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Document publié le 14 octobre 2002

Poules pondeuses

Une vie de frustration, de douleurs et de stress. C’est à cela que se résume l’existence d’une poule de batterie ; une évidence confortée par de nombreuses études scientifiques et du comportement. À l’origine, le terme "élevage en batterie" n’était utilisé que pour les poules. Archétype du "hors-sol", ce système productiviste nie l’existence de l’animal en tant qu’être sensible, sacrifiant le bien-être de centaines de millions d’individus à la seule rentabilité économique. Pourquoi les laisser bouger ? Étendre une aile ? Faire un nid ? Picorer comme n’importe quelle poule de basse-cour ?Voyage au bout de l’horreurLes mâles ne pondent pas et ne deviennent jamais des poulets de chair car il ne s’agit pas des mêmes races.

Ils sont donc inutiles. Poussins d’un jour, ils vont, par centaines de millions, sur des tapis roulants soit jusqu’à une broyeuse où la mort les attend, soit dans de grands sacs en plastique où ils étoufferont lentement.

Une industrialisation à outrance

• Dans les immenses hangars de cages en batterie, un éclairage artificiel sert à accélérer la ponte. Jamais les poules n’ont le repos que leur accorde la nature au rythme des jours et des saisons.

• Tout est automatisé : deux tapis roulants évacuent chacun les fientes et les œufs, un autre apporte la nourriture.

• Personne n’approche du fond du hangar pour éviter les mouvements de panique souvent mortels chez ces animaux totalement perturbés. Si une poule – ou dix ou cent – meurt tout au fond, personne ne voit rien de son agonie ou de son déchiquetage par les congénères.

• Il faut que les œufs ne cassent pas – d’où l’extrême finesse des grillages sur lesquels reposent les pattes des gallinacés. Le grillage est en pente pour laisser rouler les œufs vers l’extérieur, et les poules doivent constamment bloquer leurs pattes. Il en résulte plus qu’un inconfort permanent : une forte et constante douleur dans les pattes. En dehors des maladies, les pattes sont la principale source de souffrance physique des poules pondeuses.

Le manque d’espace

Pour une rentabilité maximale, il faut faire tenir le maximum d’oiseaux dans le minimum d’espace "vital". La taille habituelle d’une cage est de 46 par 51 cm, pour cinq ! Et l’envergure moyenne (les deux ailes étendues) d’une poule est de 75 cm. En clair, voler, non. Marcher ou étendre une aile, non plus. Même en vertical, les mouvements de tête habituels sont limités par la hauteur moyenne de 35/40 cm.Parfois des poules restent bloquées près de la nourriture et leurs ongles se referment sur le grillage duquel elles sont arrachées lors du ramassage pour l’abattoir. Les poules s’ennuient, elles piquent donc tout ce dont elles peuvent se saisir au risque de blesser leurs voisines jusqu’au sang. Cela ne se produirait jamais dans la nature. Et en cas d’agressions – très nombreuses vu le stress – il n’y a pas d’espace pour fuir. La fausse solution qu’ont trouvée les éleveurs industriels au manque d’espace et à l’inactivité, c’est le débecquage – il existe aussi chez les poulets "de chair". On coupe une partie du bec avec une lame chauffée. Parfois les becs sont arrachés lors de cette atroce opération.

Une vie contre nature

L’odeur est pestilentielle à cause des déjections – d’où les maladies respiratoires et les blessures et infections des pattes. Et cette méthode d’élevage ne permet de nettoyage que lorsque le hangar est "vidé", toutes les 72 semaines. Le bruit est infernal : des dizaines de milliers de caquètements en permanence…

Ennui, rationnement et maladies

Une poule n’a ni sol à gratter, ni graine à picorer, ni espace, ni matériau pour construire un nid. Cette frustration permanente exacerbe l’agressivité et la folie.La nourriture uniforme et industrielle, – céréales, cadavres d’animaux, produits chimiques et médicaments préventifs (antibiotiques et anti-dépresseurs notamment !) – arrive automatiquement. Elle est réduite au minimum : économies ! Pendant toute la vie de la poule, son rationnement peut atteindre 70% de la quantité normale de nourriture et d’eau. De l’aveu des aviculteurs, ces privations provoquent aussi un stress. Les médicaments n’empêchent pas les poules de souffrir potentiellement d’une vingtaine de maladies. Dans un hangar où sont entassés des dizaines de milliers d’animaux, l’aération ne peut pas suffire en cas de fortes chaleurs. En France, durant l’été 1994, plus d’un million de poules en sont mortes !

