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Magazine > Rapport cirque

Les animaux esclaves du cirque

LE 7 MAI DERNIER One Voice a remis un rapport au ministère de l’Environnement sur la détention, le dressage et l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques. Ce rapport, réalisé par Franck Schrafstetter, était accompagné d’une pétition signée par 67 300 personnes, dont de nombreux maires, députés, vétérinaires et personnalités, telles que Suzanne Flon, Marie Trintignant et Yves Lecoq.

La loi en la matière est rarement respectée, certains circassiens reconnaissent eux-mêmes la nécessité pour le cirque de tourner la page avec l’une de ses traditions les plus discutables. One Voice demande donc un débat avec les politiques et les professionnels.

LE RÉGIME DE LA TERREUR

Les animaux sauvages, dans les cirques, vivent sous le règne de la cruauté et de la terreur. Ce ne sont pas les défenseurs des animaux qui le disent. Ce sont les dompteurs eux-mêmes. Paul Leroyer, dompteur : «On torture des animaux à des fins lucratives. On les dresse à lever une patte, à sauter dans un cercle. Le public applaudit une fois, deux fois, puis après, il se lasse, il faut trouver mieux chaque fois. C’est la compétition pour de l’argent, c’est l’escalade vers l’horreur....» ( 1) Maxime Sénéca, dompteur: «Beaucoup de dresseurs battent leurs animaux.» (2) Harry Collins, dresseur : « Tirer de temps à autre un petit bout de sucre de votre poche, l’offrir à grignoter. Votre élève donne une excellente impression au public. Il se persuade que le sujet prend plaisir à exécuter un numéro, qu’il est câliné et dorloté par un maître du matin au soir, et qu’il aime ce maître à en mourir. Ce sont là des trucs nécessaires pour dissimuler les cruautés du métier. Si on se doutait de celles-ci, tous nos numéros seraient interdits. »

Notre société a largement dépassé le stade du doute, aujourd’hui nous savons, et le rapport que One Voice vient de remettre au gouvernement le démontre, l’explicite et l’illustre encore une fois.

1. Paul Leroyer, Nos amies les bêtes, 1975

2. In La Dordogne libre, 18/03/2000

DES ANIMAUX DÉNATURÉS

Ces animaux vivent en permanence dans des conditions qui les dénaturent et les font souffrir jusqu’à la folie. Restriction de territoire, impossibilité de dormir ou de se tenir debout ou couché comme s’ils étaient dans leur milieu naturel, manque d’eau, rythme d’alimentation inadapté, actes de cruauté destinés à les soumettre à leurs dresseurs, non-respect de leur distance de fuite, etc. Ils deviennent anormalement agressifs et souffrent de nombreux troubles de comportement. Ce ne sont pas là des doutes, mais des faits.

Et pourtant, la loi, quand elle existe, n’est pas respectée, et quand elle fait défaut, personne ne trouve cela inquiétant. Particulièrement le comité de pilotage « 2001, l’année du cirque », qui affirmait que, dans l’ensemble, le monde professionnel des arts du cirque en France est respectueux de l’animal. Dans l’ensemble. Alors, à quoi bon s’embêter avec cela. Parce que le diable gît dans les détails.

«Ces animaux sauvages correspondent à une période historique. Quand les hommes sont partis à la conquête du monde. On ramenait les animaux du monde pour les montrer. C’était l’Occident triomphant, la suprématie de la pensée scientifique... Amener ces animaux ne fait plus partie de l’histoire immédiate. Aujourd’hui le monde animal nous échappe, parce qu’on est en train de le faire disparaître. Et on se dit que cette disparition est aussi la nôtre. » Cette réponse est donnée par un autre homme de cirque, Bernard Kudlak, du Cirque Plume, qui n’utilise pas d’animaux sauvages.

CHANGER LES RÈGLES POUR INVENTER LE CIRQUE DE DEMAIN

One Voice a donc mené campagne, depuis plus de deux ans, contre la présence des animaux dans les cirques. Il y aurait selon nos estimations quelque 200 cirques traditionnels en France. Notre rapport dénombre un millier d’animaux sauvages, zèbres, girafes, dromadaires, tigres, éléphants, etc., maintenus en captivité et exploités par les circassiens. Un millier seulement, une paille, même pas un problème… pourquoi faire un rapport pour cela ? Si ce n’est pas un problème, on ne voit pas très bien ce que ces animaux font encore recroquevillés au fond des remorques, coupés de leur milieu naturel et séparés de leurs congénères, parfois obligés de partager l’espace de leurs propres prédateurs, privés d’eau ou d’espace pour respecter leur propre nature.

Si ce n’est pas un problème, il va falloir nous expliquer pourquoi le gouvernement accepte que 90 % des cirques restent dans l’illégalité. Ce chiffre était aussi donné en 1996 par un professionnel, Gilbert Edelstein, président du Syndicat national des cirques et PDG de Pinder.

Il va falloir nous expliquer pourquoi certains circassiens passent outre les arrêtés municipaux des maires, et parfois la présence des gendarmes, et s’installent de force pour donner leurs spectacles. Au nom de quoi ! La beauté du spectacle ? La fascination de la suprématie de l’homme sur l’animal ? On ne dresse pas les lois et les règles en société à coups de fouets et de piques comme les éléphants.

One Voice propose donc au gouvernement d’interdire à moyen terme tout animal sauvage dans un cirque. Dans l’immédiat nous demandons de nouvelles normes de détention et l’interdiction de tout dressage physique contre nature. La stérilisation et l’identification de tous les animaux, l’interdiction d’en acquérir, l’interdiction de détenir les hippopotames, rhinocéros, girafes, singes anthropoïdes et éléphants. Et enfin, la création d’un refuge national pour les animaux sauvages dénaturés.

Aujourd’hui il y a plus de tigres derrière les barreaux que dans la nature. Et ce n’est pas une victoire pour l’humain. Le rapport est en vente au prix de 10 €.


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