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Coalition Européenne pour mettre fin à l'Expérimentation Animale

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Document publié le 14 octobre 2002

"Jean Richard, un ami qui leur veut du bien ?" (Printemps 2002)

Jean Richard, propriétaire du cirque Pinder jusqu’en 1978, est mort le 12 décembre dernier des suites d’un cancer à l’âge de 80 ans. Encensé par la presse tant pour son talent de comédien (il avait incarné le Com-missaire Maigret à la télévision) que pour son « talent » de dresseur, il est devenu pendant quelques jours une sorte de symbole de l’ami des animaux. En 1980, il reçoit le Grand Prix national du cirque, après avoir obtenu de l’État la reconnaissance du cirque comme une activité culturelle à part entière. En 1971, il était même administrateur d’une association protectrice des animaux. Et pourtant, lorsqu’on lit son livre Mes bêtes à moi, on est choqué de sa conception de l’animal.

JEAN RICHARD est en effet à l’origine du premier zoo privé d’Europe avec l’ouverture en 1956 du zoo d’Ermenonville.

Dans son livre, il nous parle, sans aucune retenue, de ces animaux arrachés à leur milieu naturel pour fournir les zoos et cirques français, nous livrant au passage quelques conseils pour éviter les mauvaises affaires avec les trafiquants. Par contre, il n’apporte aucune objection quant à la capture et à l’enfermement à vie de ces animaux ayant évolué auparavant dans un monde libre et sauvage…

Sa première expérience de dressage se passe de commentaires : « Fourche et fouet en main, je pénétrai dans le poulailler et je m’attaquai à un pauvre coq, que je rendis furieux en trois séances de dressage en férocité. Il fallut, non pas le tuer, mais l’abattre. Une vocation était née… »

D’autres témoignages sur les éléphants sont tout aussi évocateurs : « Le lendemain, je les attendais de pied ferme, fouet en main, et ils arrivaient. L’animal de tête marquait un temps d’arrêt avant d’entrer en piste. Il me jaugeait de haut en bas et jetait un regard circulaire sur le chapiteau vide. Il comprenait très vite que l’explication entre eux et moi, sans témoins, allait être orageuse, et allègrement, ils pénétraient en piste. Résultat : ils travaillaient comme des petits anges. Comment les punir ?… C’était parfait ! Et le soir, toutes lumières allumées, salle pleine, ils arrivaient et faisaient n’importe quoi ! j’en ai même vu un entrer de dos… » Jean Richard nous parle de punition, d’explication orageuse et pire encore, d’absence de témoins ! Une absence qui définit le comportement de ces mastodontes de plus de trois tonnes tétanisés à l’idée de subir la correction du dompteur. Réaction de crainte que l’on retrouve à travers cet autre témoignage : « J’ai vu le directeur Franz Althoff, qui possède le plus grand groupe européen actuel, arrivant à quatre mètres de la tente de ses quinze éléphants, se mettre à hurler en allemand. Immédiatement, les quinze pachydermes commençaient à pisser (de peur)… »

UNE VIOLENCE D’ACTUALITÉ

Il est difficile, face à ces aveux ouverts, de ne pas se demander à quoi ressemble aujourd’hui le dressage en France, surtout lorsque l’on sait que Gilbert Edelstein – PDG de l’actuel cirque Pinder, était l’assistant de ce même Jean Richard.

Ces dernières années, de nouveaux scan-dales ont éclaté à travers le monde concernant les violences constatées lors de dressage (par exemple, en août dernier à San José aux États-Unis, le dompteur Gebel du cirque Ringling Brothers and Barnum & Bailey a été surpris en train de frapper avec un crochet pointu une femelle éléphant).

Ces mêmes violences se retrouvent à travers les témoignages de dresseurs français tout au long du XX e siècle. Nous doutons par conséquent que le domptage français actuel soit une exception, et qu’il suffirait d’une cacahuète pour mettre un ours sur une trottinette (numéro présenté par Kid Bauer, dresseur) pendant 15 ans chez Pinder et filmé en caméra cachée par One Voice à Bourges en novembre 2001), d’autant que les grands cirques français louent les services de dompteurs étrangers… Jean Richard n’a donc eu aucun mérite dans son activité de zoologue dresseur ; les animaux n’ont pu trouver en lui qu’un geôlier, un esclavagiste et un commercial hors pair.

COMBATTRE, SANS RELÂCHE, CET ESCLAVAGE

Il nous faut continuer ensemble à informer le public mais aussi les mairies, les administrations ou les comités d’entre-prises que soutenir un cirque avec animaux, c’est accepter une des dernières formes d’esclavage. Que payer pour rire d’une vie contrainte à la prison et à la soumission, c’est faire perdurer cette servitude, et que cela est inacceptable. Notre travail auprès des ministères et des institutions européennes ne peut porter ses fruits que si le public, de son côté, rejette cette exploitation et privilégie le cirque sans animaux. Les derniers chiffres font état de 150 cirques traditionnels (avec animaux) contre 350 cirques modernes (sans animaux), la tendance actuelle est donc plutôt positive en termes de nombre d’entreprises, mais la fréquentation par le public est inverse, les cirques traditionnels drainant 60 % du public, les petits cirques de villages 26 % et le cirque contemporain 14 %, selon une étude du ministère de la Culture de 1992.

Pour cela, il est important de faire connaître ces nouveaux cirques, de les proposer comme une alternative aux municipalités désireuses d’inviter des chapiteaux. Si les demandes s’accentuent, les cirques traditionnels auront tout intérêt à se reconvertir. Il ne s’agit pas pour nous d’opposer une conception moderne à une forme traditionnelle des arts de la piste, mais bien un cirque avec animaux à un cirque sans animaux.

Aussi, One Voice va publier une liste de cirques 100 % sans animaux, afin que les mairies, les écoles ou les comités d’entreprises puissent opter pour ces établissements.

En parallèle, nous vous encourageons à diffuser l’information autour de vous, à réagir à chaque article de presse vantant l’exploitation d’un animal et à exiger de vos écoles qu’elles n’entrent pas dans le jeu de cette anti-pédagogie qu’est la présentation d’un animal dénaturé soumis au caprice et à la violence d’un dompteur sans scrupule.

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