Des œufs sains ?

Les scientifiques ont noté l’augmentation des salmonelloses. Le Monde du 8 mars 1997 annonçait que quatre antibiotiques soignant la salmonellose n’avaient plus d’effet sur l’homme. Dans les élevages, de trop grandes quantités sont administrées aux animaux en prévention des maladies ou pour accélérer leur croissance, et absorbées ensuite par les consommateurs. L’ingestion répétée de ces doses infimes a rendu le médicament inefficace sur l’homme mais parfois cancérigène. La ponte se fait ici à un rythme contre nature : 265 œufs par an et par poule contre une moyenne "naturelle" de 170. Les pondeuses sortent des cages épuisées et très amaigries. Les scientifiques ont remarqué que les poules se retiennent de pondre jusqu’à une demi-heure à chaque œuf. Ce phénomène très douloureux est motivé par l’incapacité de protéger sa progéniture."La pire torture infligée à une poule de batterie est l’impossibilité de se retirer quelque part pour pondre. Pour la personne qui connaît un peu les animaux, il est réellement déchirant de voir comment une poule essaie et essaie encore de ramper sous ses voisines de cage pour y chercher en vain un endroit abrité." (Professeur Konrad Lorenz, Éthologiste et Prix Nobel)

La fin du calvaire

Le ramassage brutal opéré par des équipes spécialisées va très vite. Du fait de leur captivité, les pondeuses ont peu de muscles efficaces et des os friables. À l’arrivée à l’abattoir, trois poules sur dix ont des fractures, d’autres des déboîtements d’ailes, des luxations et blessures diverses.Les carcasses des poules pondeuses ne sont pas présentables pour la consommation. Leur chair devient donc des bouillons cubes "à la poule", soupes au poulet, remplissages de raviolis, saucisses, etc...

Législation et surproduction

La Directive 1999/74/CE prévoit des normes minimales de 750 cm2 par poule en 2012, contre 450 cm2 (et en cages aménagées). Ce système peu rentable laissera peut-être alors place aux alternatives ne représentant que 4 millions de poules sur 60 millions en France pour l’instant.Par ailleurs, pour sortir de la crise actuelle de surproduction, le rapport Evette, commandé par le Ministère de l’Agriculture en 1999, préconise le retrait de 2 millions de poules pondeuses en batterie .

Ce que vous pouvez faire

• Achetez exclusivement des œufs de poules élevées en "plein air", ou mieux en "libre parcours", ou biologiques. Ne vous laissez pas leurrer par les labels rusés : "de ferme", "œufs frais", "œufs datés"…

• Persuadez d’autres personnes de vous imiter. Pour cela, n’hésitez pas à commander nos tracts.

• Au restaurant, refusez les plats avec des œufs et dites pourquoi. La pression économique est inefficace si elle n’est pas expliquée.

• Faites attention aux aliments industriels tels les pâtes aux œufs frais (il en existe sans), mayonnaises, pâtisseries, gâteaux secs, flans et autres desserts. À eux seuls, ils représentent plus du tiers des œufs de batterie consommés en France.

• Enfin, écrivez aux fabricants – leurs services consommateurs sont inscrits sur les emballages – pour motiver votre rejet définitif, sauf s’ils décident de changer d’approvisionnement et le signalent clairement.Plus la demande d’œufs "libres" sera forte, plus les prix baisseront. Merci d’agir à nos côtés pour les animaux.

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