysage, et surtout par les plombs –métal très nocif pour l’environnement. Des dizaines de milliards d’entre eux se dégradent lentement, allant jusqu’à causer une maladie mortelle aux oiseaux d’eau (le saturnisme).

• Font tout pour que les gardes-chasse dépendent d’eux. Les gardes sont partiellement sous tutelle des fédérations de chasse, comme si gendarmerie et police de la route étaient sous les ordres des automobiles-clubs…

• Bénéficient d’un permis de chasse particulièrement facile. 91% des candidats le décrochent et beaucoup le qualifient de "rigolade". Les permis de chasse étrangers sont bien plus sérieux. Une profonde réforme s’impose.

• Ont les structures cynégétiques les plus archaïques. L’adhésion et la cotisation de chaque chasseur aux fédérations départementales est obligatoire, héritage d’une ordonnance du maréchal Pétain en 1941!

• Sont les plus politisés d’Europe. Au Sénat, à l’Assemblée nationale, dans des organismes publics et de nombreuses collectivités locales du monde rural, les chasseurs font leurs lois et leurs affaires entre amis.

Les problèmes n’arrivent prétendument que par la faute des "mauvais chasseurs". Mais si on leur ôtait leur permis de chasse, il n’en resterait pas beaucoup !

Tout cela doit changer

One Voice est opposée à toute forme de chasse, ne tolérant qu’une chasse de subsistance pour des populations primitives. Mais il faut trouver des compromis réalistes pour sauvegarder au mieux la nature et les animaux ainsi que la sécurité et les droits des non- chasseurs. Voici donc les principales revendications de One Voice :

Pour le respect de la démocratie :

• Les fédérations départementales de chasseurs doivent redevenir de simples associations de type loi 1901, sans cotisation obligatoire.

• Les taxes cynégétiques doivent être perçues et gérées par l’État et lui seul.

• Il ne peut y avoir qu’une garderie indépendante et soumise au seul contrôle de l’État.

Pour l’environnement :

• Toutes les cartouches doivent être en carton biodégradable et le plomb remplacé par une matière écologiquement inerte comme le verre ou l’acier – c’est techniquement tout à fait possible.

• Pour ne pas bouleverser davantage les écosystèmes, les vieilles notions de "nuisibles" doivent disparaître des textes, puis cela doit être respecté dans les faits.

Pour les animaux :

• Les directives européennes doivent être totalement respectées, notamment celle sur les oiseaux migrateurs.

• Pour que les populations d’oiseaux migrateurs et d’oiseaux d’eau puissent augmenter, un moratoire sur ces chasses devrait être décrété pour deux ans – renouvelable espèce par espèce si ce n’est pas suffisant.

• Le lâcher d’animaux d’élevage pour le tir doit être strictement interdit et le lâcher de repeuplement plus strictement réglementé.

• Certaines pratiques de chasse doivent être abolies car elles entraînent des souffrances considérables pour les animaux: par exemple la chasse à courre, la "vénerie sous terre" et la chasse à l’arc.

• La France doit faire respecter des interdictions actuellement bafouées au nom des traditions, notamment la chasse de nuit.

Pour limiter les accidents :

• La chasse doit être interdite le dimanche après-midi pour permettre l’usage tranquille de la nature à d’autres catégories de personnes.

• L’alcoolémie doit être réglementée de façon aussi sévère que sur la route.

• Toute chasse doit être prohibée à moins de 500 m d’un bâtiment – 150 m seulement à l’heure actuelle.

• La sécurité, ça s’apprend aussi et avec soin : obtenir le permis de chasse doit cesser d’être une simple formalité.

Ce que vous pouvez faire :

La France a les gouvernements (de droite ou de gauche), parlementaires et hauts fonctionnaires (préfets notamment) les plus serviles vis-à-vis des chasseurs-électeurs. Elle s’est trop souvent abaissée à créer ou modifier des textes au seul profit d’un groupe de citoyens représentant un faible électorat.

Faites savoir aux partis politiques de votre choix que leur attitude vous navre, écrivez au Premier ministre, à votre député, sénateur, préfet, etc. Une très large majorité (75 à 80% de la population selon tous les sondages) partage les positions exposées ici, mais pour être efficace il faut le faire savoir au public et à tous les élus. Ensemble, nous pouvons changer les choses.

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