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Magazine > GRANDS SINGES

Le grand singe, l’arbre et la vie

Forêt, grand singe, homme. Un lien ancien, inextricable, unit ces vies. De ces trois acteurs du Vivant, un seul joue pour lui.

Que ne se souvient-il pas, celui-là, de ses frères grands singes non humains sur les sentiers de l’évolution, avec lesquels il partage un ancêtre commun! Que ne se souvient-il pas de cet ancêtre arboricole! Car son amnésie fait des ravages. Pour l’heure, ce grand délinquant de la terre saccage les arbres, au contact desquels certains aspects de l’hominisation se sont forgés.

Du même «coup», il disloque les peuples humains et non humains des forêts, dénature et extermine des millions de «personnes grands singes». Halte au massacre! Sans les grands singes, l’homme n’a plus de racines. Sans les forêts, la Terre devient inhabitable, il n’y a plus de futur.

Des questions salutaires

Nous partageons avec les grands singes des caractéristiques qui, jusque-là, croyait-on, étaient l’apanage de l’homme. Oui, nous avons en commun les outils, la culture, le langage, la morale, la politique, la raison, le rire, le tabou de l’inceste, la bipédie et la conscience de soi. Nous découvrons des personnalités fascinantes. Nous ouvrons les yeux sur la richesse inépuisable de leur monde. Mais cette découverte soulève des questions cruciales : Qui est l’homme? Quelle est sa place? Il était temps. Cette crise d’identité nous permettra, peut-être, de grandir et d’intégrer les lois du Vivant. Autant dire, de marcher en posant nos pieds, avec respect, sur le chemin de toutes les vies que nous croisons.

«Petit pied» pour une longue marche depuis la forêt

Deux anthropologues sud-africains ont découvert quatre petits os appartenant au pied gauche d’un ancêtre de l’homme. «Little foot», comme il fut baptisé, vécut il y a au moins trois millions d’années. Ce petit pied possédait un talon adapté à la bipédie, mais aussi un orteil adapté au grimper dans les arbres. Ce qui laisse supposer, du moins pour certains, et grâce aussi à d’autres témoignages fossiles que, peu après la séparation entre nos ancêtres directs et les grands singes, les forêts étaient partiellement «les maisons» des proto-hominidés les plus anciens. Notre bipédie et certains aspects de l’hominisation se seraient bien forgés dans les arbres, avant d’évoluer avec les changements climatiques dans la savane. Des centaines d’ethnies vivent encore en harmonie avec les forêts. Pour eux, comme pour bien des peuples, la forêt revêt un caractère sacré. Pour les Celtes, la forêt de Brocéliande est un véritable sanctuaire. Les Amérindiens demandent pardon avant d’abattre un arbre… Mais pour certains hommes, l’arbre, le grand singe et des millions de vies aiguisent un appétit féroce. Qu’en est-il aujourd’hui...

...de l’arbre? Les poumons de la Terre sont dévorés

Les incendies des forêts, d’origine humaine, et les massacres à la tronçonneuse sévissent avant tout dans les pays d’Amérique latine, du Sud-Est asiatique et du continent africain. Au Nigeria, au Ghana, en Côte d’Ivoire, la forêt équatoriale a presque disparu au profit des cultures. Maintenant, c’est le tour du grand bassin du Congo. En Afrique centrale, les entreprises françaises exploitent les plus grandes surfaces de concessions forestières. Les Français sont des grands consommateurs de bois tropicaux. En Indonésie, 70% des grumes exploités dans l’archipel résultent de coupes illégales d’essences qui n’ont pas atteint leur maturité. Des milliers d’habitants se déplacent de l’île surpeuplée de Java vers les jungles de Bornéo. Pour planter des oléagineux ou des eucalyptus à croissance rapide, ces paysans sans terres pratiquent le défrichement par brûlis dont les effets secondaires sont destructeurs. La forêt tropicale s’accroche à une mince couche d’humus qui devient improductive au bout de 2 à 3 ans. Les forêts primaires ne se régénérant pas, la Terre perd irrémédiablement un immense réservoir de vies.

...du grand singe? Son peuple est exterminé

Rien ne les épargne. Déforestation, chasse, trafic, conflits ethniques menacent les grands singes d’extinction. L’alerte est au maximum. Les industries forestières abattent les arbres, et les braconniers les grands singes. Nos frères non humains, traités comme des marchandises, sont vendus pour être mangés. En Afrique, deux millions de tonnes de cette «viande de brousse» sont produites tous les ans. Plus encore, les braconniers capturent vivants les bébés gorilles, chimpanzés et orangs-outans, après avoir abattu leurs mères et les membres du groupe. Ils sont vendus comme animaux de compagnie dans leur pays d’origine, ou en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Ceux qui survivent à ce terrible choc traumatique finissent esclaves à vie. Rien ne les épargne. Dans les laboratoires d’Europe, d’Afrique du Sud ou d’ailleurs, les grands singes deviennent du matériel de recherche, confinés dans des cages. Rien ne les épargne. Ils sont captifs à vie, exhibés dans les zoos, dressés dans les cirques. Le peuple entier des grands singes est en phase terminale. Il souffre. Il agonise. Il s’éteint, victime de la maladie de l’homme.

