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Coalition Européenne pour mettre fin à l'Expérimentation Animale

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Document publié le 14 octobre 2002

Europe : le gavage déclaré néfaste (printemps 1999)

Réjouissons-nous : en cette période de fêtes si tragique pour les animaux, le 16 décembre 1998 a vu l’adoption d’un rapport très positif. En effet, le Comité scientifique pour la santé et le bien-être des animaux de la Commission européenne vient de se pencher sur la production de foie gras: environ 90 pages fascinantes qui nous donnent grandement raison et avec cette conclusion claire : "Le gavage tel qu’il se pratique actuellement est néfaste pour le bien-être des volatiles." On y dit notamment:

• 1 que le grossissement du foie est bien une affection pathologique (une maladie induite mais une maladie quand même!), ce qui est conformé par le fait que les palmipèdes mourraient si le gavage se poursuivait, ne serait-ce que quelques jours de plus

• 2 que le nourrissage par gavage fait souffrir les oies et canards puisqu’ils éprouvent de l’anxiété, du stress et de la douleur (impossible de détailler ici les remarques souvent passionnantes)

• 3 qu’ils subissent des fractures (de 30 à 70% - nous-mêmes n’aurions jamais cru que la situation était aussi catastrophique!)

• 4 que les cages individuelles (elles concernent 80% des canards) sont à bannir à cause du grand inconfort qu’elles engendrent

•5 que le taux de mortalité est très élevé: les décès avant l’abattage peuvent aller jusqu’à 15%, mais la moyenne les fait tourner entre 2 et 4%, ce qui est déjà 10 à 20 fois supérieur à la "norme" d’environ 0,2% pour des palmipèdes équivalents mais non gavés !

La torture ou l’emploi ?

De façon presque surprenante, on doit ce rapport à un comité de travail d’une douzaine de scientifiques dont quatre Français, et c’est l’un d’entre eux, représentant de l’INRA – le professeur Le Neindre – qui présidait. Ceci donne une grande force aux conclusions. Voilà donc au moins un texte très critique qu’on ne pourra pas mettre au crédit de la protection animale "partiale" ou de personnes accusées de "sensiblerie"! En revanche, l’analyse des éventuelles retombées économiques est décevante : on y reparle d’emplois avec 30 000 personnes concernées en France (représentant 12 à 14000 emplois à temps plein!). Il semble donc que le triste sort des animaux est constaté, mais que les solutions seront difficiles à trouver parce que le fric va, une nouvelle fois, passer avant l’éthique ! Mais les producteurs sont inquiets, leur image de marque n’est pas bonne. Ainsi, en page 52, une phrase nous met du baume au cœur: "Toutefois, comme les Français, en nombre croissant, deviennent concernés par le bien-être animal, il semble probable que les ventes de foie gras seront affectées. […] Si aucune action reconnue du public n’est prise en vue d’améliorer le bien-être des animaux, un déclin lent ou rapide des ventes de foie gras est possible." Avec des arguments renforcés par ce rapport, la solution de One Voice continue donc de s’imposer : prévenir le maximum de nos concitoyens de l’horreur méconnue en espérant qu’un acte de compassion ou qu’un sursaut de dégoût les éloignera définitivement des foies malades d’oiseaux torturés.

Désinformation

Si Le Figaro était anti foie gras, ça se saurait. Nous vous laissons méditer sur ces propos de l’édition des 5/6 décembre, dans un article intitulé Foie gras : tradition oblige."Des amis des bêtes, pas souvent au fait des pratiques réelles, ont voulu faire du gavage un symbole de la cruauté moderne. Si le traitement était appliqué à des humains, ils auraient cent mille fois raison. Mais s’agissant d’animaux, la castration des taurillons, le court (!) bouillonnage des crustacés vivants ou, pire encore, l’élevage des poulets ou des porcs en batterie mériteraient cent fois plus leur compassion. Car tout producteur sait en effet qu’un palmipède qui "se fait de la bile" ne donnera jamais un foie de haute qualité gustative. Et il n’y a pas plus choyé que ces volatiles, aristocrates de la ferme et nobles de la (basse) cour…"

La France responsable et coupable

Elle produit 70% du foie gras mondial (5% dans le reste de l’UE, 25% pour les autres pays – en vue d’exportation, surtout pays de l’Est et Israël) mais en consomme 85%: 13000 tonnes contre 2300 pour le reste du monde! Six Français sur dix n’en mangent jamais. Les autres en consomment en moyenne dix fois par an, dont les deux tiers sur la fin d’année. Il y a autant de consommation à la maison que dans les restaurants, ce qui souligne son côté festif puisque les Français ne prennent que 15% de leurs repas à l’extérieur. Les derniers chiffres disponibles remontent à 1995, mais ils indiquent que la France élève 789000 oies et 18395000 canards. Si l’on tient compte des morts prématurées d’oiseaux non commercialisables et des importations, cela représente plus de 25 millions de vies chaque année! Sans compter les canetons femelles broyées à un jour pour cause de foie de qualité inférieure…

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