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Document publié le 14 octobre 2002

Viande de brousse et déforestation (Hiver 1997)

Charlie Hebdo, sous la plume de Xavier Pasquini, a proposé un bel article sur cette campagne à ses lecteurs, et nous avons établi d’autres relations dont nous vous reparlerons bientôt, notamment avec Samuel N’Guifo, représentant une active association camerounaise de protection de l’environnement. Là aussi, la collaboration nous permettra de progresser face à nos puissants adversaires communs. La suite dans notre numéro de printemps.

En attendant, voici un récit qui devrait vous pousser à plus de mobilisation en faveur de la faune dite sauvage. Hélène Charassier est la vice-présidente d’Æqualis Alsace. Avant de militer à nos côtés pour les droits des animaux, elle a travaillé en Afrique, entre autres auprès des chimpanzés à Help Congo avec l’équipe d’Aliette Jamart. Elle s’est occupée cet été d’améliorer le sort des animaux du zoo de Nyamey (Niger) - il y aurait là aussi bien des choses poignantes à raconter. Rien d’étonnant à ce qu’elle soit à présent en charge de notre campagne contre la viande de brousse et la déforestation. C’est elle qui est en contact avec les compagnies forestières et les médias.

Voici l’histoire d’un de ses protégés en Afrique. “J’ai rencontré Batéko le lendemain de mon arrivée à Conkouati (sanctuaire au Congo).

Ce jour-là, on me réveilla de bonne heure et j’assistai pour la première fois à la préparation des biberons. Les autres bénévoles me conseillèrent de mettre mes plus vieux vêtements et d’ôter tout bijou ou barrette qui puisse attirer l’attention de nos petits protégés.

Vers 7 heures, on me conduisit à la “nursery” (le dortoir des petits) ; lorsque les volets s’ouvrirent, ce fut le choc : 13 paires d’yeux fixés sur moi, la nouvelle - 13 regards intenses, 13 regards humains. Jamais je n’oublierai ces regards. Puis la porte s’est ouverte et les petits me prirent la main, les jambes ou la taille, certains se blottirent dans mes bras, d’autres sautèrent sur mon dos. Les biberons engloutis, nous partîmes en forêt jusqu’à la tombée de la nuit, comme chaque jour par la suite. Rapidement, je pus si bien les distinguer qu’il me semblait impossible de les confondre. Âgés de 1 à 6 ans, ils avaient tous leur personnalité, leur allure, leurs qualités et leurs défauts. Tantôt timides, capricieux, solitaires, comiques ou effrontés, ils avaient en tout cas comme point commun la curiosité, la vitalité, l’envie de jouer et le besoin d’affection.

Batéko, facile à reconnaître par son nez foncé, était le plus discipliné. Au camp, tout le monde souhaitait qu’il devînt un jour le chef du groupe, le mâle dominant. Sa patience était sans limite. S’il n’arrivait pas à faire quelque chose, il arrêtait un instant, allait faire un tour et revenait essayer à nouveau jusqu’à y parvenir. Très observateur, il défaisait et refaisait mes lacets (tout en mouillant consciencieusement le bout du lacet abîmé). Un jour, il vit quelqu’un se brosser les dents ; par la suite, après chaque repas, il se frottait les dents avec une brindille, demandait de l’eau et la recrachait. Tendre et prévenant envers les humains, il était aussi affectueux et attentionné envers les autres chimpanzés. Vers 11 heures, il aimait construire un nid et dormir quelques minutes avant de regagner les arbres avec une dextérité surprenante ou reprendre des jeux endiablés avec ses camarades.

Pourtant, comme les autres, Batéko avait eu un passé douloureux : séparé très jeune de sa mère, il avait vécu comme animal domestique chez des particuliers qui l’avaient ébouillanté. Soigné par Help, il a repris goût à la vie et à la liberté. Depuis mon départ, Batéko a rejoint ses congénères plus âgés sur l’île d’Yvette où il est toujours, paraît-il, le plus discipliné…”

Témoignage

Voici également le témoignage de Christian, l’un des militants d’Æqualis sur place, au Gabon. “Au Gabon, la viande de brousse est commercialisée dans des marchés comme Nimso ou Akerbe. On peut apercevoir sur les tables des marchands du porc-épic, du singe, ou des gazelles. Les animaux sont le plus souvent dans des états pitoyables, parfois ils ont été entrouverts au couteau, d’autres fois ils ont reçu des balles, ou ont tout simplement été capturés par des pièges très douloureux desquels ils sont restés prisonniers de nombreux jours.”

Déforestation

À propos de déforestation, les feux qui ont détruit des dizaines de km2 de forêts en Asie avaient été allumés par les compagnies forestières. D’après les scientifiques, même en période de sécheresse, la forêt primaire ne peut pas brûler naturellement à ce point. Pour cela, il faut qu’elle ait été abîmée, ce qui était clairement le cas. Sur cette immense surface détruite, seule une savane repoussera. Mais d’après les spécialistes, il faut relativiser parce que cette superficie ne représente pourtant que 10 % de la surface détruite chaque année par les compagnies forestières et les éleveurs ! Nous, nous avons eu le cœur serré pour tous les animaux qui sont partis en fumée avec les arbres, notamment les orang-outans. Mais de ceux-là, qui s’est soucié ?

Nicolas Hulot a accepté de soutenir notre campagne : “Non seulement, en dévastant la forêt équatoriale l’Homme commet un sacrilège, anéantissant les plus belles expressions de la biodiversité, mais de plus il commet la plus belle des bourdes à l’égard de l’Humanité car son sort est indissociable de celui de la grande forêt.”

On dit parfois que les nouvelles pistes sont des saignées dans la forêt : c’est un terme bien choisi.

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