...de la vie? Les écosystèmes sont ruinés

L’abattage industriel des arbres et le défrichage pour une agriculture d’exportation, pratiqués massivement sur le lit de la pauvreté dans les pays en voie en développement font de la déforestation un problème majeur de l’environnement mondial. Depuis 1950, les forêts tropicales ont perdu la moitié de leur surface. Ce déboisement entraîne des modifications importantes du climat. Ces forêts régulent le cycle de l’eau. Leur rôle est majeur dans le système climatique local et global ainsi que dans la limitation de l’effet de serre. En raison du réchauffement climatique, les forêts tempérées sont soumises aux tempêtes et aux cyclones. L’absence de couverture végétale favorise l’accélération de l’érosion des sols, provoquant des inondations et des coulées de boue meurtrières. Avec la disparition des forêts tropicales, des millions de personnes humaines, dépendantes des écosystèmes forestiers, se retrouvent désemparées. Des milliers d’espèces végétales et animales sont gravement menacées. Le cercle de la destruction est bouclé. Il enserre le vivant et entraîne une perte irrémédiable de la biodiversité.

Entre terre et ciel

En Indonésie, le plus arboricole des grands singes, l’orang-outan, a besoin de la forêt pluviale pour vivre. À tel point qu’il est devenu l’emblème de la forêt. Son nom, en malais, signifie homme de la forêt. Cet être rêveur, placide et solitaire, se déplace essentiellement sous la canopée, à une hauteur de 20 à 30 m. Fin botaniste, il consacre ses journées à la recherche de fruits, de jeunes feuilles, d’écorces et de fleurs. Pour la nuit, il se construit un nid de branches. Les orangs-outans se déplacent beaucoup en solitaire, car les ressources dans ces forêts sont très dispersées. Pour choisir le bon itinéraire, le bon arbre à tel moment de sa fructification, ils doivent réfléchir et beaucoup anticiper. Ainsi, ils disséminent des graines, et participent à la régénération de la forêt. Les jours du grand singe roux méditatif sont comptés. Sa situation est plus que critique. À Bornéo et Sumatra, l’orang-outan aura disparu avec ce qu’il reste de son habitat, d’ici cinq à dix ans. Car sa vie est là, dans les arbres, entre terre et ciel. Notre vie aussi est étroitement associée aux forêts. Notre imaginaire puise dans son silence. L’arbre est un symbole fort de l’inconscient collectif de l’humanité. Il est la verticalité, reliant le ciel qui invite à la contemplation, et la terre qui nous porte.

L’égalité morale

Chaque être vivant a le droit de vivre selon sa nature propre, et dans l’environnement qui favorise le mieux son épanouissement. Les animaux ne sont pas notre propriété. Ils sont nos aînés dans l’odyssée de la planète. Nous ne les avons pas créés. Nous sommes, comme eux, des créatures de passage sur cette terre. Nous sommes moralement égaux. Plus qu’une protection pour les chimpanzés, les bonobos, les gorilles et les orangs-outans, nous revendiquons leur affranchissement. Avec la Déclaration* sur les grands singes, nous demandons des droits fondamentaux : vivre, être libre, ne pas subir des tortures. À travers la reconnaissance de cette égalité morale, nous restituons ce que nous leur avons volé : la vie, la liberté et la joie, sur les territoires où ils sont nés. Les forêts, de ce fait, devraient être protégées. Avec elles, des milliards de vies végétales, animales et humaines pourraient être sauvées. Cette libération, jamais réalisée pour des êtres non humains, participe au cycle de la restauration du lien entre l’arbre, le grand singe et la vie. La revendiquer est un acte de citoyenneté planétaire.

Marité Morales

* Voir Animaction n° 23 et 24

Ce que vous pouvez faire

• Écrivez au ministre de la Recherche, M. Roger-Gérard Schwartzenberg, 1, rue Descartes, 75005 Paris, pour lui demander si des grands singes sont encore utilisés pour la recherche en France, et si sa volonté va dans le sens d’interdire leur expérimentation.

• Commandez notre tract Le grand singe est une personne, dans lequel est éditée la Déclaration sur les grands singes. Signez-la et faites-la signer. Un maximum de signatures est nécessaire pour faire pression sur le gouvernement.

• Concernant la déforestation et pour tous renseignements sur les alternatives aux bois tropicaux, vous pouvez contacter l’association Robin des bois, 15, rue Ferdinand-Duval 75004 Paris, tél. 01 48 04 09 36, et soutenir leur campagne «Bâtir sans détruire».


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