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Document publié le 14 octobre 2002

Volailles : prêt à cuire ? (printemps 2000)

Comment éprouver de la compassion pour un poulet ? Sous cellophane ou dans une rôtissoire, ce n’est pas un animal, seulement un morceau de chair. Pourtant, l’immense majorité des un milliard cent millions d’animaux mangés annuellement en France (sans compter les poissons, crustacés, mollusques…) sont des volailles. Aucune autre catégorie d’animaux terrestres ne paie un tel tribut à nos assiettes, dans une indifférence quasi totale.
Leur consommation s’accroît régulièrement : elle est passée de 6,8 kilos par Français en 1940 à 22 kilos aujourd’hui (environ le double de la moyenne européenne !). Et lorsque les gens se détournent de ces animaux, c’est à cause des saletés chimiques accidentelles et antibiotiques permanents qu’on leur fait absorber, non par compassion.

Avec le poulet "classique" comme exemple (55% de la consommation de volailles), One Voice va vous faire toucher du doigt la réalité de l’élevage des volailles, notamment industriel.

La reproduction

L’accouveur professionnel transforme des millions d’œufs en poussins d’un jour. Ces oisillons sortis d’un incubateur industriel seront aussitôt vendus à des fermes intensives ou même biologiques. Ils n’auront connu ni leur mère, ni une présence humaine.

Les conditions de vie

Comme le décrit Animaction n°8 (toujours disponible, 10 F), si les poules pondeuses sont les plus malheureuses, les poulets n’ont pas de quoi pavoiser. Dans des bâtiments sans fenêtres dont la ventilation n’est pas toujours adéquate (points communs avec les pondeuses, qui risquent aussi de mourir facilement en cas de coup de chaleur), ils vivent au sol par milliers ou dizaines de milliers. La densité habituelle pour un poulet ordinaire, non label, est de 22 par mètre carré !

Un endroit sans soleil où, même quand elle n’est pas "polluée", la nourriture industrielle (céréales, "produits énergétiques" : graisse, suif, farines de viande et d’os, et supplémentation de produits chimiques) arrive automatiquement : pas de vermisseaux à picorer dans l’herbe avec maman-poule. La mortalité y est de 5 ou 6% (sans compter le transport), soit une trentaine de millions de poulets au moins chaque année en France.

Comment grossir très vite ?

La nourriture représente 65% du prix de revient d’un poulet. Les marges sont faibles; il faut donc en produire le maximum sur le minimum de place avec la croissance la plus rapide possible. L’abattage a lieu à 6 ou 7 semaines (souvent 41 ou 42 jours pour un poids moyen de 1,7 kg, soit deux fois plus rapidement qu’il y a une trentaine d’années !). Un poulet vit naturellement 6 ou 7 ans ! Les consommateurs sont presque tous inconscients du fait que leur poulet est… un gros poussin ! En conditions normales, il resterait avec sa mère au moins jusqu’à l’âge de 8 semaines.

De terribles problèmes de pattes

Les muscles du poulet grossissent plus vite que son squelette, notamment ceux des pattes. Une étude anglaise (Kestin et al., 1992) permet de mesurer l’ampleur de la tragédie chez les poulets d’élevage industriel : 90% ne peuvent marcher normalement !

Des contrecoups inattendus

Un poulet grandit plus vite que son cœur et ses poumons ! Beaucoup d’oiseaux développent donc des problèmes cardiaques et un douloureux gonflement de l’abdomen par des fluides corporels. Selon les calculs d’organismes officiels, un pour cent – une paille ! – des poulets meurent d’ascite, soit environ 7 millions chaque année en France – une poutre ! Les animaux fatigués s’assoient ou se couchent, et le contact prolongé avec des litières pleines de déjections, riches en ammoniaque et agissant comme un acide occasionne des brûlures et des ulcères aux doigts et aux pattes, et des ampoules à la poitrine – parfois visibles au travers de l’emballage "prêt à cuire". En grossissant, les poulets réduisent le peu de place dont ils disposent pour se mouvoir. Cela accroît la faiblesse des pattes

Reproducteurs : un sort inverse

La même "logique économique" qui fait surnourrir les uns amène à affamer les autres. Les reproducteurs ont été eux aussi génétiquement sélectionnés pour la même croissance rapide, ils ont donc beaucoup d’appétit. Mais les nourrir à leur faim n’est pas rentable. Fertilité réduite, boiteries et problèmes cardiaques seraient leur lot. Une étude de Savory, Maros et Rutter en 1993 indique qu’ils ne disposent que du quart ou de la moitié de ce qu’ils absorberaient s’ils le pouvaient ! Ces oiseaux reproducteurs se jettent sur la nourriture et montrent des signes évidents de stress dû à la faim.

La capture et le transport

Une équipe de "ramasseurs" saisit brutalement les oiseaux par les pattes, plus exactement par une seule patte, ce qui occasionne de fréquentes dislocations du fémur au niveau de la hanche et autres traumatismes. Cela intervient lors de la capture (il faut leur courir après ou les encercler par petits groupes) ou du transport manuel, "par grappes". Les poulets sont terrifiés, assimilant la capture à une prédation aux conséquences mortelles. Plusieurs études ont démontré que "la rude manipulation" est une des principales causes de stress, de souffrances et de blessures. Prendre les oiseaux par leurs deux pattes serait déjà un progrès considérable.

L’opération se fait à toute vitesse. Les ramasseurs emportent une demi-douzaine d’individus à chaque fois jusqu’à une cage où ils sont entassés sans ménagement. Les couvercles sont rabattus violemment sur les pattes, les ailes ou les cous qui dépassent. De tout cela, il résulte de nombreuses fractures ou déboîtements d’articulations – touchant entre 15 et 20 millions d’oiseaux selon certaines études.

