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Document publié le 14 octobre 2002

Dauphins de Port St Père : Victoire (Eté 1998)

Le ministère de l’Environnement a dit non au transport des dauphins pour “absence de finalité scientifique”. Élaboré par le zoo Safari Africain pour renflouer ses caisses, rappelons que ce projet de 12 millions de francs visait à enfermer quatre malheureux cétacés – du moins quatre… au début – pour distraire les touristes. Nous vous renvoyons à notre dossier global dans Animaction N°8, où nous vous disions en titre : “Ni clown, ni captif !”. Et dans le N°9, nous avions déjà bon espoir de gagner, mais il était trop tôt pour crier victoire et vous l’annoncer. Voici maintenant le récit des derniers mois de lutte.

Le bras de fer n’a pas été simple car il y avait beaucoup d’argent en jeu, et des promesses d’embauches... exagérées : une centaine d’emplois ! Nous n’arrivions pourtant dans nos calculs qu’à 35 (déjà en place) plus 15 (chiffre dont nous doutions très fort par ailleurs), ce qui n’aurait fait qu’une cinquantaine. À Marseille, on aurait pu dire que c’était un dauphin qui bouchait l’entrée du port, mais là certains ont dû utiliser des lunettes grossissantes ou forcer sur les bons vins locaux !

En fait, vous vous en seriez doutés, il s’agissait pour le Safari Africain de se mettre les collectivités locales dans la poche mais, efficacement aidés par l’avocat des associations coalisées, Maître Salaün, nous avons joué le rôle du grain de sable dans les rouages !

Une grosse entreprise de “relations publiques”

Nous avons donc rencontré des élus locaux, notamment Albert Mahé, premier adjoint (PS) au maire de Nantes («Je suis plaisancier et je navigue souvent dans le golfe de Gascogne où je vois parfois des dauphins libres. Je n’envisage pas de les maintenir enfermés dans un petit bassin de béton.»), et Mireille Ferri, conseillère régionale (Les Verts). Cela nous a permis d’exposer nos vues (Stéphane Charpentier commence à connaître la ligne Paris-Nantes par cœur !), de recueillir des informations capitales pour mettre en lumière l’attribution contestable de subventions publiques (nous envisagions déjà de prévenir Le Canard Enchaîné) et surtout de pousser les élus à faire une lettre-pétition à Dominique Voynet.

Nous sommes persuadés d’avoir ainsi «emporté le morceau» avec cette quarantaine de signatures : deux députés, des conseillers régionaux, des conseillers généraux et des élus municipaux. Dans leur courrier, à côté d’arguments moraux ou d’absence d’intérêt scientifique, on trouvait aussi cette formule : «Nous vous demandons de ne pas cautionner ce projet très contestable, tant économiquement que juridiquement.»

Nos opposants ont été «sonnés» par ce coup, et ont tenté tardivement de faire une contre-pétition – le maire de Port-St- Père en tête, bien sûr ! – mais il semble que les dés étaient jetés en notre faveur. L’attitude du ministère de l’Environnement s’explique aussi grâce aux courriers que vous avez adressés à madame Voynet – nous ne soulignerons jamais assez l’importance de ces lettres, pour tous les dossiers dans lesquels nous luttons pour les animaux. Enfin, une conférence de presse fut organisée dans les locaux d’Animaux- Assistance et nous avons constamment communiqué, ce qui fait – des journalistes nous l’ont avoué – que le sort des dauphins était devenu un sujet de discussion et de controverse connu régionalement de presque tous. Et surtout, précision importante, nos arguments sur la liberté et l’esclavage des animaux ont trouvé un large écho au sein de la population. C’était aussi notre but principal, directement lié à celui d’empêcher le delphinarium et c’est gagné !

Merci à Jean Pierre Sidois de SOS Grand Bleu, et une mention particulière à Laurence Derigon et Dominique Bacot, d’Animaux-Assistance, une dynamique société de protection animale de Loire-Atlantique. Ce sont elles qui étaient sur le terrain en première ligne : on n’obtient rien sans se retrousser les manches, et elles l’ont fait jour et nuit ! Et une bonne nouvelle n’arrive jamais seule : Laurence Derigon est à présent la déléguée de Talis pour ce département. Nous sommes très heureux de l’accueillir car son engagement pour les animaux – depuis de nombreuses années déjà – est aussi sincère qu’efficace. Voilà qui promet bien !

Et maintenant ?

La mauvaise situation financière de la structure nous laisse penser que le Safari Africain n’attendra peut-être pas notre campagne contre les zoos pour déposer son bilan. Nous avions calculé qu’il leur faudrait 600 000 entrées annuelles – nous pensons qu’ils n’y seraient même pas parvenus avec les cétacés prisonniers – pour rentabiliser l’investissement, et ils sont un peu en dessous de 300 000. Son responsable, Dany Laurent, ayant fait le forcing que nous vous avons évoqué plus haut, a décidé de maintenir les travaux jusqu’au bout dans l’espoir de remporter le match, mais c’était un peu quitte ou double quand on doit mettre 12 millions de francs sur la table ! Nous avions espéré que ses «grands» bassins serviraient aux otaries déjà captives du zoo et qui sont actuellement détenues dans de terribles conditions.

Hélas, ce ne sera pas le cas car Dany Laurent a décidé de «faire venir» des otaries dressées – les autres ne le sont pas – pour organiser tout de même un spectacle. Décidément, notre campagne contre les cirques sera malheureusement fort utile.

Vigilance

Dernière cartouche, Dany Laurent essaie encore, pour éviter la catastrophe financière désormais prévisible, de faire un nouveau dossier scientifique «plus étoffé» pour obtenir l’autorisation de transport auprès du ministère de l’Environnement, mais le risque qu’il l’obtienne est faible. Nous vous demandons donc d’agir encore une fois, l’ultime sans doute, dans ce dossier en écrivant dès maintenant à madame Dominique Voynet (20, avenue de Ségur 75007 Paris) pour la remercier – c’est très important et elle le mérite – ainsi que les hauts fonctionnaires qui se sont penchés favorablement sur l’affaire (notamment messieurs Jean- Pierre Raffin et Jean-Jacques Lafitte). Mais aussi pour lui dire que vous savez bien que le Safari Africain est mu par l’argent et non par l’intérêt de la science, laquelle ne sert que d’alibi commode une fois de temps à autre. Elle saura une nouvelle fois que nous ne sommes pas dupes et nous annulerons ainsi les derniers efforts de ce zoo qui a voulu jouer à quitte ou double. Et qui a perdu, grâce à vous.

Au nom des dauphins et de tous les animaux captifs (ou risquant de le devenir) que cette décision concerne, un grand merci.

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