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Document publié le 14 octobre 2002

Le Foie gras, un concentré de souffrances

Beaucoup sont horrifiés, à juste titre, d’entendre parler des chiens de Corée. Et si on balayait d’abord devant notre palier hexagonal ? Avec les autres associations d’EAR, Æqualis va se battre, hiver après hiver – période des fêtes oblige – pour faire comprendre à tous que le foie gras représente le summum de la torture, la pierre de touche de l’inacceptable. De trop nombreux amis des animaux ignorent les détails techniques du gavage, et nous allons les leur fournir pour que l’information circule.

Ils sont déplaisants à examiner, mais nous vous exhortons à les lire jusqu’au bout : ayez ce courage pour les animaux. Notre tract vous servira à dénoncer cette barbarie (vous pouvez en commander gratuitement comme d’habitude), mais vous devez pousser les gens à lire aussi cet article plus détaillé car ce dossier d’information s’adresse également aux consommateurs qui participent à l’exploitation ignoble d’environ 17 millions d’animaux. Nous pensons que les faits cités ci-dessous doivent les amener à délaisser ce “mets raffiné” s’ils éprouvent un minimum de compassion. Deux Français sur trois ne mangent jamais de foie gras. Le calcul est simple : si ce pourcentage augmente, ce seront autant d’animaux qui ne connaîtront pas ces horreurs.

Outre les faits scientifiques tirés de rapports officiels, certains détails sont le fruit de nos enquêtes. Ces horreurs se passent bien en France, la France qui consomme 55% du foie gras produit dans le monde (c’est donc bien du sort de 9 millions d’animaux qu’il s’agit). Si nous autres, Français, ne prenons pas les choses en mains, qui le fera pour l’hexagone ? La première atrocité est cachée : elle consiste à tuer les jeunes femelles à la naissance, car les mâles font, paraît-il, un foie de meilleure qualité. Ce sont donc au moins 15 millions de canetons qui n’ont pas le bon sexe et sont éliminés comme les jeunes poussins mâles dans l’industrie avicole : mis vivants sur des tapis roulants jusqu’à un broyeur, ou parfois étouffés dans des grands sacs. Nous avons des films atroces où l’on voit des jeunes canetons se traîner, agonisants, sur les cadavres de la “couche inférieure”, et ça sert rarement de publicité au foie gras.

Après un prégavage d’une dizaine de jours, servant à dilater l’œsophage du palmipède (400 g/jour pour un canard, 700 pour une oie), on entame la phase de gavage précédant la mort : 15 jours pour un canard, de 18 à 24 pour une oie. Les oies reçoivent environ 900g par jour, en 3 à 5 séances (rarement 5). Les canards mulards, hybrides stériles issus essentiellement de canards de Barbarie et de canes colvert représentent 95% des canards gavés (seulement 5% de “Barbarie” purs). Ils sont engraissés avec 800g journaliers voire un peu plus, en deux fois.

Même en France, les élevages en grande majorité utilisent des systèmes industriels, électriques ou électro-pneumatiques. Un canard mulard se voit injecter un demi-kilo de maïs humide en cinq secondes ! L’équivalent de 12 kg de spaghettis arrivant dans notre estomac en 5 secondes, deux fois par jour. À l’abattage, il faut faire saigner l’animal rapidement et totalement pour éviter les traces de sang sur le foie – moins de valeur – mais l’étourdissement préalable par électronarcose n’évite pas les souffrances. Les animaux sont suspendus par les pattes et plongés dans un bain d’eau électrifiée. Ils se débattent convulsivement pendant cette phase, et parfois encore après au moment d’être égorgés. Les suivants peuvent voir ce qui les attend.

1 -Une misère physiologique marquée par de nombreuses maladies

Développer un foie “gras” par gavage est en soi une maladie appelée techniquement une stéatose hépatique nutritionnelle, processus pathologique donnant une hépatomégalie (c’est-à-dire un foie énorme) et se transformant en hépatonécrose, mortelle. Les animaux doivent donc être tués avant d’atteindre le stade où la maladie les emporte, stade où le foie peut aussi devenir “friable”. Perdant ainsi ses qualités et n’étant alors plus commercialisable, il détermine les dates d’abattage où l’éleveur a le plus de chance d’obtenir une taille optimale avant la mort de l’animal. Mais cette maladie est entourée d’un cortège d’autres, abordées ci-dessous, auxquelles il faudrait encore ajouter les maladies aviaires habituelles se développant fréquemment dans les élevages, même pas abordées ici !