Les camions sont surchargés. Environ 0,4% des animaux meurent pendant le dernier transport (plus de 3 millions et demi). Pendant le trajet, ils succombent suite aux chocs, stress, chaleur, froid, suffocation et blessures diverses. Les arrêts cardiaques causent la moitié des décès, les traumatismes divers (dislocation du fémur, foie éclaté, tête écrasée…) en causent un tiers. Quand on vend des morceaux de poulets séparés (ailes, cuisses), ils proviennent souvent d’oiseaux blessés ou malades, invendables entiers.

L’abattage

À l’abattoir, les oiseaux sont arrachés de leurs cages et leurs pattes positionnées dans des boucles métalliques sur une chaîne automatique, la tête en bas. Ils pendent ainsi quelques minutes avant d’être étourdis électriquement par une machine pas toujours efficace pour les rendre inconscients. La loi oblige à un étourdissement préalable pour que les animaux ne ressentent pas la douleur, sauf abattages israélites ou musulmans. La technique courante où l’animal est abaissé pour que la tête trempe dans un bain d’eau électrifiée n’est pas fiable car beaucoup d’oiseaux relèvent la tête et ne sont pas du tout étourdis. Et le courant n’est pas toujours assez fort, mais cela est volontaire, pour éviter des problèmes de coagulation sanguine dans la viande, alors peu appétissante.

Les deux carotides devraient être tranchées, mais c’est loin d’être toujours le cas, ce qui maintient les oiseaux conscients deux minutes de plus en moyenne. Les couteaux automatiques pour la gorge sont réglés sur une taille moyenne : les petits oiseaux les reçoivent dans la tête, les plus gros dans la poitrine. Des millions, pleinement conscients puisque non étourdis, s’agitent encore et les lames tranchent n’importe où. Certains entrent donc vivants dans un système de plumage par eau bouillante…

Les labels et les "bio"

Les poulets "industriels" représentent 90% du marché. Avec la "semi-tromperie" des différents labels rouges, les gens imaginent des animaux heureux. Voici quelques détails sur ces fameux labels.

• "Poulet élevé à l’intérieur" : il est enfermé dans un bâtiment, mais il y reste un peu plus longtemps (abattus à 81 jours) avec une nourriture un peu différente (et des activateurs de croissance jusqu’à 5 jours seulement). Là, au lieu de 22, ils ne sont "que" 11 au mètre carré !

• "Poulet fermier élevé en plein air" : Il s’agit d’un enclos grillagé. La mort est programmée à 81 jours. Ils peuvent encore consommer des additifs alimentaires 5 jours avant.

• "Poulet fermier élevé en liberté" (type Loué) : ils peuvent sortir à l’extérieur… dès 5 semaines, dans un plus grand enclos. Mais beaucoup d’animaux stressés n’osent pas sortir. L’abattage se fait à 91 jours et la nourriture consiste en des céréales pour 80% à partir du 29e jour, sans activateurs de croissance.

Et puis il y a les AOC (appelation d’origine contrôlée), "le dessus du panier", nettement plus cher, et les poulets bio, dont la nourriture est uniquement bio mais les conditions de vie sont assez semblables au dernier label rouge cité. Heureusement, il est interdit de faire du débecquage (épointage toutefois toléré), du désonglage ou du désailage, et la surface herbue librement accessible est de 2,50 m2 au minimum. Mais tous les poussins d’un jour proviennent d’accouveurs industriels non bio (il n’y a aucun accouveur bio en France). Et les animaux ne sont pas toujours totalement formés à 91 jours.

Dans tous ces cas, One Voice refuse une exploitation animale se terminant par la mort. Cela est conforté par le fait que les trois dernières étapes de leur vie – capture, transport et abattage – sont les mêmes que pour les poulets ordinaires. Ces dernières 24 heures, particulièrement pénibles, devraient faire réfléchir tous ceux qui s’imaginent qu’il est possible d’obtenir de la viande "sans cruauté". La poursuite du profit maximal en aviculture se fait au détriment d’êtres vivants et sensibles. Le bien-être animal est absent, les droits des animaux sont bafoués. Mais le responsable, c’est toujours le consommateur.

De plus en plus contesté, l’élevage intensif est en perte de vitesse au profit d’un élevage extensif, "bio" ou pas, plus respectueux du bien-être animal et de la qualité des produits. Nous pensons qu’il demeure contraire aux droits fondamentaux des animaux, mais aller dans cette direction est un premier pas souhaitable, le début d’une prise de conscience face à l’inacceptable.

Vous voulez ne plus manger que des animaux adultes qui ont bien vécu, qui ont été gentiment capturés, délicatement transportés puis tendrement abattus ? Bon courage pour en trouver ! Pour que ça change, il est important que vous ne vous rendiez plus complice de cet état de chose. Les animaux sont des êtres vivants et sensibles, non de la viande sur pattes. Ils ne peuvent se défendre eux-mêmes. Merci de ce que vous pouvez faire en leur faveur, en tant que consommateur, citoyen et être humain.

• Distribuez notre tract sur l’élevage et nos autres tracts, il vous permettront de faire évoluer les mentalités et de réduire le nombre d’animaux consommés. Les gens doivent se détourner de cette chair pleine de souffrances, c’est la seule chose qui puisse vraiment éviter que ce scandale ne continue, l’espoir d’obtenir des lois européennes plus strictes est faible et même nul si les textes doivent venir de France. Aucun pouvoir politique chez nous ne touchera jamais réellement aux agriculteurs, notamment aux éleveurs : trop d’électeurs, trop de risques de préfectures cernées de tracteurs… La solution est donc bien entre les mains des consommateurs, et tout d’abord des vôtres pour les informer. Merci d’agir.

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