Les affections hépatiques proprement dites, en plus de l’hépatomégalie, comprennent : les périhépatites (lésions liées à des phénomènes inflammatoires) ; les nécroses (d’origines diverses : infectieuse, toxique et circulatoire) ; des troubles circulatoires associés à une forte hypertension (insuffisance cardiaque ou rénale) ; l’encéphalohépatie (mouvements de cerclage, crises épileptiformes, augmentation de la pression intracrânienne débouchant sur migraines, stupeur, coma et mort) ; l’insuffisance hépatique (troubles fonctionnels divers, associés ou non : anémie, métaboliques, de la circulation, secrétoires donnant des gastroentérites, des ictères…). Il s’agit de lésions de stéatonécrose arrivant en fin d’évolution, généralement irréversibles et condamnant l’animal.

« Tout ceci prouve qu’il ne s’agit pas là d’un processus normal mais d’un processus pathologique ». Docteur vétérinaire Yvan Beck.

En plus des atteintes faites au foie lui-même, il y en a beaucoup d’autres, souvent mortelles :

– lésions provoquées par la pratique du gavage : mal de cou (vers le haut, par introduction trop brutale de l’embuc), mal de jabot (plus bas, perforation de l’œsophage lors du passage de l’embuc, brûlures à cause du maïs trop chaud) ;

– asphyxie quand le maïs passe accidentellement dans la trachée ;

– nécroses de fin de gavage, accès de convulsion et mort rapide à la suite de crises d’hypoglycémie (souvent à la suite d’interruption d’alimentation en cours de gavage, le dimanche par exemple !) ;

– morts subites par hémorragie hépatique sous l’effet de stress ou de bousculades ;

– autres accidents dus aux mauvaises conditions de détention : blessures aux pattes sur caillebotis,…Il existe aussi d’autres maladies induites directement par le gavage, car les modifications du mode et du type d’alimentation constituent un stress énorme pour l’organisme. Les infections secondaires, appelées “germes de sortie”, sont donc le tribut à payer pour pousser la productivité : les parasites (verminoses intestinales) ; les champignons ; les infections bactériennes (entérites, maladies respiratoires, choléra). Ces maladies sont traitées par divers médicaments qui, donnés peu de temps avant l’abattage, laissent des résidus chimiques.

Au terme du gavage, par hépatomégalie, les animaux ont presque doublé de poids, leurs muqueuses et leur peau ont pâli, leur plumage est collé par un enduit gras, leur démarche est difficile, leur abdomen est très lourd et leur respiration haletante car les sacs aériens sont compressés, les oiseaux n’ayant pas de diaphragme.

Si le gavage continue,les animaux se couchent à bout de force, asphyxiés, pour mourir.” thèse du docteur vétérinaire Castets

2. Une misère psychologique marquée par de nombreux troubles

Si un vétérinaire peut aisément démontrer que le gavage rend les animaux malades, des éthologistes (spécialistes du comportement), tel le professeur René Dayan (faculté d’agronomie, Université Catholique de Louvain) ont prouvé qu’il cause de la souffrance, c’est-à-dire “une réduction critique d’un état subjectif de l’animal qu’on appelle son degré de bien-être”. Comme celui-ci résulte de la satisfaction d’un certain nombre de besoins de base, leur absence partielle ou totale amène cette souffrance qui découle, en plus, de stimuli causant la douleur et le stress. Pour les palmipèdes gavés, les insatisfactions ne manquent pas, et les stimuli négatifs abondent : la souffrance est indéniable.

La première des privations est celle des besoins comportementaux : les activités naturelles ne sont pas possibles pendant la phase de gavage, les conditions d’hébergement étant incompatibles avec le bien-être des palmipèdes pour les raisons suivantes :

– le confinement dans des cages de batterie qui peuvent être encore inférieures à celle des poules : 25 cm par 15 ! Ces 375 cm2 ne sont même plus une prison mais un cercueil de grillage où il est impossible de bouger, sans parler d’étendre une aile…Un canard n’y est pas seulement gêné mais aussi blessé, notamment au cou quand il dépasse de la cage. Et quand ils deviennent plus gros, certains ne peuvent même plus passer la tête au travers, ce qui les oblige à vivre constamment courbés.

– la surpopulation, quand ils sont dans des “parcs collectifs” de gavage, c’est-à-dire 15 à 18 sur 3 m2, occasionne du stress, de l’agressivité et des coups de becs. Comme pour les poulets, les canards sont débéqués à l’âge de 2 semaines. Pour des facilités de manipulation, on leur arrache également les griffes des pattes qui ne repousseront plus. Le bec d’un canard est son principal organe sensoriel, il s’en sert normalement pour percevoir les aliments sous l’eau. Le débécage restera extrêmement douloureux toute sa courte vie.

Nous tenons à préciser que notre enquête a révélé que ces pratiques de mutilations existent dans tous les élevages, même les élevages dits traditionnels.

– l’absence d’eau, car même en prairie avant gavage, il est impossible de nager et de nettoyer correctement son plumage (il reste desséché car le graissage naturel des plumes ne peut se faire).

– le fait de devoir manger et boire passivement, car son nourrissage de force ne prend que peu de temps (pouvant être réduit à 2 fois 5 secondes dans une journée !). Alors que dans la nature ou en basse-cour, il passe plus du tiers de son temps à la recherche de nourriture.

Puis vient la privation des besoins physiologiques, car la nourriture (poudre de maïs cuit et salé mélangée à de l’eau) qu’on leur fait ingurgiter n’est pas une alimentation équilibrée. Les palmipèdes ne la mangeraient pas d’eux mêmes, en tous cas pas dans de telles quantités. Et il n’y a aucun autogavage, sauf chez des individus dont on a détruit une partie du cerveau. Le choix, spontané ou appris, des aliments adéquats pour la santé, ne peut plus s’effectuer.

La privation des besoins sociaux est particulièrement grave, car il s’agit d’espèces grégaires cherchant à former des groupes stables où existe la coopération. Le gavage leur fait vivre une existence où la recherche de contacts est totalement faussée sur plusieurs points :

– aucune possibilité de contacts avec les congénères visibles au travers des barreaux, et donc frustration des relations affiliatives et de leurs manifestations, toilettage mutuel notamment.

– les élevages n’étant composés que de mâles, il y a privation de relations avec les femelles, relations d’autant plus importantes qu’elles s’opèrent chez des espèces à formation de couple stable, fidèle : cela cause un stress social manifeste.

– il y a une grave atteinte au comportement due au processus d’imprégnation filiale : dans les premières heures de leur vie, les oisons et canetons s’attachent aux premiers individus qu’ils voient, à savoir des humains : il y a dépendance affective à ces “faux parents” vers lesquels on se précipite volontiers. Mais cette tendance est progressivement contrariée par les douleurs croissantes dues au gavage, occasionnant des réponses de fuite très parlantes. Le conflit émotionnel est intense : on veut aller vers les humains et fuir les gaveurs. Cela devient une réelle anxiété.

Et il y a la douleur elle-même, celle liée aux maladies évoquées plus haut et les souffrances intenses qui viennent des récepteurs sensoriels de la bouche et du gosier, blessés par les passages répétés de l’embuc ou de l’aliment brûlant, mais aussi de l’élargissement de la rate et du foie, pressant sur d’autres organes comme les poumons. Et, bien sûr, du contact permanent avec le grillage, produisant un peu partout du déplumage et des lésions.

Enfin, le stress car : “Des perturbations de l’environnement répétées imposent à l’animal des mécanismes d’adaptation excessifs qui finissent par être dommageables pour sa santé.”(Professeur René Dayan)

Il y a stress ponctuel avec augmentation du rythme cardiaque et velléités de fuite, impossibles en cage, pour toutes les manipulations humaines et surtout au moment où le gaveur prend l’animal par le cou ou la tête pour le forcer à ouvrir le bec. Celui-ci s’agite fortement et manifeste, après le gavage, des comportements anormaux, essayant par exemple de tourner en remuant la tête. Quand il est en parc de 3m2, il essaie de fuir et montre ce qui est plus que du stress : c’est bien de la terreur.

Et il y a aussi stress prolongé, chronique, avec activation de diverses glandes secrétant des hormones, s’accompagnant d’une diminution des défenses immunitaires et donc lié à l’apparition de certaines maladies. Et le stress apparaît dès le premier jour de la vie, lors du transport depuis l’élevage du “naisseur”, en train ou camion, sans eau ni nourriture.

“Le stress répété que subissent les canards explique une large proportion des 4 à 10 % des cas de mortalité qui sont constatés [officiellement] jusqu’à l’abattage.” René Dayan

LES ARGUMENTS DES GAVEURS

C’est un phénomène naturel, comparable à la prise de poids des oiseaux avant d’affronter une migration.

Entre une petite quantité de graisse servant de réserve, répartie sur tout le corps et notamment la poitrine, et l’énorme dose de nourriture inadaptée multipliant le volume d’un foie par 10 ou 12, il n’y a aucune commune mesure ! La surconsommation naturelle est limitée, raisonnable.

Un animal malheureux ne peut fournir un produit “de qualité”.

Il existe pourtant une règle dans le Sud-Ouest : “C’est l’oie qui crie le plus fort qui aura le foie le plus beau.” Les deux choses n’ont aucun rapport.

Il n’y a pas maladie car le phénomène est réversible si on cesse le gavage.

Ce n’est valable que les tous premiers jours et c’est donc un mensonge éhonté. Les lésions conduisent logiquement à la mort. Et cela démontre encore une fois le caractère contre nature du gavage, car les palmipèdes n’ont pas l’habitude de se suicider par boulimie exacerbée !

Ces arguments trompeurs sont faits pour tenter de rassurer les consommateurs, avec des canards heureux d’être obèses, plutôt que l’atroce réalité des cages minuscules renfermant des malades prisonniers, souffrant au-dessus d’une rigole de fientes, loin de l’eau de la mare.

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